Afrique centrale et occidentale

Etat de référence AMP AC

Afin de faire face aux risques de dégradation des écosystèmes marins et côtiers, de surexploitation des ressources naturelles et de perte de biodiversité, et pour renforcer les collaborations entre les pays de la façade atlantique de l’Afrique, la Convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l'Afrique Occidentale, Centrale et Australe ou Convention d’Abidjan, a été adoptée en 1981.

Afin de faire face aux risques de dégradation des écosystèmes marins et côtiers, de surexploitation des ressources naturelles et de perte de biodiversité, et pour renforcer les collaborations entre les pays de la façade atlantique de l’Afrique, la Convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l'Afrique Occidentale, Centrale et Australe ou Convention d’Abidjan, a été adoptée en 1981.

L’article 11 de la Convention d’Abidjan prévoit la mise en place « d’aires spécialement protégées » dans le but de favoriser la conservation de la biodiversité et des services environnementaux marins et côtiers. Cette dénomination correspond au terme générique aujourd’hui employé « d’aires marines protégées – AMP ». Cet objectif correspond aux agendas globaux, notamment celui de la Convention sur la Diversité Biologique – CDB, qui engage les pays signataires à la mise en place de réseaux d’AMP représentatifs, cohérents et fonctionnels abritant au moins 10% de la superficie des différents écosystèmes marins et côtiers, pour favoriser la conservation de la biodiversité et la reconstitution des stocks halieutiques (Cible d’Aichi n°11 à l’horizon 2020). Les principales conventions internationales relatives à la gestion, préservation et mise en valeur des milieux marins et côtiers sont présentées en Annexe 7.

En Afrique Centrale, l’essentiel des efforts de conservation s’est concentré sur les forêts et la grande faune du domaine terrestre. La partie marine n’a fait l’objet que d’efforts d’une moindre ampleur, hormis dans certains cas, comme avec la création des deux parcs marins de Conkouati- Douli au Congo et de Mayumba au Gabon, ayant vocation à être gérés comme une grande aire marine protégée transfrontalière. Le Gabon a annoncé lors du Congrès Mondial des Parcs de Sydney (2014) le classement d’un réseau de parcs marins couvrant plus de 24 % de la Zone économique exclusive, y compris une extension du parc national de Mayumba. Des zones de pêche communautaire et industrielle ainsi que des zones d’exclusion visant à protéger l’infrastructure pétrolière doivent être délimitées.

Le Golfe de Guinée abrite une biodiversité remarquable et constitue un espace géographique critique pour diverses espèces protégées et à forte valeur patrimoniale. Au-delà des impératifs de conservation, les ressources naturelles côtières et marines, notamment les ressources halieutiques, jouent un rôle important pour les économies nationales et locales. Certains habitats littoraux tels que les mangroves et les lagunes offrent des services environnementaux de premier ordre, que l’on parle de diversité et de productivité biologique, de valeur paysagère, de sécurité alimentaire, de stabilisation du trait de côte, de réduction des risques de catastrophes naturelles ou encore de mitigation des effets du changement climatique (contribution à la fixation de carbone des écosystèmes de mangroves et des herbiers marins notamment).

L’ensemble de ces ressources et habitats subissent des pressions accrues, et parfois de sévères dégradations. La croissance démographique en zone côtière, l’urbanisation, les pollutions, le défaut de planification territoriale et la consommation d’espaces littoraux par diverses industries et infrastructures (tourisme, industries extractives, ports, etc.) se combinent à des niveaux d’exploitation parfois non durable, responsables d’une raréfaction de ressources stratégiques, au détriment des communautés vulnérables et de la biodiversité.

Il apparait donc opportun que les pays d’Afrique centrale entreprennent à l’échelle régionale des initiatives pour compenser ce retard, réduire les impacts des pressions et des changements, et mettre en place un dispositif garantissant la pérennité de la biodiversité et du potentiel productif des écosystèmes côtiers et marins.

Afin de favoriser la mise en œuvre des engagements régionaux et internationaux sur ces questions, le Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC) en soutien aux Etats, avec l’appui technique de l’UICN, la participation du WWF et du WCS et l’appui financier du programme ECOFAC V (financé par la Commission européenne – 10ème Programme Indicatif Régional) a lancé un programme de travail stratégique sur les aires marines protégées en Afrique Centrale. Ce programme a permis d’établir un état de référence, d’identifier les sites d’importance écologique et d’élaborer une feuille de route pour construire un réseau régional d’AMP représentatif, fonctionnel et cohérent d’ici 2020 conformément aux engagements internationaux des états.

Cet état de référence, accompagné des données bibliographiques recueillies par pays et par aire protégée identifiée a permis de répertorier l’ensemble des aires protégées ou à statut particulier incluant des écosystèmes marins et/ou côtiers au sein des 6 pays d’Afrique centrale membres du Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale - RAPAC, depuis le Cameroun jusqu’à l’embouchure du Congo en République Démocratique du Congo. Il est accompagné d’une cartographie restituée au 1/250 000ème, qui intègre un fond d’informations relativement homogène sur l’ensemble des littoraux et espaces marins des six pays.

Les résultats intermédiaires de ces travaux ont-été présentés à diverses reprises : lors du troisième Congrès Mondial des Aires Marines Protégées à Marseille (IMPAC III), lors des Journées des Aires Protégées d’Afrique centrale de Libreville en 2013, lors de la 10ème conférence des parties de la convention d’Abidjan au Cap et lors du congrès mondial des parcs nationaux de Sydney en 2014.

Un plan d’orientation stratégique, basée sur les conclusions de l’état de référence, est en cours d’analyse par les pays d’Afrique centrale et le RAPAC.

 

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