Le Plan d'application adopté
en 2002 par le Sommet mondial pour le développement durable (SMDD)
appelle à une réduction importante de la perte de diversité
biologique avant 2010 et note que pour atteindre cet objectif, il faudra
créer des aires protégées et des réseaux
écologiques.
L'article 8 a) de la Convention
sur la diversité biologique demande aux Parties d'établir
un réseau d'aires protégées, parmi une série
d'actions nécessaires pour conserver la biodiversité et
l'article 8 e) demande aux Parties de promouvoir le développement
écologiquement durable dans les régions qui jouxtent ces
aires protégées, dans le but de renforcer la protection
de la biodiversité.
Plusieurs conventions et
programmes mondiaux et régionaux concernent directement les aires
protégées.
Au niveau mondial :
- La Convention de Ramsar
sur les zones humides prévoit la conservation et l'utilisation
rationnelle des zones humides et contient des dispositions concernant
l'établissement de zones humides protégées qui
doivent être gérées selon une conception intégrée,
dans le contexte du paysage terrestre/marin dans son ensemble.
- La Convention du patrimoine
mondial demande aux Parties de reconnaître leur devoir de protéger
les sites qu'elles inscrivent sur la Liste du patrimoine mondial,
de veiller à leur assurer une protection juridique adéquate
pour promouvoir leurs valeurs universelles exceptionnelles, satisfaire
aux conditions d'intégrité écologique et garantir
que ces sites soient efficacement gérés.
- Le Réseau mondial
UNESCO-MAB de réserves de la biosphère, qui associe
des objectifs de conservation, de développement et de recherche/éducation
en appliquant un système de zonation comprenant une zone centrale
protégée, une zone tampon environnante et une zone de
transition extérieure qui peuvent être intégrées
dans l'aménagement régional.
Chacun de ces instruments
prévoit des processus pour évaluer l'état des aires
protégées et déterminer si elles sont menacées
ou si leur fonctionnement est perturbé.
La Convention sur la conservation
des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage
protège les espèces migratrices et si le texte de la Convention
ne mentionne pas expressément les aires protégées,
il est entendu que celles-ci jouent un rôle crucial pour la réalisation
des objectifs de la Convention.
Tous ces instruments peuvent
servir à relier les aires protégées dans le contexte
du paysage terrestre/marin dans son ensemble.
En conséquence,
les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé " Liens dans
les paysages terrestres et marins " du Ve Congrès mondial
sur les parcs réuni à Durban, Afrique du Sud, du 8 au
17 septembre 2003 :
RECOMMANDENT que :
a. les gouvernements, les
communautés locales et autochtones, la société
civile et les ONG maintiennent et renforcent leur participation à
ces instruments internationaux et saisissent les occasions d'harmoniser
leur mise en uvre en ce qui concerne l'identification et la
gestion des aires protégées ;
b. les gouvernements, les
communautés locales et autochtones, la société
civile et les ONG veillent à la cohérence de leurs contributions
respectives aux instruments internationaux mentionnés ci-dessus
et de leurs contributions à la mise en uvre du Plan d'application
du SMDD ainsi que des activités entreprises dans le cadre de
la CDB, à la lumière de l'intégration conceptuelle
qu'offre l'approche par écosystème adoptée par
la Conférence des Parties à la CDB ;
c. les gouvernements, les
communautés locales et autochtones, la société
civile et les ONG travaillant à l'intérieur et à
proximité des aires protégées, y compris les
réserves de la biosphère, et qui encouragent le développement
durable, utilisent plus pleinement les liens qui unissent ces aires
protégées, et veillent à la coordination de leurs
actions pour les aires protégées et les activités
qui se déroulent dans les paysages terrestres/marins environnants
;
d. les organes directeurs
des conventions et programmes internationaux pertinents encouragent,
en tant que moyen de réaliser leurs objectifs de conservation,
l'établissement et le maintien de liens dans les paysages terrestres/marins
dans leurs plans ou programmes d'application ;
e. les organes directeurs
des AME et des programmes internationaux encouragent, dans leurs plans
ou programmes d'application, l'établissement et le maintien
de liens dans les paysages terrestres/marins en tant que moyens de
réaliser les objectifs de conservation ;
f. des ressources financières
suffisantes soient mises à la disposition des gouvernements,
des communautés locales et autochtones, de la société
civile et des ONG dont la participation aux discussions menées
dans le cadre de conventions internationales et d'autres instruments
est jugée nécessaire.