Le changement climatique est désormais la principale menace au Patrimoine mondial naturel – un rapport de l’UICN

Gland, Suisse, 2 décembre 2020 (UICN) - Le changement climatique est désormais la principale menace au Patrimoine mondial naturel, selon un rapport publié aujourd’hui par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Un tiers (33%) des sites naturels du Patrimoine mondial sont menacés par le changement climatique, notamment le plus grand récif corallien du monde, la Grande barrière de corail, évaluée pour la première fois comme présentant une perspective « critique ».

GBR corals

« Les sites naturels du Patrimoine mondial sont parmi les endroits les plus précieux au monde, et nous devons aux futures générations de les protéger » affirme Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN. « L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN 3 révèle les dommages que fait peser le changement climatique sur le Patrimoine mondial naturel, depuis la fonte des glaciers ou le blanchiment des coraux jusqu’à l’aggravation de la sévérité et de la fréquence des incendies et des sécheresses. Alors que la communauté internationale définit de nouveaux objectifs pour conserver la biodiversité, ce rapport signale l’urgence avec laquelle nous devons nous attaquer ensemble aux problèmes environnementaux à l’échelle planétaire. »

L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN 3 (en anglais) s’appuie sur les précédents rapports publiés en 2014 et 2017 afin de déterminer si la conservation des 252 sites naturels du Patrimoine mondial dans le monde est suffisante pour les protéger sur le long terme. Mais le changement climatique a cette fois-ci dépassé les espèces envahissantes comme principale menace pour le Patrimoine mondial naturel.

Parmi les 83 sites naturels du Patrimoine mondial aujourd’hui menacés par le changement climatique se trouve la Grande barrière de corail, où le réchauffement des océans, l’acidification et les conditions climatiques extrêmes ont contribué à un important déclin des coraux, et en conséquence à un déclin des populations d’espèces marines. Dans les aires protégées de la Région Florale du Cap en Afrique du Sud, le changement climatique a exacerbé la prolifération des espèces envahissantes. L’aire de conservation du Pantanal, au Brésil, a été gravement endommagée par des incendies sans précédent en 2019-2020. Dans le lac de Kluane, situé dans un site du Patrimoine mondial au Canada et aux Etats-Unis, le glacier Kaskawulsh, en fondant rapidement, a modifié le flux de la rivière et a décimé les populations de poissons.

L’Horizon de l’UICN évalue les perspectives pour les valeurs du site du Patrimoine mondial - ces caractéristiques uniques qui ont fait gagner au site le statut de Patrimoine mondial - en se basant sur les menaces et la qualité de la protection et de la gestion. Ainsi, l'état de 63% des sites apparaît « bon », ou « bon avec quelques préoccupations », tandis que 30% présentent des « préoccupations élevées » et 7% sont dans une situation « critique ». La moitié des sites bénéficient d’une protection et d’une gestion « efficaces » ou « très efficaces », tandis que la durabilité du financement des sites est le problème le plus fréquemment évalué comme « très préoccupant ». D’après les évaluations de L’Horizon, 16 sites naturels du Patrimoine mondial se sont détériorés depuis 2017, et seulement 8 se sont améliorés.

Le rapport fait également état des premiers indices des effets causés par la pandémie de COVID-19. Alors que la baisse de touristes peut effectivement alléger la pression sur certains écosystèmes, les impacts apparaissent majoritairement négatifs. La fermeture des sites aux touristes cause des pertes significatives de revenus, et les activités illégales sont en hausse, avec moins d’employés sur le terrain pour les verbaliser.

« Les résultats de L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN 3 révèlent un besoin urgent de mobiliser les ressources adéquates pour gérer nos zones naturelles irremplaçables », déclare Peter Shadie, Directeur du Programme du Patrimoine mondial de l'UICN. « De nombreux sites naturels du Patrimoine mondial montrent que la conservation peut fonctionner et fonctionne pour le bien commun, et leurs résultats servent de modèles pouvant être reproduits et transposés à plus grande échelle ailleurs. Nous avons besoin de davantage d’exemples inspirants, comme celui du Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire, pour garantir un futur plus lumineux pour les merveilles de la nature. »

Les perspectives du Parc national de la Comoé continuent à s’améliorer et sont aujourd’hui « bonnes avec quelques préoccupations », alors qu’elles étaient dans une situation « critique » en 2014 et « très préoccupantes » en 2017. Grâce à une stabilité politique, une gestion efficace et un soutien international, les populations de chimpanzés, d’éléphants et de buffles sont stables, et des oiseaux rares commencent à revenir.

 

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À propos de l’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN
L’UICN est l’organe officiel consultatif sur la nature auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN est l’évaluation indépendante de l’UICN sur le Patrimoine mondial naturel, et est actualisé tous les trois ans depuis 2014. Il ne constitue pas un conseil formulé au Comité du patrimoine mondial. L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN inclut un rapport et des Evaluations des perspectives de conservation en ligne, pour chaque site naturel présent sur la Liste du patrimoine mondial. Avant L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN, moins de la moitié de ces sites étaient régulièrement suivis par le biais d’un suivi conjoint réalisé par l’UNESCO et l’UICN. Les évaluations sont théoriques et impliquent des centaines d’évaluateurs et d’analystes, notamment des experts de la Commission mondiale des aires protégées et de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, des Membres de l'UICN, des gestionnaires de sites, des organisations non-gouvernementales et des autorités gouvernementales.

Les sites naturels du Patrimoine mondial sont reconnus comme les aires protégées les plus importantes au monde, et sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur valeur naturelle unique, comme l’envergure de leurs habitats naturels, le caractère intact des processus écologiques, la viabilité des populations d’espèces rares, ainsi que leur beauté naturelle exceptionnelle.

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