L'ACCORD DE DURBAN
LE PLAN D'ACTION DE DURBAN
Table des matières
Introduction
Les difficultés
Résultat 1: Assurer une contribution cruciale
des aires protégées à la conservation de la diversité
biologique
Objectif
stratégique
1: La Convention
sur la diversité biologique devrait prendre des mesures précises
pour renforcer le rôle des aires protégées vis-à-vis
de la conservation de la diversité biologique
Objectif
stratégique2:
Toutes les Parties à la Convention du patrimoine
mondial prendront des mesures spécifiques afin d'améliorer
la contribution des sites du atrimoine mondial à la conservation
de la diversité biologique
Résultat
2: Assurer une contribution essentielle des aires
protégées au développement durable
Objectif
stratégique
3: Mesures prises dans les aires protégées
en vue d'alléger la pauvreté et, en tout état de
cause, de ne pas l'aggraver
Résultat
3: Un réseau
mondial d'aires protégées intégrées aux paysages
terrestres et marins environnants
Objectif
stratégique
4: Compléter d'ici 2010, un réseau
mondial d'aires protégées représentant tous les
écosystèmes de la planète
Objectif
stratégique
5: Relier toutes les aires protégées
au sein de systèmes écologiques/environnementaux plus
vastes, sur terre et en mer, à l'horizon 2015
Résultat
4: Qualité améliorée, efficacité
et établissement de rapport sur la gestion des aires protégées
Objectif
stratégique
6: Faire en sorte
que toutes les aires protégées soient efficacement gérées
d'ici 2015
Objectif
stratégique
7: Faire en sorte que toutes les aires protégées
disposent d'une capacité de gestion réelle.
Résultat
5: Reconnaissance et garantie des droits des populations
autochtones et mobiles et des communautés locales concernant les
ressources naturelles et la conservation de la diversité biologique
Objectif
stratégique
8: Veiller à ce que toutes les aires
protégées existantes et futures soient gérées
et établies dans le respect total des droits des populations
autochtones et mobiles et des communautés locales.
Objectif
stratégique
9: Veiller à ce que des représentants
choisis par les populations autochtones et les communautés locales,
en fonction de leurs droits et de leurs intérêts, participent
à la gestion des aires protégées.
Objectif
stratégique
10: Établir et appliquer, avant 2010,
des mécanismes participatifs de restitution des terres et territoires
traditionnels des populations autochtones qui ont été
englobés dans des aires protégées sans le consentement
libre et en connaissance de cause de ces populations.
Résultat
6: Des moyens d'action
pour les jeunes générations
Objectif
stratégique
11: Garantir
une plus grande participation des jeunes générations aux
activités de gouvernance et de gestion des aires protégées
et prendre des mesures pour renforcer leur capacité de contribuer
aux efforts de la communauté de la conservation dans son ensemble
et de venir grossir ses rangs.
Résultat
7: Appui d'autres groupes aux aires protégées
considérablement accru
Objectif
stratégique12:
Appui des principaux groupes d'acteurs
Résultat
8: Gouvernance améliorée, reconnaissant
à la fois les formes traditionnelles et les approches novatrices
d'un grand intérêt pour la conservation
Objectif
stratégique 13: Mettre en place des
systèmes de gouvernance efficaces dans tous les pays
Résultat
9: Forte augmentation des ressources pour les aires
protégées, correspondant à leurs valeurs et besoins
Objectif
stratégique 14: Obtenir des ressources
suffisantes pour déterminer, établir et financer les coûts
de fonctionnement récurrents d'un réseau mondial représentatif
d'aires protégées avant 2010.
Résultat
10: Communication et éducation améliorées
concernant le rôle et les avantages des aires protégées
Application du Plan d'action
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Introduction
Le Ve Congrès mondial
sur les parcs de l'UICN est déterminant pour le rôle et la
place des aires protégées dans les objectifs du développement
durable et de la biodiversité. En choisissant le thème "Bénéfices
par-delà les frontières", les participants
au Congrès ont reconnu que les aires protégées ne
peuvent être isolées, ni des terres et des mers qui les entourent,
ni des communautés qui vivent dans leurs limites et alentour, ni
des activités économiques qui s'y déroulent. Mais
surtout, les participants ont cherché à faire valoir l'importance
et l'intérêt des aires protégées pour la société
dans son ensemble, maintenant et à l'avenir, ainsi qu'à
travailler en partenariat avec de nombreux acteurs afin de mettre en uvre
cette démarche élargie.
- les
compétences et les ressources, notamment financières,
requises pour une gestion efficace, font défaut ou sont insuffisantes.
