Développement de l’écotourisme pour protéger les canards à Prey Veng

S’appuyant sur la réussite de son initiative écotouristique d’observation ornithologique dans le village de Tmatbuay, dans la région nord du Cambodge, et bénéficiant d’une subvention de SOS, WCS Cambodia a commencé à étendre ce concept à d’autres sites dans la région, notamment au village de Prey Veng, où se trouve l’habitat du canard à ailes blanches menacé (Cairina scutulata) - un bel oiseau rare et énigmatique.

 

Le charme touristique de Prey Veng: des temples, des oiseaux et la solitude

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle Prey Veng est un village spécial. Il compte un temple datant de la période angkorienne dissimulé dans la jungle, comme sorti d’un film d’Indiana Jones, et un baray de la période angkorienne, un lac artificiel utilisé pour stocker l’eau et, aujourd’hui, une entreprise touristique naissante d’observation ornithologique. « Les autochtones ont changé leur façon d’utiliser le baray, tout ça parce qu’ils veulent protéger un canard ! », fait remarquer Ashish John. Ashish est le conseiller technique pour les plaines du nord auprès de WCS Cambodia, qui, en association avec son ONG locale, Sam Veasna Centre (SVC), travaille depuis un certain temps dans la forêt protégée de Preah Vihear et dans le sanctuaire sauvage de Kulen Promtep, forgeant de bonnes relations avec les familles locales pour comprendre leurs aspirations en matière de développement. Comme le baray retient l’eau tout au long de l’année, une population de canards à ailes blanches vient se nourrir au lac. Selon Ashish, ce sont ces oiseaux, ainsi que l’ibis géant et la grue antigone nicheuse, qui attirent les amateurs d’ornithologie à Prey Veng.

Cette initiative repose toutefois sur le développement d’une économie et d’infrastructures pour soutenir le tourisme. À Tmatbauy, par exemple, l’équipe du projet avait axé son action sur l’octroi de récompenses pour l’observation d’oiseaux, à travers des incitations monétaires affectées à un fonds de développement communautaire, que le village peut dépenser à sa discrétion. Uy Sitha, responsable du projet, affirme que cette initiative s’est avérée très populaire, contribuant à la réduction de la chasse et à l’augmentation de la population d’Ibis de Davison à proximité, celle-ci étant passée de quelques individus précédemment à près de 50 oiseaux. Les habitants de Tmatbauy perçoivent également des revenus en proposant des services de guide locaux, ainsi que des aliments et des logements.

Les logements constituent l’élément clé, selon Johnny Orn, directeur du SVC. Avec le soutien de SOS, l’équipe a commencé à les construire dans le village de Prey Veng. Son temple et son emplacement reculé confèrent au site un charme supplémentaire, attirant même des écotouristes qui veulent simplement profiter de son isolement et de sa beauté. Mais les autochtones utilisent également le baray pour la pêche, ce qui perturbe les canards à ailes blanches. Compte tenu des avantages que les écogîtes apporteront au village, les habitants de Prey Veng ont donc décidé d’interdire la pêche dans une moitié du baray, pour que les canards disposent d’un espace où se nourrir. Ceci permet aux amateurs d’ornithologie d’observer des canards à ailes blanches, recréant ainsi les bénéfices du système de primes communautaires en place à Tmatbuay.

Les opportunités sont rares dans les régions rurales du Cambodge. Traditionnellement, les communautés reculées dépendent d’activités de subsistance comme la chasse, la collecte de produits forestiers non ligneux (PFNL) et la culture du riz sur de petites surfaces. Grâce au soutien de SOS, les écogîtes apporteront des bénéfices économiques substantiels au village de Prey Veng. Vu que ces bénéfices économiques sont directement liés aux populations d’espèces menacées, les communautés préfèrent protéger les oiseaux menacés, comme le canard à ailes blanches.

 

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Cambodia
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