Congrès Mondial sur les Parcs - Durban - Afrique du Sud - 7-17 Septembre 2003 - Bénéfices par delà les frontières
RECOMMANDATIONS DU CMP 5.07
APPROUVÉE

Recommandation V.7
Sécurité financière pour les aires protégées

Les aires protégées méritent un soutien financier important en raison des avantages considérables qu'elles procurent.

La communauté internationale est convenue, à l'occasion du Sommet mondial pour le développement durable (SMDD), d'œuvrer à la réalisation de l'objectif d'une forte réduction du rythme de perte de la diversité biologique d'ici à 2010.

Toutefois, faute de financement adéquat, les gestionnaires des réseaux d'aires protégées sont obligés de consacrer de plus en plus de ressources pour obtenir leur propre financement, et les aires protégées elles-mêmes sont de plus en plus menacées de dégradation.

Pour illustrer ce manque, il suffit de dire qu'au début des années 1990, les budgets des aires protégées représentaient à peine 20 pour cent des 20 à 30 milliards de dollars qui auraient été requis, pendant les 30 années suivantes, pour établir et entretenir un réseau complet d'aires protégées englobant des écosystèmes de zones humides, terrestres et marins.

Et malgré cela, il y a encore des politiques gouvernementales et d'autres obstacles institutionnels qui limitent sciemment ou non les flux de ressources financières nécessaires aux aires protégées, par exemple :

a. par comparaison à d'autres programmes budgétaires, la priorité accordée à la conservation de la nature et des valeurs culturelles associées est insuffisante ;

b. les revenus du tourisme et des services environnementaux générés par les aires protégées (p. ex., taxes sur l'eau) ne sont pas consacrés à la gestion des aires protégées ;

c. des barrières institutionnelles limitent les flux financiers vers les aires protégées ;

d. certaines structures de gestion inadaptées entravent l'acheminement des fonds vers la gestion des aires protégées ;

e. il n'existe pas de mécanismes pour encourager les organismes bailleurs de fonds à participer au financement des aires protégées ;

f. Les plans d'activités sont peu utilisés, au niveau tant des réseaux d'aires protégées que d'aires protégées particulières.

Dans le but de résoudre ces problèmes, la Commission mondiale des aires protégées de l'UICN a lancé une initiative sur le financement durable.

En conséquence, les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé " Construire un avenir financier sûr " du Ve Congrès mondial sur les parcs réuni à Durban, Afrique du Sud, du 8 au 17 septembre 2003 :

RECOMMANDENT aux gouvernements, aux organisations non gouvernementales nationales et internationales, aux communautés locales et à la société civile :

1. DE METTRE EN ŒUVRE l'objectif du SMDD lié à la biodiversité et d'évaluer le coût de sa réalisation.

2. DE FAIRE EN SORTE que les mécanismes financiers adoptés pour accroître le revenu procuré par les aires protégées n'entraînent pas la dégradation de la biodiversité ou la destruction du patrimoine naturel et culturel.

3. DE COMMUNIQUER plus efficacement, à la communauté mondiale et nationale, les résultats des investissements dans les aires protégées - y compris les résultats obtenus en matière de conservation et les avantages socio-économiques - afin de renforcer le soutien au financement des aires protégées.

4. D'ACCROÎTRE, DE DIVERSIFIER ET DE STABILISER les flux financiers en faveur des aires protégées et de la conservation de la biodiversité, notamment par des incitations et un soutien adéquats à la mise en œuvre de divers portefeuilles de mécanismes de financement, et par des méthodes efficaces et rentables de gestion des réseaux et systèmes d'aires protégées en milieu terrestre et marin et dans les zones humides, afin de garantir la pleine réalisation des objectifs de conservation à long terme dans chaque écorégion du monde.

5. DE VEILLER à ce que soit réalisée une évaluation efficace des biens et services procurés par les aires protégées et par la biodiversité en général, afin que les décisions prises en matière de développement économique tiennent pleinement compte des coûts aussi bien que des avantages et des impacts sociaux qui sont en jeu.

6. DE SUPPRIMER les obstacles politiques et institutionnels aux solutions de financement durable, y compris les obstacles à l'affectation effective de ressources à l'ensemble des réseaux et systèmes d'aires protégées, afin que le financement provenant de sources nouvelles et existantes, et les revenus tirés des aires protégées aillent intégralement et directement à la gestion des aires protégées.

7. DE FAIRE EN SORTE que les aires protégées, ainsi que les communautés locales et autochtones environnantes en tant que principaux bénéficiaires, profitent d'un nombre accru de possibilités d'obtenir un revenu des services d'écosystèmes fournis par les aires protégées. Il s'agit de possibilités existantes telles que les revenus du tourisme, et de possibilités nouvelles telles que l'air et l'eau propres, la maîtrise des crues et la prévention des catastrophes, la conservation des sols, la conservation du matériel génétique, les possibilités de loisirs et le piégeage du carbone.

8. DE PRIER les donateurs, les gouvernements et le secteur privé de soutenir l'établissement de fonds d'affectation spéciale et de dotation pour la conservation de la biodiversité, de soutenir d'autres mécanismes de financement durable comme la conversion de la dette, et d'inscrire le soutien à la biodiversité et à l'environnement dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté.

9. D'AMÉLIORER la coordination des sources de financement pour les aires protégées, en se fondant sur des stratégies établies conjointement avec tous les acteurs pertinents, de soutenir la coordination et d'améliorer la qualité et la diffusion des informations sur le financement de la conservation.

10. D'ACCROÎTRE fortement les futurs reconstitutions du FEM afin d'appuyer la gestion durable des aires protégées dans les pays en développement en soutenant les mécanismes de financement durable.

11. D'ENCOURAGER les gouvernements à tous les niveaux à accroître les flux financiers en faveur des aires protégées, en réduisant et en réorientant les fonds qu'ils allouent actuellement à la subvention de secteurs comme la pêche et l'agriculture, et qui contribuent à la dégradation de l'environnement et à l'érosion de la biodiversité.

12. DE FAIRE EN SORTE, le cas échéant, que le versement d'indemnisations environnementales liées à des activités économiques aille effectivement aux aires protégées ou à la restauration des écosystèmes dégradés.

13. DE S'ATTACHER davantage à améliorer le rapport coût-efficacité du financement des aires protégées en perfectionnant la budgétisation, la planification financière et en utilisant des moyens novateurs tels que les dédommagements pour la conservation, le versement d'incitations directes, les dégrèvements d'impôts et mesures basées sur le marché.

Cycle d'Ateliers: Construire un avenir financier sûr

Responsable du Cycle: Carlos Quintela

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