Les pays des Caraïbes améliorent leurs capacités de gestion des données relatives aux aires protégées

Le Portail pour les aires protégées des Caraïbes (Portail des Caraïbes) accélère son implication avec les organisations régionales gouvernementales et non-gouvernementales (ONG) en leur donnant des outils afin qu’elles contribuent significativement à son Système d’information de référence des Caraïbes, un point d’accès en ligne fournissant des données et des outils d’analyse pour la biodiversité et la gestion des aires protégées.

Filed work at data management training in the Bahamas, September 2015

Le Portail des Caraïbes est une initiative conjointe du Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) dans les Caraïbes (représenté au niveau régional par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et le Centre pour la gestion des ressources et les études environnementales de l’Université des West Indies, Membre de l’UICN et situé au campus de Cave Hill, à la Barbade.

Cinq ateliers (aux Bahamas, puis en Jamaïque, Antigua-et-Barbuda, Belize et Grenade entre septembre 2015 et janvier 2016) ont été organisés pour aider les pays participants à renforcer leurs capacités nationales et à développer une approche systématique pour collecter et gérer les données et les informations liées à la biodiversité et aux aires protégées, comme l’explique Jason Williams, Chargé technique pour le Programme BIOPAMA dans les Caraïbes et facilitateur des ateliers.

En Jamaïque, où 15 parties prenantes issues de diverses entreprises depuis la pêche jusqu’à la conservation des ressources marines ont été formées en octobre 2015, l’avis général de l’ONG locale partenaire CARIBSAVE après l’atelier est enthousiaste : « Globalement, l’atelier a été un succès et les participants sont maintenant capables, dans le meilleur des cas, de mener avec succès toutes les étapes du cycle de gestion des données, ou sont au moins capables d’identifier les zones ayant besoin d’orientations, et d’accéder à l’aide pour les ressources indiquées. Le financement offert par le Programme BIOPAMA a permis de renforcer les capacités parmi les parties prenantes des aires protégées, de partager les connaissances, d’améliorer le réseau, et a accru la possibilité pour les organisations communautaires d’agir indépendamment des ressources externes et des institutions de financement. Ce sont des étapes importantes pour lutter contre les menaces qui pèsent sur la biodiversité et gérer les aires protégées de façon durable et réussie. »

À Antigua-et-Barbuda, où 16 institutions différentes étaient représentées par 23 participants, l’atelier a mis en lumière les défis auxquels font face les ONG, ainsi que les objectifs partagés de conservation des institutions gouvernementales, ce qui a constitué le point de départ pour dialoguer sur la façon dont surmonter ces problématiques. Ce point de départ a été partagé par les 20 participants de la formation au Belize et les 21 participants de la formation à Grenade.

The Environmental Awareness Group, partenaire de l’atelier, déclare ainsi dans la conclusion de son rapport sur l’atelier : « L’atelier a été grandement apprécié et les participants ont montré un réel enthousiasme devant la possibilité d’apprendre de nouvelles compétences et de les mettre en pratique dans leur travail. L’atelier a également permis à des institutions de débattre sur les problématiques communes et les limites relatives à l’amélioration de la gestion des données. Les participants ont réfléchi à la façon dont, en tant qu’individus, ils peuvent mettre en pratique leurs connaissances acquises lors de l’atelier sur leur lieu de travail, malgré les limites de leurs institutions. Un groupe Yammer a également été créé, ce qui permettra aux participants de continuer les discussions et de partager leurs idées. »

On espère que ces exercices régionaux de renforcement des capacités permettront au final d’améliorer l’accès et la disponibilité de données pertinentes sur les aires protégées, sur lesquelles baser une connaissance solide pour la prise de décision. C’est un point essentiel pour le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR-CE) qui soutient la plateforme de développement de la base de données du Portail des Caraïbes.

« Nous sommes inquiets du manque d’utilisation systématique d’informations et de données scientifiques fiables et solides sur les aires protégées. Notre souhait pour l’avenir est de construire une plateforme technique solide, afin de soutenir et d’encourager l’utilisation d’une meilleure information dans la prise de décision » déclare ainsi Stephen Peedell, Coordinateur CCR-CE pour le BIOPAMA. Cependant, M. Peedell évoque un obstacle significatif pour le Portail des Caraïbes : le manque d’ententes et de protocoles institutionnels permettant de fournir une base claire à partir de laquelle partager les données détenues nationalement. M. Peedell souligne que le BIOPAMA met en place une plateforme qui peut évoluer afin de gérer des données importantes et complexes, mais que celle-ci n’est pas destinée à prendre le contrôle des données nationales. Le BIOPAMA est une plateforme de partage, et doit agir comme un centre où les propriétaires de données restent propriétaires tout en améliorant l’accès des données par le biais du Portail des Caraïbes. Enfin, M. Peedell remarque que le projet s’est étendu à 16 pays des Caraïbes qui n’étaient pas membres du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique, et il s’attend à ce que le fort intérêt régional suscité réunisse d’autres pays des Caraïbes, partenaires tout aussi importants pour faire face à des défis environnementaux partagés.

Work area: 
Protected Areas
Location: 
Mesoamerica
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