L'explosion du nombre d'initiatives
de conservation transfrontières à l'échelle mondiale
a donné lieu à la création de plus de 169 complexes
transfrontières d'aires protégées qui comprennent
666 aires protégées dans 113 pays.
Les initiatives de conservation
transfrontières sont en mesure de conserver la diversité
biologique et les ressources culturelles au niveau des paysages, d'encourager
la coopération et la paix entre les communautés et les
sociétés, par-delà les frontières internationales,
et d'engendrer la croissance et l'intégration économiques
au niveau régional.
La participation de nombreux
organismes de conservation et de développement qui se sont investis
dans les initiatives de conservation transfrontières, dans le
monde entier, a joué un rôle très important. Il
reste néanmoins nécessaire de renforcer la coopération
entre les organismes afin de soutenir et de créer des aires de
conservation transfrontières et d'améliorer les instruments
de leur gestion durable et efficace.
Il n'y a pas non plus de
cadre stratégique mondial pour la conservation transfrontière
ni d'approche généralement acceptée du suivi et
de l'évaluation des progrès selon des objectifs biologiques,
sociaux, économiques, politiques, juridiques, institutionnels
et relatifs à la paix et à la coopération.
Pour que les gestionnaires
des aires protégées puissent réaliser des programmes
de conservation transfrontières efficaces, il convient d'harmoniser
les approches de la gestion, de faire participer les communautés
aux programmes de conservation et de développement, d'élaborer
et d'appliquer les meilleures pratiques dans les sites et de partager
les enseignements acquis.
Malgré les efforts
considérables déployés pendant de nombreuses années
pour fournir des orientations et un appui, notamment par la production,
par la Commission mondiale des aires protégées, du numéro
7 de la collection des lignes directrices sur les meilleures pratiques
pour les aires protégées intitulé "Transboundary
Protected Areas for Peace and Cooperation" (qui contient à
la fois des lignes directrices sur les meilleures pratiques pour les
aires protégées transfrontières et un projet de
code pour les aires protégées transfrontières en
temps de paix et de conflit armé), l'absence de forum international
soutenant et créant des initiatives de conservation transfrontières,
en collaboration et de manière coordonnée, entrave les
progrès.
Un registre international
ou une désignation internationale pour les aires de conservation
transfrontières serait également utile pour donner un
statut officiel à ces sites et garantir l'application de normes
d'établissement et de gestion appropriées.
En conséquence,
les PARTICIPANTS aux cycles d'ateliers intitulés " Liens
dans les paysages terrestres et marins " et " Gouvernance
des aires protégées " du Ve Congrès mondial
sur les parcs réuni à Durban, Afrique du Sud, du 8 au
17 septembre 2003 :
RECOMMANDENT aux gouvernements,
aux organisations non gouvernementales, aux organisations internationales,
aux organismes d'aide au développement et en particulier, à
l'UICN - Union mondiale pour la nature :
1. DE SOUTENIR l'établissement
d'un forum international qui servirait de réseau mondial pour
les initiatives de conservation transfrontières, dans le cadre
duquel les membres de l'UICN, les Parties à la CDB, les gestionnaires
des aires protégées et autres groupes pourraient collaborer,
échanger des enseignements et continuer de préparer des
approches et stratégies adaptées.
2. D'ÉTABLIR et d'appliquer
un programme convenu, en vue de concevoir, pour les initiatives de conservation
transfrontières, des outils et mécanismes traduisant les
orientations générales dans la pratique, dans le but d'améliorer
la conservation au niveau des sites et, en particulier, de faire progresser
les meilleures pratiques de gestion pour la conservation axées
sur des objectifs, une gouvernance locale non exclusive et la mise en
uvre de protocoles relatifs à la coopération et
à la paix.
3. D'ÉLABORER et d'appliquer
un programme convenu de suivi et d'évaluation pour la conservation
transfrontière quelle qu'elle soit et selon des critères
biologiques, sociaux, économiques, politiques, juridiques - y
compris le droit coutumier -, institutionnels et relatifs à la
paix et à la coopération.
4. D'ÉLABORER, après
large consultation, un cadre international porteur et un registre/une
désignation pour les aires de conservation transfrontières,
reconnus au plan international, et de recommander en outre d'appliquer
à ces sites des désignations conjointes au titre d'instruments
tels que la Convention de Ramsar, la Convention du patrimoine mondial
et le Programme MAB pour l'homme et la biosphère.