Afrique de l’Ouest : La filière apicole diagnostiquée par des acteurs locaux lors d’une caravane

 Le PPI appuie des projets de développement apicole pour leur contribution à la génération de revenus additionnels au profit des communautés bénéficiaires mais également dans la perspective que l’apiculture puisse contribuer à la conservation des ressources naturelles à travers notamment la préservation des écosystèmes forestiers abritant les ruchers.

La caravane de l'apiculture sur le terrain

Au vu des résultats actuellement atteints par ces projets apicoles et qui sont pour la plupart largement en deçà des objectifs avancés (en termes de production de miel et autres produits de la ruche et par conséquent de revenus générés), il s’avérait nécessaire de mener une étude de diagnostic de la filière afin d’identifier les obstacles majeurs entravant l’optimisation de la filière apicole et de proposer des alternatives et/ou solutions susceptibles de booster la productivité des ruchers.

Afin d’augmenter les chances d’appropriation des recommandations qui seront issues de cette étude, il a paru judicieux de faire participer les promoteurs de projets apicoles à l’identification des entraves à la productivité apicole et des alternatives à proposer et ceci sur la base d’expériences réussies par d’autres acteurs de terrain au niveau d’autres sites. C’est dans ce cadre qu’un voyage d’échange d’expériences dite « Caravane de l’apiculture » a été organisé du 17 novembre au 3 décembre 2015 et a regroupé 6 représentants d’ONG (AFAUDEB du Burkina Faso, AE2D et ADT du Togo, Northcode du Ghana, N’Tabet Apicole de la Côte d’Ivoire et Nebeday du Sénégal) implémentant des projets apicoles soutenus par le PPI. Un technicien apicole démontrant une large expérience dans le domaine de l’apiculture et travaillant au Centre Ecologique Albert Schweitzer (CEAS) du Burkina Faso a été recruté pour appuyer les participants à la caravane durant l’analyse des contextes de mise en œuvre de l’apiculture. Par ailleurs, un consultant réalisateur a participé à la caravane et un film documentaire valorisant cette expérience devrait être produit et diffusé dans les prochaines semaines.

Ainsi, ce sont au total 16 sites d’ONG qui ont été visités au Burkina Faso, au Togo au Ghana et en Côte d’Ivoire. En présence des groupements d’apiculteurs bénéficiaires directs des projets (mettent également en œuvre ces projets sur le terrain) et des techniciens apiculteurs issus des ONG appuyant ces groupements, les conditions de mise en œuvre des activités apicoles (nombre et types de ruches, conditions environnementales des ruchers, entretien et suivi des ruches et des ruchers, capacités techniques des apiculteurs dans le domaine, niveau actuel de production des ruchers, capacité d’écoulement des produits apicoles, etc.) ont été analysées au niveau de chacun de ces sites. A la suite d’échanges d’expériences entre les participants à la caravane, des alternatives en vue de lever les obstacles identifiés ont été proposées pour chacun des sites.

De manière globale, il ressort des visites que l’entretien et le suivi des ruchers devraient être améliorés, des efforts supplémentaires sont également nécessaires afin de faire coloniser par les abeilles et mettre en production le plus grand nombre de ruches installées dans les ruchers, les conditions techniques de mise en œuvre de l’apiculture (diversité floristique notamment celle des plantes mellifères à promouvoir, points d’abreuvement à installer, calendrier apicole à établir, etc.) doivent davantage être maîtrisées aussi bien par les groupements d’apiculteurs que par les techniciens apiculteurs des ONG les appuyant. Cela se traduit par des niveaux relativement bas de production des ruches alors que des marchés locaux et même nationaux (pour le miel notamment) semblent exister.

Les groupements bénéficiaires des ruches et les techniciens apiculteurs issus des ONG ont été fortement encouragés à faire de l’apiculture une réelle activité économique car elle est susceptible de générer des revenus substantiels pour les ménages et contribuer à la préservation des ressources forestières. Dans cette perspective, des efforts supplémentaires sont nécessaires de la part de ces acteurs afin de booster la productivité des ruchers et profiter davantage du potentiel apicole qu’offre la région ouest africaine.
 

Location: 
West and Central Africa
Project and Initiatives: 
PPI
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