Recommandation
V.1
Renforcer les capacités des institutions et de la société
en matière de gestion des aires protégées au 21e
siècle
Au 21e siècle, les pressions
exercées sur les aires protégées s'amplifieront par
suite de facteurs de changements mondiaux tels que :
- l'évolution et la
croissance démographiques dans les zones urbaines; les modes
de consommation non durables et la pauvreté à grande échelle
qui auront des incidences sur les services environnementaux ;
- la demande croissante de
biens et services fournis par les aires protégées ;
- le développement
d'infrastructures inadéquates, les changements climatiques et
la propagation d'espèces exotiques ;
- le morcellement des habitats
naturels ;
- la surpêche et l'effondrement
catastrophique des pêcheries marines et des récifs coralliens,
ainsi que des systèmes côtiers et d'eau douce ;
- la diminution des ressources
d'eau douce disponibles ;
- l'aggravation des menaces
pesant sur le bien-être et la sécurité du personnel
des aires protégées ;
- les progrès technologiques,
notamment en ce qui concerne l'accès à l'information et
la communication de l'information ;
- la consolidation et l'expansion
des processus de démocratisation, de décentralisation,
de "déconcentration " et de participation du public
; et
- les flux de l'aide internationale
privilégiant les besoins sociaux des populations pauvres.
Les structures de gestion actuelles
des aires protégées ont été conçues
dans un contexte différent et ne sont pas nécessairement
en mesure de s'adapter aux nouvelles pressions. La conservation ne peut
réussir que si nous établissons des institutions, des organisations
et des réseaux capables d'évoluer, et si nous donnons aux
praticiens de la conservation les moyens d'identifier et de résoudre
leurs propres problèmes, ainsi que de profiter des possibilités
qui leur sont offertes. Nous devons, en particulier, faire en sorte que
tous les acteurs aient les moyens d'assumer leur rôle dans la gestion
des aires protégées.
Le renforcement des capacités
des institutions et de la société consiste notamment à
:
- établir des institutions
et les appuyer en leur fournissant les ressources nécessaires
à la mise en uvre de plans et stratégies de gestion
des aires protégées ; et
- créer un environnement
propice, par des cadres juridiques et politiques rigoureux, ainsi que
par la reconnaissance, de la part de la société, des avantages
que comportent les aires protégées et de la valeur des
biens et services qu'elles procurent.
En conséquence,
les PARTICIPANTS au cycle d'ateliers intitulé "Renforcement
des capacités de gestion des aires protégées"
du Ve Congrès mondial sur les parcs réuni à Durban,
Afrique du Sud, du 8 au 17 septembre 2003 :
1. RECOMMANDENT aux gouvernements,
aux organisations intergouvernementales, aux ONG, aux communautés
locales et à la société civile :
a. DE RENFORCER la sensibilisation
aux valeurs des aires protégées et aux avantages qu'elles
procurent à la société, ainsi que l'engagement
général à soutenir les aires protégées
;
b. D'AJUSTER les politiques,
lois et instruments de planification et de gestion actuels, ainsi que
les cadres institutionnels en place, afin de renforcer les capacités
de gestion des aires protégées à tous les niveaux,
notamment par les moyens suivants :
i. promouvoir des réseaux
d'aires protégées solides et complémentaires,
aux niveaux national, provincial, régional, municipal, communautaire
et privé ;
ii. intégrer les
objectifs de la conservation dans l'utilisation des terres et de la
mer, ainsi que dans la planification régionale et sectorielle
à tous les niveaux, et intégrer la planification et
la gestion des aires protégées dans le contexte plus
vaste des paysages terrestres et marins ;
iii. promouvoir, coordonner
et soutenir la recherche scientifique appliquée systématique
dans les domaines social, économique, politique et biophysique
en rapport avec les besoins et priorités définis, pour
soutenir les activités de gestion des aires protégées,
ainsi que les activités de conservation, de surveillance et
d'utilisation durable de la diversité biologique menées
pour faire face aux changements mondiaux rapides ;
iv. élaborer des
cadres nationaux cohérents pour la conservation de la diversité
biologique et des aires protégées, et harmoniser les
politiques et les lois sectorielles avec les politiques et les lois
relatives à la conservation au niveau constitutionnel ;
v. établir des mécanismes
visant à harmonier les politiques et les efforts entre les
organismes publics et autres organisations de la société
civile responsables de la conservation et du développement
durable ;
vi. élaborer et
mettre en uvre des plans stratégiques nationaux pour
les réseaux d'aires protégées, ainsi que des
instruments de planification stratégiques et opérationnels
adaptés à chaque aire protégée ;
vii. faire en sorte que
le personnel et les organes de gestion des aires protégées
aient un pouvoir décisionnel suffisant pour réaliser
les objectifs de gestion et de conservation des réseaux d'aires
protégées ;
viii. encourager et soutenir
l'établissement de nouvelles aires protégées
et d'accords de cogestion par et entre les gouvernements locaux, régionaux
et nationaux, les organismes non gouvernementaux, le secteur privé,
les communautés locales et autochtones et d'autres acteurs
;
ix. veiller à ce
que les organismes de gestion des aires protégées (y
compris les autorités légales décentralisées
et déléguées, et les groupes qui pratiquent la
cogestion et la gestion communautaire) disposent des compétences,
des connaissances et du savoir-faire nécessaires pour assumer
ces responsabilités ;
x. adopter des mécanismes
favorisant la représentation et la participation de tous les
acteurs des aires protégées, aux niveaux national, régional
et local ; et
xi. mettre en place des
mécanismes de surveillance et d'évaluation tenant compte
des objectifs des aires protégées et utilisant des méthodes,
des indicateurs et des normes propres à chaque site qui soient
compatibles, afin de garantir l'efficacité de la gestion et
l'intégrité biologique et culturelle.
2. RECOMMANDENT de promouvoir,
au niveau local, l'appropriation et la viabilité des programmes
de renforcement des capacités, en veillant à ce que :
a. les institutions responsables
des aires protégées prévoient, dans leur plan d'activités
courant, un budget central pour les activités nouvelles ou permanentes
de renforcement des capacités ; et
b. les programmes de renforcement
des capacités soient conçus et menés par les bénéficiaires
eux-mêmes, en collaboration avec le gouvernement à tous
les niveaux, avec des partenaires, des organismes internationaux, des
ONG et d'autres organismes compétents, en tenant dûment
compte des besoins et des priorités mutuellement convenus.
| Thème:
Renforcer les capacités : Renforcement des capacités
de gestion
Responsable :
Julia Carabias
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