Recommandation
V.12
Le tourisme comme instrument de conservation et d'appui aux aires protégées
Le secteur mondial du tourisme
et des loisirs offre des avantages potentiels considérables aux
aires protégées et aux communautés qui leur sont
associées. Le tourisme ne saurait, à lui seul, soutenir
les aires protégées ou le développement communautaire
mais il peut offrir aux communautés des avantages économiques
et de nouvelles perspectives, ainsi que la possibilité d'acquérir
des terrains pour les aires protégées. Il peut aussi aider
à mieux apprécier le patrimoine culturel et naturel, à
mieux connaître les interactions entre l'homme et son environnement,
à se sentir plus directement intéressé et concerné
par la conservation des valeurs naturelles et culturelles. Dans ce contexte,
les visites touristiques, ainsi que le tourisme et les loisirs dans la
nature sont d'importants moyens de trouver un appui pour les parcs et
la conservation du patrimoine biologique et culturel. Il est essentiel
d'appliquer avec prudence et de manière stratégique, une
politique et une gestion dynamique et réelle du tourisme.
Le coût écologique,
social et culturel du tourisme peut néanmoins être considérable.
Même des impacts limités peuvent avoir une incidence majeure
en termes de conservation. Le tourisme, s'il n'est pas dûment planifié,
conçu et géré, peut contribuer à la détérioration
des paysages culturels, menacer la biodiversité, aggraver la pollution
et la dégradation des écosystèmes, déplacer
les terres agricoles et les espaces ouverts, diminuer les ressources aquatiques
et énergétiques, perturber les systèmes sociaux et
exacerber la pauvreté.
Le tourisme à l'intérieur
et autour des aires protégées doit être un instrument
de la conservation : renforcer l'appui aux aires protégées
; améliorer la sensibilisation aux valeurs multiples et importantes
des aires protégées, y compris écologiques, culturelles,
spirituelles, esthétiques, récréatives et économiques
; et générer un revenu bien nécessaire pour les activités
de protection de la biodiversité, de l'intégrité
de l'écosystème et du patrimoine culturel. Le tourisme doit
aussi contribuer à améliorer la qualité de vie des
communautés locales et autochtones, et inciter le public à
soutenir leurs coutumes et leurs valeurs traditionnelles, à protéger
et respecter les sites sacrés, et à reconnaître le
savoir traditionnel.
Dans les aires protégées,
les acteurs sont nombreux, de sorte que les gestionnaires ont besoin de
ressources et de formation pour pouvoir collaborer efficacement avec des
groupes différents, y compris l'industrie du tourisme, les communautés
locales et les touristes.
Il existe de nombreuses conventions,
chartes et lignes directrices qui peuvent être utiles, en particulier
:
- les Lignes directrices
pour le tourisme durable dans les écosystèmes vulnérables
de la Convention sur la diversité biologique (CDB) ;
- la Charte internationale
du tourisme culturel du Conseil international des monuments et des sites
(ICOMOS) : la gestion du tourisme aux sites et de patrimoine significatif
;
- la Déclaration de
Québec sur l'écotourisme ;
- la publication de la Commission
mondiale des aires protégées (CMAP) de l'UICN intitulée
Sustainable Tourism in Protected Areas : Guidelines for Planning
and Management ;
- La Convention concernant
la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel ;
- Le Code mondial d'éthique
du tourisme de l'Organisation mondiale du tourisme ;
En conséquence,
les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé " Promouvoir
un plus large soutien pour les aires protégées " du
Ve Congrès mondial sur les parcs réuni à Durban,
Afrique du Sud, du 8 au 17 septembre 2003 :
- RECOMMANDENT que le secteur
du tourisme, y compris les institutions, les associations et les agences
de voyage compétentes, collabore avec les gestionnaires des aires
protégées et les communautés locales, afin de veiller
à ce que le tourisme associé aux aires protégées,
dans les pays tant développés qu'en développement
:
a. respecte la primauté
du rôle de la conservation pour les aires protégées;
b. apporte des contributions financières tangibles et équitables
à la conservation et à la gestion des aires protégées
;
c. contribue au développement
de l'économie locale et à l'allégement de la
pauvreté par les moyens suivants :
i. en soutenant les petites
et moyennes entreprises locales ;
ii. en offrant des possibilités d'emploi aux populations
locales ;
iii. en encourageant l'achat de biens et services locaux ;
iv. en établissant des liens de partenariat juste et équitable
avec les communautés locales ;
d. adopte des approches
pertinentes encourageant les visiteurs à se comporter de manière
adéquate (p. ex. éducation à l'environnement,
activités d'interprétation et de mise en marché)
;
e. utilise des technologies,
des infrastructures, des installations, des équipements et
du matériel respectueux de l'environnement et de la culture,
à l'intérieur et dans le voisinage des aires protégées
;
f. surveille, signale et
atténue les effets négatifs du tourisme et renforce
ses effets positifs ;
g. fasse connaître
les avantages des aires protégées et l'impératif
de les conserver ;
h. encourage l'application
de lignes directrices, de codes de pratique et de programmes de certification.
- RECOMMANDENT aux décideurs
clés de collaborer avec la communauté de la conservation,
y compris avec le Groupe d'étude CMAP/UICN sur le tourisme et
les aires protégées, afin de garantir que le tourisme
:
a. soutienne l'utilisation
durable du patrimoine naturel et culturel ;
b. favorise le développement et les possibilités économiques
des communautés locales et autochtones ;
c. assure un soutien politique et financier à l'établissement,
l'agrandissement et la gestion efficace des aires protégées
;
d. soutienne la mise en
uvre des accords internationaux, de la législation nationale
et des lignes directrices sur les aires protégées ;
e. encourage le respect
et la gestion avisée du patrimoine naturel et culturel par
des visites touristiques et des programmes pédagogiques appropriés
;
f. encourage l'utilisation
de processus participatifs respectueux de la culture locale.
- RECOMMANDENT en conséquence
aux organismes internationaux et nationaux clés, aux autorités
locales et au secteur privé de soutenir la recherche et le développement
conçus pour :
a. comprendre les liens entre le tourisme, la conservation et le développement
communautaire ;
b. établir des données
fiables sur le tourisme dans les aires protégées ;
c. déterminer les
types et le nombre optimaux de visites dans les aires protégées
;
d. promouvoir des activités
efficaces de surveillance et d'évaluation ;
e. promouvoir la gestion
efficace ;
f. promouvoir l'adoption
de politiques relatives au tourisme dans les aires protégées
;
g. offrir au personnel
des aires protégées une formation appropriée
en matière de tourisme ;
h. offrir aux visiteurs
une interprétation et une éducation efficaces;
i. comprendre les expériences,
les comportements et les impacts des touristes ;
j. mettre au point des
outils et des techniques appropriés pour le financement durable
des aires protégées par le tourisme.
- ENCOURAGENT le Groupe d'étude
CMAP/UICN sur le tourisme et les aires protégées à
assurer la diffusion de ces recommandations et la coordination de leur
mise en uvre.
| Cycle
d'Ateliers: Promouvoir un plus large soutien pour les aires
protégées
Responsable du
Cycle: Peter Bridgewater, Jim Johnston, Grazia Borrini-Feyerabend
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