Crise de la Grande Nacre en Méditerranée ( Pinna nobilis ) - Mise à jour juin 2019

Nouveaux points de mortalité détectés en Tunisie, en France, au Maroc, en Grèce, en Croatie et en Turquie. Le parasite à l'origine d'une épidémie massive de Pinna nobilis continue de se propager rapidement dans toute la Méditerranée, témoignant de la nécessité de prendre des mesures urgentes. L'UICN travaille actuellement sur une évaluation pour analyser la portée générale de cette crise lors de la préparation de l'Évaluation de la Liste Rouge spécifique pour cette espèce. Si vous avez accès à des données sur les zones non affectées, nous vous prions gentiment de nous contacter.

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Après une première épidémie en 2016, qui a massacré environ 99% de la population des nacres en Espagne, la propagation d'une épidémie provoquée par un protozoaire haplosporidium et probablement par d'autres mycobactéries menace gravement la survie du plus grand mollusque bivalve de la Méditerranée. 

Liste des actions recommandées par l'UICN pour faire face à l'alarme de la Pinna nobilis.

Les recommandations de l'UICN visent à améliorer la compréhension la situation de la grande nacre, afin de préparer un programme d'action dans les zones touchées et non affectées, qui comprend :

  • Cartographie de la situation sur toutes les côtes, monitorage tous les 2 ou 3 mois pour connaître l'état des populations et en cas de recrutement, même après l'événement de mortalité.

  • Les populations des lagunes et des baies fermées ont été moins touchées par cette escalade de la mortalité. Certaines zones de repeuplement naturel doivent être strictement surveillées. Il est également nécessaire de développer des actions pour promouvoir la survie du recrutement naturel dans ces aires.

  • Identification des points chauds à haute densité de nacres. Il est également recommandé d’éliminer sélectivement les nacres des terrains à haute densité pour analyser sa reproduction ou le remplacement dans les zones où ne trouve pas de nacres (en particulier dans les baies internes ou les petites lagunes).

  • Précaution extrême en cas de transfert à d'autres zones habitées par des nacres, afin d'éviter la transmission de la maladie.

  • Le rétablissement éventuel des populations touchées dépendra principalement de l’existence de populations non touchées, d’individus résistants et du recrutement. Par conséquent, il est extrêmement important d'améliorer le recrutement des larves et de vérifier si les larves provenant de sites non affectés ou d'individus résistants atteignent les zones touchées, contribuant à des récupérations éventuelles. En ce sens, l’UICN a publié des directives spécifiques pour la construction, l’installation et le retrait de collecteurs de larves de Pinna nobilis :
    https://www.iucn.org/sites/dev/files/content/documents/2019/larval_colectors_p._nobilis_guidance_-_pinna_nobilis.pdf

  • Des efforts avec quelques nacres sont nécessaires dans les aquariums pour aider à fermer le cycle de reproduction de l'espèce et pour mieux comprendre le parasite / mycobactérie qui affecte. Les épidémies dépendent de notre capacité à améliorer la connaissance de ces interactions

La Pinna nobilis, originaire de la Méditerranée, est classée comme espèce d’intérêt commun, qui doit être strictement protégée en conformité avec la directive européenne sur les habitats et par le Protocole relatif aux aires protégées et à la diversité biologique en Méditerranée de la Convention de Barcelone

 

Remerciements pour l'information fournie à tous nos collaborateurs

 

  • Ministère pour la Transition Écologique, Instituto Oceoanográfico, Laboratorio de Investigaciones Marinas y Acuicultura (Espagne)
     
  • ISPRA et réseau italien (Italie)
     
  • Institut Pascale, Institut océanographique Paul Ricard et d'autres collaborateurs français (France)
     
  • Université Oran (Algérie)
     
  • Hellenic Centre of Marine Research (Grèce)
     
  • Enalia (Chypre)
     
  • Çanakkale Onsekiz Mar University, Turkish Marine Research Foundation, Institute of Marine Sciences METU and DEU-IMST(Turquie)
     
  • APAL, chercheurs tunisiens et collaborateurs : équipe MAIN/ASSEB, NGB/APPAL (Tunisie)
     
  • Associations des pêcheurs, PIM/APAL/ASKJ, University of Malta (Malte)
     
  • Agricultural University of Tirana (Albanie)
     
  • Marine Explorers Society - 20000 Leagues (Croatie)
     
  • Réseaux de plongeurs, de pêcheurs, de chercheurs et de nageurs de la Méditerranée

Pour en savoir plus, veuillez contacter María del Mar Otero 

 

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