Sommet Mondial des Eleveurs Nomades et Transhumants La Granja , Espagne, septembre 2007

11 November 2008 | Event

 

Plus de cent éleveurs itinérants venant de 38 pays et de 50 tribus d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Europe se sont réunis en Espagne du 8 au 16 septembre 2007 dans le cadre du Sommet Mondial des Pasteurs Nomades et Transhumants. Le sommet a été organisé par l’équipe de Red Pastor, Pastomed, la Ligue des Peuples Eleveurs, WAMIP, ROPPA, le Réseau d’Informations des Peuples Indigènes et un grand consortium d’associations collaboratrices, et appuyé par plusieurs travailleurs bénévoles très engagés. L’événement a été sponsorisé par le Gouvernement espagnole, l’Initiative Mondiale pour le Pastoralisme Durable, le Fond International de Développement Agricole, le Fond Christensen. Le Sommet Mondial a eu lieu dans les hautes terres de pâturage de La Granja, au nord de Madrid; il a été ouvert le samedi 8 septembre 2007 par M. Luis Vieira le Secrétaire d’Etat portugais à l’agriculture et à l’élevage.

Les faits marquants de ce sommet ont été la transhumance effectuée à travers le centre de Madrid par 200 pasteurs espagnols avec 1000 espèces ovines, et la cérémonie de lecture publique de la Déclaration de Ségovie sur le pastoralisme, qui a été abritée par la Marie de Ségovie.

C’était la 15eme marche annuelle de transhumance à travers le centre ville de Madrid pour défendre deux parcours pastoraux qui traversent du nord au sud la ville contemporaine de Madrid. Ces anciennes pistes pastorales sont utilisées par les éleveurs depuis plus de 800 ans et le droit de continuer à les utiliser, en plus de 120000 kms de pistes pastorales à travers le pays, est protégé par une Loi votée par le Parlement en 1995.

La transhumance a coïncidé avec la huitième session de la Convention des Parties à la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (COP8), qui a été tenue à Madrid du 03 au 14 septembre.

Le 09 septembre, un groupe de représentants des pasteurs a lu une déclaration aux délégués participants à la session de dialogue direct du COP8, demandant la reconnaissance du rôle important que joue le pastoralisme en tant que système durable en matière d’utilisation des terres dans les régions arides et semi-arides du monde.

Le sommet des pasteurs a été une occasion d’échanger des informations et de partager les expériences ainsi que de discuter des différentes solutions aux problèmes auxquels sont confrontés les éleveurs nomades et transhumants dans le monde. Au cours d’un atelier de quatre jours, des groupes de travail régionaux ont analysé la situation actuelle et les différents problèmes qu’ils rencontrent, mené des réflexions sur une vision idéale de leur avenir ; ils ont également débattu des stratégies à développer en vue de la réalisation de cette vision.

Ce processus a abouti à l’élaboration de la Déclaration de Ségovie par les Pasteurs Nomades et Transhumants ; cette déclaration a été lue à la cérémonie de clôture à Plaza del Azoguejo, à Ségovie, sous la présidence de M. Pedro Arahuete, Maire de Ségovie, et de Mme Maria Artola, Directrice de la Fondation Biodiversité du Ministère de l’Environnement.

En plus de la cérémonie finale, une exposition ainsi qu’un marché de l’art pastoral a lieu au Plaza, suivi de la célébration dans la soirée de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes par l’Assemblée Générale des NU pendant le sommet.

Au cours d’un atelier organisé dans la soirée pendant le sommet pastoral, M. David Martín Castro, Administrateur Adjoint aux Droits Humains du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits Humains, a expliqué aux pasteurs les droits défendus par le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits Humains et les options dont disposent les pasteurs en tant que peuples indigènes pour se prévaloir de ses droits en faisant recours à deux instruments internationaux: La Convention C169 sur les Peuples Indigènes et Tribaux.

Plusieurs pasteurs se considèrent comme des minorités indigènes et ont donc célébré l’adoption de la déclaration comme une victoire pour la justice et la dignité humaine après deux décennies de négociations entre les gouvernements et les représentants des peuples indigènes.