Les aires protégées
ont pour mission de conserver la biodiversité mais, pour le faire
efficacement, elles doivent être gérées dans le
contexte du paysage terrestre ou marin dans son ensemble.
Les conventions relatives à la biodiversité traitent diversement
cette nécessité, mais surtout, dans le cas des Parties
à la Convention sur la diversité biologique (CDB), par
l'adoption des principes de l'approche par écosystème
(décision V/6 ; Nairobi, 2000) et, dans le cas des Parties contractantes
à la Convention de Ramsar sur les zones humides, par l'adoption
de lignes directrices sur l'utilisation rationnelle.
Plusieurs autres accords multilatéraux sur l'environnement, notamment
la Convention sur les espèces migratrices, la Convention sur
le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction, ainsi que plusieurs accords régionaux,
reconnaissent l'importance de l'approche intégrée de la
gestion des paysages terrestres et marins pour la poursuite des objectifs
de conservation, y compris des paysages culturels inscrits sur la Liste
du patrimoine mondial et ceux du Réseau mondial de réserves
de la biosphère.
La conception et la gestion des aires protégées doivent
refléter la structure et les conditions des paysages terrestres
et marins environnants et doivent, en particulier, être suffisamment
souples pour s'adapter au rythme et aux tendances, de plus en plus imprévisibles,
des changements mondiaux.
En conséquence, les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé
" Liens dans les paysages terrestres et marins " du Ve Congrès
mondial sur les parcs réuni à Durban, Afrique du Sud,
du 8 au 17 septembre 2003 :
1. RECOMMANDENT aux gouvernements,
aux organisations non gouvernementales, aux communautés locales
et à la société civile :
a. D'ADOPTER et de promouvoir
des principes de conception des aires protégées qui
reflètent ceux du Réseau mondial de réserves
de la biosphère où des aires protégées
centrales sont entourées de paysages qui mettent en valeur
l'importance de l'ensemble pour la conservation ;
b. D'ADOPTER des principes de conception pour les aires protégées
qui mettent en valeur les liens avec les écosystèmes
environnants et garantissent que les paysages environnants sont gérés
pour la conservation de la biodiversité ;
c. DE RECONNAÎTRE la nécessité de restaurer les
processus écologiques dans les zones dégradées,
tant à l'intérieur des aires protégées
que dans les paysages environnants, afin de préserver l'intégrité
écologique des aires protégées ;
d. DE RECONNAÎTRE EN OUTRE que la présence et les besoins
des populations humaines, compatibles avec la conservation de la biodiversité.
à l'intérieur des aires protégées et à
proximité, devraient être pris en compte dans la conception
et la gestion globales des aires protégées et des paysages
environnants ;
e. DE RECONNAÎTRE ENFIN l'importance des processus participatifs
qui associent des acteurs très divers à la gestion rationnelle
des liens dans les paysages ;
f. DE FAIRE EN SORTE que des principes de gestion adaptative soient
appliqués aux aires protégées ;
g. D'ADOPTER et de promouvoir un cadre politique et des incitations
qui encouragent la participation active des populations locales à
la gestion avisée de la biodiversité.
2. INVITENT l'UNESCO, l'UICN
et les secrétariats des accords multilatéraux sur l'environnement
pertinents à collaborer avec les gouvernements, la société
civile, le secteur privé, les communautés locales et autochtones
et les ONG, afin :
a. DE DÉMONTRER comment le droit international peut contribuer
à l'édification de relations propres à un site
et mutuellement bénéfiques entre la conservation de
la biodiversité, la gestion des aires protégées
et le développement durable ;
b. D'UTILISER les liens
entre les aires protégées et le paysage environnant
comme une occasion de régénérer les paysages
culturels, y compris ceux qui ont été façonnés
par les populations traditionnelles et mobiles, et de revitaliser
les communautés rurales ;
c. D'ADOPTER et de promouvoir les expériences et les enseignements
en matière de gestion intégrée des paysages du
Réseau mondial UNESCO-MAB de réserves de la biosphère,
de la Convention de Ramsar et d'autres accords internationaux pertinents,
notamment afin de porter les " bénéfices par-delà
les frontières".