Une petite ONG congolaise génère de grands résultats en faveur des bonobos

En janvier 2014, SOS – Savons nOs espèceS s’est associé avec une jeune ONG congolaise, Mbou-Mon-Tour (MMT), pour lutter contre la disparition des populations de bonobos, en agissant pour limiter la destruction de leur habitat et diminuer le braconnage. Voici un bref retour sur les étapes qui ont permis la mise en place de cette ONG, le développement d’une réserve pour les bonobos, ainsi que les multiples actions exécutées depuis près de deux ans pour sauver cette espèce de l’extinction.

 

Building local pride in Mbou Man Tour's mission

Le territoire de Bolobo situé en République Démocratique du Congo (RDC) abrite l’une des plus grandes populations de bonobos (Pan paniscus) au monde. Face à l’alarmante disparition de cette espèce dans cette région, les communautés locales du Groupement Mbe-Nkuru de la Chefferie des Batékes Nord ont décidé de créer une Organisation Non Gouvernementale (ONG) dénommée Mbou-Mon-Tour (MMT). En se fondant sur le code forestier congolais, cette nouvelle ONG menée par ces communautés a demandé à l'Etat congolais de lui octroyer une concession forestière de 500 km² dans la zone de mosaïque forêt-savane située à environ 300 km au nord de Kinshasa. Cette réserve est à présent utilisée pour y promouvoir la conservation des populations de bonobos et de leur habitat, tout en y développant des activités alternatives socio-économiques durables susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations locales et avoisinantes.

Bénéficiaire d’une subvention SOS depuis janvier 2014, MMT a su développer une variété d’activités visant à sauvegarder les bonobos, comme la mise en place d’un groupe de 42 pisteurs responsables du suivi de l’espèce. Ces pisteurs jouent également un rôle dissuasif de surveillance puisqu’ils constituent un réseau d'informateurs identifiant les personnes exerçant des activités illégales dans les forêts communautaires et transmettant leurs noms à la hiérarchie de MMT. Cette information est ensuite portée aux autorités policières et/ou judiciaires compétentes qui déterminent enfin la sanction à appliquer.

Cette pratique a déjà porté ses fruits puisqu’elle a non seulement permis d’arrêter des braconniers, mais la taille et la composition des groupes de bonobos sont également en augmentation. C’est le cas en particulier du site de Manzano dans le village d’Embirima où, de janvier 2014 à ce jours, le groupe de bonobos qui comptait 14 individus dont 3 mâles adultes, 7 femelles adultes et 4 juvéniles s'est vu enrichi de 4 nouvelles naissances et de 3 jeunes femelles sub-adultes venues d'autres communautés.

Les populations de bonobos, grands singes endémiques de la RDC, déclinent rapidement, face aux pressions liées à la croissance démographique humaine, la disparition des tabous sur la chasse, la crise économique, l’instabilité politique, la dégradation et déforestation de leur habitat, ainsi que les épidémies affectant particulièrement ces animaux. Cette espèce est totalement protégée en RDC et figure dans l’appendice 12, classe A de la CITES comme espèce vulnérable et en danger.

 

Work area: 
Species
Red List
Location: 
East and Southern Africa
West and Central Africa
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