S’associer pour une meilleure information sur les aires protégées

Dans la région Pacifique, le Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées (BIOPAMA) recoupe divers projets nationaux et régionaux ayant des objectifs similaires, notamment pour améliorer les normes de l’information de base sur les aires protégées. Cet élément souligne certains aspects de l’ampleur de l’interaction, du renforcement de la confiance et des preuves des avantages qui sont nécessaires pour mettre en place l’accès à l’information et ses accords de partage, illustré par un exemple spécifique de collaboration entre les projets et les acteurs dans les îles Salomon.

Solomon Islands

L’analyse montre que, même si des objectifs peuvent globalement sembler similaires, il y a toujours d’importantes différences dans les buts, les fonctions et les capacités des projets, par exemple : la portée nationale ou intra/inter régionale ; les limites du partage des données du fait de certaines informations sensibles ; les limites géographiques comme la restriction au milieu marin ou côtier ; une focalisation thématique très spécifique ou très large ; ou des limites temporelles imposées par le financement du projet.

Dans ce contexte, il est donc essentiel que des initiatives similaires ne dupliquent pas les efforts, que les coordinateurs et les parties prenantes impliquées comprennent les différences entre des projets en apparence similaires, et que des opportunités d’améliorer chaque projet soient trouvées, y compris en partageant les données pour divers objectifs et pour une gamme de lieux et de publics.

Un bon exemple de soutien transversal de projet pour une meilleure information sur les aires protégées a actuellement lieu dans les îles Salomon, entre le ministère de l’Environnement, du Changement climatique, de la Gestion des catastrophes naturelles et de la Météorologie (MECDM), le Programme BIOPAMA, l’ONG The Nature Conservancy (TNC), le projet sur la biodiversité marine et côtière (MACBIO) et plusieurs ONG provinciales et groupes communautaires.

En termes de contexte géographique, les îles Salomon ont voté une Loi sur les aires protégées. Plusieurs propositions ont été élaborées, cependant il n’y a pas encore d’aire protégée officiellement comprise dans cette loi. Par comparaison, un travail récent facilité par TNC avec les provinces, et qui s’est terminé par un atelier sur la gestion des ressources basée sur les communautés (GRBC) à Honiara en octobre 2015 (avec la participation du BIOPAMA), a permis d’identifier quelques 400 zones GRBC, et a permis d’attribuer des valeurs pour ces zones.

Dans de nombreux pays du Pacifique, la maintenance des terres et des mers par une bonne gestion communautaire, en soutien des populations et de la nature, n’est pas toujours officiellement étiquetée, désignée ou entièrement reconnue comme une contribution au réseau national d’aires protégées. Pourtant, ces zones contribuent significativement à la conservation de la biodiversité et à la santé, au bien-être, à la culture et aux moyens d’existence. Ces zones constituent souvent le principal réseau national d’ « aires protégées ». En outre, la législation et les réglementations nationales et provinciales mettent en place des contrôles sur certaines utilisations des terres ou des zones côtières et marines.  Ces mesures offrent un niveau de protection et peuvent améliorer le réseau d’aires protégées ou conservées. Dans les îles Salomon par exemple, des contrôles sont mis en place sur l’exploitation minière et du bois dans toutes les zones situées à plus de 400 mètres d’altitude, soit environ 25% de la masse terrestre des îles.

Concernant les initiatives sur l’information environnementale, les îles Salomon reçoivent actuellement l’aide de divers projets. The Nature Conservancy (TNC) utilise l’Atlas du Triangle du corail comme espace de stockage pour l’information recueillie sur les sites de gestion des ressources basée sur les communautés (GRBC), et a également mis au point une carte interactive simple pour les aires gérées. Le gouvernement australien, par le biais de son département scientifique, crée actuellement une fonction Intranet qui fournit des données sur diverses informations de planification, notamment environnementales, accessibles et utilisable en interne dans les ministères concernés (notamment l’Environnement, la Pêche, la Forêt). Le projet MACBIO (mis en œuvre par l’Agence allemande GIZ et l’UICN Océanie, et soutenu par le Secrétariat du Programme régional océanien de l'environnement) rassemble des données pour la création d’informations spatiales, qu’il rend disponible au gouvernement, afin d’aider aux décisions de planification et de gestion qui affectent les ressources marines et côtières. Enfin, au niveau de la description mondiale, la Base de données mondiales sur les aires protégées (WDPA en anglais) relie et présente les informations fournies par les pays sur les aires protégées. Il existe également plusieurs ONG sur le terrain et projets basés sur les communautés qui enregistrent les informations sur les valeurs et les tendances de la conservation.

