Le nouveau guide de l'UICN et du CIO montre de quelle manière le sport peut profiter à la nature dans les villes

Gland, Suisse, le 6 novembre 2020 (UICN) – Si le sport et la nature occupent et se disputent souvent les mêmes espaces verts dans les villes, des infrastructures sportives bien pensées peuvent apporter une contribution positive à la biodiversité urbaine. Un nouveau guide publié aujourd'hui par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en coopération avec le le Comité International Olympique (CIO) et le San Francisco Estuary Institute (SFEI), définit les principaux critères écologiques que les responsables municipaux et les promoteurs de sites sportifs peuvent appliquer afin d'intégrer les besoins de la nature dans leur planification.

Restored wetlands at the London Olympic Park.

Le nouveau guide, publié dans le cadre du partenariat UICN-CIO et intitulé "Sports and urban biodiversity: a framework for achieving mutual benefits for nature and sports in cities" ("Sport et biodiversité urbaine : un cadre permettant de réaliser des bénéfices mutuels pour la nature et le sport dans les villes"), explique de quelle manière l'investissement dans la biodiversité urbaine offre une occasion aux fédérations sportives, aux propriétaires et exploitants de sites, aux comités d'organisation locaux, ainsi qu'aux urbanistes et investisseurs, de construire un héritage durable et positif sur le plan social dans les villes. 

"Le sport et la nature urbaine jouent tous les deux un rôle essentiel dans le bien-être des citadins, en contribuant à un environnement urbain vivable. Les nouvelles infrastructures et les nouveaux événements sportifs offrent des possibilités uniques de créer un espace pour la biodiversité et de renforcer la santé et la résilience de nos villes", a déclaré Bruno Oberle, directeur général de l'UICN. Et de poursuivre : "Ce guide constitue un outil important pour les urbanistes, les promoteurs et les exploitants de sites sportifs afin de tirer le meilleur parti de ces possibilités."

Ainsi que l'a indiqué le directeur génal du CIO, Christophe De Kepper : "Nous espérons que ce guide, lequel vient compléter les autres guides de la série, aidera la communauté sportive à mieux comprendre sa relation à la nature et sera une source d'inspiration pour prendre des mesures concrètes visant à relever les immenses défis environnementaux d'aujourd'hui." Et d'ajouter : "Les activités sportives doivent être bénéfiques pour la nature si nous souhaitons continuer à en profiter, tout en nous efforçant de réaliser notre vision, à savoir construire un monde meilleur par le sport."

Le guide présente un cadre de planification contenant sept critères écologiques qui déterminent l'impact des infrastructures sportives sur la biodiversité, notamment : la taille des parcelles d'habitat, la connectivité dans le paysage urbain, la qualité de la matrice du paysage entourant une parcelle d'habitat, la diversité des habitats disponibles, la végétation indigène, les ressources spéciales telles que l'eau et les lieux de nidification, et la gestion respectueuse de la faune.

"Les dirigeants politiques et les chefs d'entreprise doivent souvent créer des solutions rentables pour résoudre des problèmes environnementaux complexes. En appliquant ces sept critères, les autorités locales et la communauté sportive peuvent aider à construire des villes résilientes aussi bien pour les athlètes que pour la faune", a confié Robin Grossinger, scientifique en chef au SFEI, un groupe de recherche écologique.

Le guide met en évidence la manière dont les sites et les événements sportifs qui ont déjà adopté ces mesures ont contribué à la conservation de la nature en milieu urbain. Citons par exemple :

  • La réhabilitation et la construction du site du parc olympique Queen Elizabeth, construit pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres 2012, ont permis de créer une parcelle d'habitat urbain de 45 hectares en plus d'un espace de loisirs pour les visiteurs.
  • Le Golf national en France, lequel accueille chaque année l'Open de France et a accueilli la Ryder Cup en 2018, assure la promotion de la diversité des habitats avec dix habitats différents présents sur le site abritant 350 espèces, dont 13 rares.
  • En Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, les membres du programme d'aviron dans les écoles "Kinross Wolaroi" ont lancé un projet de restauration des terrains endommagés autour du réservoir de Spring Creek. L'équipe a organisé des journées de travail communautaires pour éliminer les espèces envahissantes d'une partie du rivage et faire pousser des plantes indigènes.
  • L'hippodrome de Kenilworth est situé au Cap, en Afrique du Sud, et existe depuis plus de 130 ans. La zone intérieure de 52 hectares de l'hippodrome est une réserve protégée d'un habitat rare pour le fynbos. Plus de 300 espèces de plantes indigènes, dont plusieurs espèces menacées, vivent dans la réserve et nourrissent toute une série d'espèces animales.

Ce guide est le quatrième d'une série produite par l'UICN dans le cadre d'un accord de collaboration avec le CIO. Le premier guide a examiné les liens généraux entre le sport et la biodiversité, le deuxième guide s'est concentré sur la minimisation de l'impact environnemental des nouvelles installations sportives, tandis que le troisième a mis en avant des solutions pour atténuer l'impact lié aux événements sportifs.

Dans le cadre de sa feuille de route stratégique, l'Agenda olympique 2020, le CIO soutient activement le Mouvement olympique et la communauté sportive au sens large afin de relever certains des défis mondiaux les plus urgents, tels que le changement climatique et la perte de biodiversité.

L'accord de collaboration actuel entre l'UICN et le CIO porte sur la période 2017-2020. En plus de la préparation des guides "Sport et biodiversité", l'UICN a fourni des conseils s'agissant de la procédure de candidature à l'organisation des Jeux Olympiques de 2024 et 2028. L'organisation a aussi a mené d'autres actions en lien avec la stratégie du CIO en matière de durabilité.

Le guide "Sport et biodiversité" peut être téléchargé ici (en anglais uniquement).

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