Congrès Mondial sur les Parcs - Durban - Afrique du Sud - 7-17 Septembre 2003 - Bénéfices par delà les frontières
RECOMMANDATIONS DU CMP 5.12
APPROUVÉE

Recommandation V.12
Le tourisme comme instrument de conservation et d'appui aux aires protégées

Le secteur mondial du tourisme et des loisirs offre des avantages potentiels considérables aux aires protégées et aux communautés qui leur sont associées. Le tourisme ne saurait, à lui seul, soutenir les aires protégées ou le développement communautaire mais il peut offrir aux communautés des avantages économiques et de nouvelles perspectives, ainsi que la possibilité d'acquérir des terrains pour les aires protégées. Il peut aussi aider à mieux apprécier le patrimoine culturel et naturel, à mieux connaître les interactions entre l'homme et son environnement, à se sentir plus directement intéressé et concerné par la conservation des valeurs naturelles et culturelles. Dans ce contexte, les visites touristiques, ainsi que le tourisme et les loisirs dans la nature sont d'importants moyens de trouver un appui pour les parcs et la conservation du patrimoine biologique et culturel. Il est essentiel d'appliquer avec prudence et de manière stratégique, une politique et une gestion dynamique et réelle du tourisme.

Le coût écologique, social et culturel du tourisme peut néanmoins être considérable. Même des impacts limités peuvent avoir une incidence majeure en termes de conservation. Le tourisme, s'il n'est pas dûment planifié, conçu et géré, peut contribuer à la détérioration des paysages culturels, menacer la biodiversité, aggraver la pollution et la dégradation des écosystèmes, déplacer les terres agricoles et les espaces ouverts, diminuer les ressources aquatiques et énergétiques, perturber les systèmes sociaux et exacerber la pauvreté.

Le tourisme à l'intérieur et autour des aires protégées doit être un instrument de la conservation : renforcer l'appui aux aires protégées ; améliorer la sensibilisation aux valeurs multiples et importantes des aires protégées, y compris écologiques, culturelles, spirituelles, esthétiques, récréatives et économiques ; et générer un revenu bien nécessaire pour les activités de protection de la biodiversité, de l'intégrité de l'écosystème et du patrimoine culturel. Le tourisme doit aussi contribuer à améliorer la qualité de vie des communautés locales et autochtones, et inciter le public à soutenir leurs coutumes et leurs valeurs traditionnelles, à protéger et respecter les sites sacrés, et à reconnaître le savoir traditionnel.

Dans les aires protégées, les acteurs sont nombreux, de sorte que les gestionnaires ont besoin de ressources et de formation pour pouvoir collaborer efficacement avec des groupes différents, y compris l'industrie du tourisme, les communautés locales et les touristes.

Il existe de nombreuses conventions, chartes et lignes directrices qui peuvent être utiles, en particulier :

  • les Lignes directrices pour le tourisme durable dans les écosystèmes vulnérables de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ;

  • la Charte internationale du tourisme culturel du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) : la gestion du tourisme aux sites et de patrimoine significatif ;

  • la Déclaration de Québec sur l'écotourisme ;

  • la publication de la Commission mondiale des aires protégées (CMAP) de l'UICN intitulée Sustainable Tourism in Protected Areas : Guidelines for Planning and Management ;

  • La Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel ;

  • Le Code mondial d'éthique du tourisme de l'Organisation mondiale du tourisme ;

En conséquence, les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé " Promouvoir un plus large soutien pour les aires protégées " du Ve Congrès mondial sur les parcs réuni à Durban, Afrique du Sud, du 8 au 17 septembre 2003 :

  1. RECOMMANDENT que le secteur du tourisme, y compris les institutions, les associations et les agences de voyage compétentes, collabore avec les gestionnaires des aires protégées et les communautés locales, afin de veiller à ce que le tourisme associé aux aires protégées, dans les pays tant développés qu'en développement :

    a. respecte la primauté du rôle de la conservation pour les aires protégées;

    b. apporte des contributions financières tangibles et équitables à la conservation et à la gestion des aires protégées ;

    c. contribue au développement de l'économie locale et à l'allégement de la pauvreté par les moyens suivants :

    i. en soutenant les petites et moyennes entreprises locales ;
    ii. en offrant des possibilités d'emploi aux populations locales ;
    iii. en encourageant l'achat de biens et services locaux ;
    iv. en établissant des liens de partenariat juste et équitable avec les communautés locales ;

    d. adopte des approches pertinentes encourageant les visiteurs à se comporter de manière adéquate (p. ex. éducation à l'environnement, activités d'interprétation et de mise en marché) ;

    e. utilise des technologies, des infrastructures, des installations, des équipements et du matériel respectueux de l'environnement et de la culture, à l'intérieur et dans le voisinage des aires protégées ;

    f. surveille, signale et atténue les effets négatifs du tourisme et renforce ses effets positifs ;

    g. fasse connaître les avantages des aires protégées et l'impératif de les conserver ;

    h. encourage l'application de lignes directrices, de codes de pratique et de programmes de certification.

  2. RECOMMANDENT aux décideurs clés de collaborer avec la communauté de la conservation, y compris avec le Groupe d'étude CMAP/UICN sur le tourisme et les aires protégées, afin de garantir que le tourisme :

    a. soutienne l'utilisation durable du patrimoine naturel et culturel ;

    b. favorise le développement et les possibilités économiques des communautés locales et autochtones ;

    c. assure un soutien politique et financier à l'établissement, l'agrandissement et la gestion efficace des aires protégées ;

    d. soutienne la mise en œuvre des accords internationaux, de la législation nationale et des lignes directrices sur les aires protégées ;

    e. encourage le respect et la gestion avisée du patrimoine naturel et culturel par des visites touristiques et des programmes pédagogiques appropriés ;

    f. encourage l'utilisation de processus participatifs respectueux de la culture locale.

  3. RECOMMANDENT en conséquence aux organismes internationaux et nationaux clés, aux autorités locales et au secteur privé de soutenir la recherche et le développement conçus pour :

    a. comprendre les liens entre le tourisme, la conservation et le développement communautaire ;

    b. établir des données fiables sur le tourisme dans les aires protégées ;

    c. déterminer les types et le nombre optimaux de visites dans les aires protégées ;

    d. promouvoir des activités efficaces de surveillance et d'évaluation ;

    e. promouvoir la gestion efficace ;

    f. promouvoir l'adoption de politiques relatives au tourisme dans les aires protégées ;

    g. offrir au personnel des aires protégées une formation appropriée en matière de tourisme ;

    h. offrir aux visiteurs une interprétation et une éducation efficaces;

    i. comprendre les expériences, les comportements et les impacts des touristes ;

    j. mettre au point des outils et des techniques appropriés pour le financement durable des aires protégées par le tourisme.

  4. ENCOURAGENT le Groupe d'étude CMAP/UICN sur le tourisme et les aires protégées à assurer la diffusion de ces recommandations et la coordination de leur mise en œuvre.

Cycle d'Ateliers: Promouvoir un plus large soutien pour les aires protégées

Responsable du Cycle: Peter Bridgewater, Jim Johnston, Grazia Borrini-Feyerabend

back to top // retour aux recommandations

Copyright © 1995-2003 International Union for Conservation of Nature and Natural Resources. All rights reserved.