S’ajoutant à cette gamme dynamique d’initiatives liées à l’information, le Programme BIOPAMA (initié par le Groupe ACP avec le soutien financier de l’Union européenne) met en place un Système régional d’information de référence, et met en valeur le Portail des aires protégées des îles du Pacifique, tous deux gérés par le Secrétariat du Programme régional océanien de l'environnement.

Il apparaît donc essentiel d’être bien informé et d’avoir connaissance de la portée des autres projets, mais aussi de contribuer de façon ouverte et coopérative et de s’engager de façon constructive. Il est indispensable de mettre en place au départ un dialogue de travail avec les projets partenaires, notamment pour identifier pourquoi et comment l’information doit être partagée afin de maximiser ses avantages pour les parties prenantes.

Ce processus relationnel est illustré comme suit : le BIOPAMA s’est engagé avec TNC par le biais du Groupe de travail sur les aires protégées. TNC comprend maintenant les fonctionnalités offertes par le Système régional d’information de référence (SRIR) et le Portail des aires protégées des îles du Pacifique, et est très enthousiaste d’ajouter le SRIR à l’Atlas du Triangle du corail, au ministère de l’Environnement, du Changement climatique, de la Gestion des catastrophes naturelles et de la Météorologie (MECDM), et à la Base de données mondiale sur les aires protégées. Ceux-ci reçoivent cette information précieuse sur la gestion des ressources basée sur les communautés (GRBC), et servent de plateforme pouvant rendre l’information plus durable, plus largement présentée et mieux analysée. Ce partage d’informations doit également être soutenu par le ministère de l’Environnement, du Changement climatique, de la Gestion des catastrophes naturelles et de la Météorologie (MECDM) des îles Salomon, en tant qu’institution nationale responsable des questions liées aux aires protégées. Soutenus par diverses initiatives en matière d’informations, les responsables gouvernementaux doivent obtenir des explications claires afin de voir les différences et les avantages entre les initiatives, avant de s’engager dans des accords de partage d’informations. Le ministère MECDM a accepté de partager ses informations liées aux aires protégées avec le BIOPAMA et le Système régional d’informations de référence. En outre, les fournisseurs d’informations de référence sur la gestion des ressources basée sur les communautés (GRBC) au niveau provincial et communautaire doivent être conscients des avantages qu’entraîne la disponibilité de l’information de leur site dans un centre régional d’informations. Ils ont approuvé cette opportunité, en se basant sur les présentations faites par le BIOPAMA lors de l’atelier GRBC mentionné ci-dessus.

Tony O’Keeffe, Coordinateur régional du Programme BIOPAMA dans le Pacifique, conclut ainsi : « Le BIOPAMA est loin d’être le seul acteur régional dans ce domaine, et de bonnes relations de partenariat sont fondamentales pour pouvoir se rendre utile dans cet espace opérationnel actif, qui n’est pas entièrement effectif néanmoins. Même au niveau d’un seul pays, il existe des processus d’engagement très détaillés que l’on peut suivre à des niveaux individuels et organisationnels. Cependant, le rôle de niche joué par le BIOPAMA, le Système régional d’information de référence et le Portail des aires protégées des îles du Pacifique, est de mieux en mieux compris, et un flux d’échange d’informations est maintenant en place avec de nombreux pays, ce qui commence également à susciter l’intérêt d’autres pays. »

Work area: 
Protected Areas
Location: 
Oceania
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