Changement climatique et Adaptation des ressources en eau de la République Démocratique du Congo

En se référent aux différents modèles de simulation climatique, nous voulons montrer l’impact que peut avoir le changement climatique sur les ressources en eau en RDC à l’horizon 2100.

Forest in DRcongo - Mayumbe region

Par Jean-Pierre BEYA Dibue, membre de la CEC

Contrairement à certains de ces voisins en stress hydrique, la RDC n’est pas tout à fait inquiétée par ce changement compte tenu de l’abondance de ses ressources en eau.

Cette étude couvre une période de 1999 à 2003, période marquée par des conflits armés en RDC, particulièrement à l’Est du Pays. Des dégradations notables de l’Environnement ont été enregistrées. Déjà, les impacts du changement climatique ont été perceptibles à travers le pays, notamment par la persistance des fortes chaleurs, des pluies violentes, l’allongement de la saison sèche, l’augmentation des séquences de sécheresse pendant les saisons de pluie.

L’étude est réalisée sur base des données pluviométriques de 17 postes regroupés sur 4 Zones Climatiques suivantes : I Bas‐Congo, II Kinshasa + Bandundu + Equateur + Province Orientale + ¼ Kasaï Occidental, III Nord Kivu + Sud Kivu + Maniema + ¾ Kasaï Oriental, IV Katanga + ¾ Kasaï Occidental + ¼ Kasaï Oriental. Les paramètres climatiques suivants ont été étudiés à travers le Pays : la température (°C), les précipitations(%) et la pression atmosphérique (hPa). Un bilan de gaz à effet de serre a été réalisé pendant la même période.
De cette étude, le bilan de ressource en eau de 2005 a été déterminé dans chaque zone climatique et une projection de bilan de ressource en eau pour 2100 a été réalisée à l’aide de logiciel de simulation climatique MAGICC‐SCENGEN 2.4.

Dans l’ensemble, les projections réalisées montrent que le pays ne présente pas une vulnérabilité en ressources en eau à l’horizon 2100. Les détails pluviométriques perceptibles montrent un raccourcissement de la durée de la saison des pluies au fur et à mesure que l’on s’en va vers l’extrême Sud. Le Katanga, par exemple, connaîtrait à la longue, dès 2020, moins de 5 mois de saison des pluies contre 7 actuellement. Le pays va continuer à subir le réchauffement thermique lequel ira en hausse.

Cependant, bien que disposant d’une énorme potentialité en eau douce, la population de la RDC accède très difficilement à cette denrée à cause de la précarité des services d’Etat conviés à cette obligation. Il faut aussi signaler que des fortes intensités des pluies et des crues extrêmes des rivières, détériorent la qualité de l’eau douce par la turbidité et l’augmentation des matières organiques oxydables nécessitant un coût élevé de traitement d’eau.

Contacter : Jean-Pierre BEYA Dibue Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales/ Université de Kinshasa. E.mail : berif2002@yahoo.fr
 

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