De grands progrès ont
été enregistrés depuis le IVe Congrès mondial
sur les parcs qui a eu lieu à Caracas, en 1992:
- les aires protégées
sont aujourd'hui considérées comme un élément
clé pour l'application de la Convention sur la diversité
biologique;
- la superficie protégée de la Terre, ainsi que son importance
relative, a plus que doublé depuis 1992 et atteint aujourd'hui
plus de 12% du total des terres émergées; plus 10% qui
font l'objet d'une protection stricte en Antarctique;
- le nombre de sites du Patrimoine Mondial naturels et mixtes est passé
de 101 à 172; les liens entre les populations humaines et l'environnement
sont de plus en plus reconnus;
- un peu partout dans le monde, des plans d'action régionaux
et nationaux ont été mis en place;
" des mesures visant à améliorer l'efficacité
de la gestion ont été mises au point;
- les communautés locales et les populations autochtones participent
de plus en plus;
- de nouvelles formes de gouvernance sont mises à l'essai et
l'on redécouvre des formes traditionnelles de gouvernance de
la conservation;
- l'importance des connaissances, notamment traditionnelles, en matière
de conservation, est reconnue;
- le Protocole de Kyoto entrera bientôt en vigueur;
- des aires protégées sont aujourd'hui reliées
par-delà les frontières internationales et, dans certains
cas particulièrement remarquables, elles jouent un rôle
non négligeable dans le processus de paix;
- dans le cadre de grandes initiatives régionales, des aires
protégées ont été reliées par des
réseaux et des corridors écologiques.
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Les difficultés
De nombreuses difficultés
doivent être surmontées dont les principales sont les suivantes:
- il faut concilier les besoins
en matière de développement avec la gestion et l'utilisation
durable des ressources naturelles;
- une pauvreté croissante conduit à la dégradation
des ressources naturelles;
- les changements climatiques sont une grave menace et ont déjà
des incidences sur les espèces et les habitats ainsi que sur
le fonctionnement efficace des paysages et des écosystèmes
des aires protégées; les émissions de gaz à
effet de serre doivent être réduites rapidement et d'une
façon très importante tout en gérant les écosytèmes
de façon à augmenter leur résilience;
- il n'existe pas encore de réseau d'aires protégées
représentatif de tous les écosystèmes de la planète;
des lacunes importantes subsistent à ce sujet;
- des lacunes importantes dans le réseau mondial d'aires protégées,
notamment celles correspondant à des espaces irremplaçables
et gravement menacés, ne bénéficient pas d'une
priorité élevée;
- certains écosystèmes, en particulier ceux d'eau douce
et la haute mer, ne sont pratiquement pas protégés;
- les espèces, les habitats, les paysages subissent des atteintes,
tout comme les systèmes et processus naturels et la diversité
culturelle dont ils dépendent;
- le débit et la qualité de l'eau douce alimentant des
aires protégées sont en déclin en raison de détournements,
de barrages et d'autres barrières, du ruissellement à
partir des terres agricoles et de la pollution;
- l'engouement croissant dont font l'objet les animaux et les plantes
sauvages, ainsi que leurs produits dérivés, met en danger
la survie d'espèces rares et menacées dans des aires protégées;
- les espèces exotiques envahissantes ont des incidences de plus
en plus préjudiciables sur les espèces autochtones;
- en raison de l'insuffisance des investissements des Etats un peu partout
dans le monde, les aires protégées ne sont souvent pas
en mesure d'atteindre leurs objectifs sociaux et de conservation;
- les subventions et autres instruments de financement et dispositions
institutionnelles à effet pervers, dont bénéficient
des secteurs d'activité ayant une incidence sur la diversité
biologique, contribuent aux dommages et à la destruction dans
les aires protégées;
- sur le plan mondial, les moyens disponibles sont insuffisants pour
assurer une gestion professionnelle des aires protégées,
notamment dans les pays en développement;
- beaucoup d'aires protégées n'existent que sur le papier,
et beaucoup d'autres n'ont ni protection ni gestion efficace;
- la mise en place d'aires protégées dans des régions
ne relevant pas d'une juridiction nationale ou se trouvant sous la compétence
d'organismes internationaux (Antarctique, haute mer
);
- les coûts et les avantages du maintien des aires protégées
ne sont pas partagés équitablement. Les communautés
locales, en particulier, supportent souvent la plupart des coûts
et perçoivent peu d'avantages, tandis que la société
dans son ensemble bénéficie plus largement des avantages
mais supporte peu de coûts;
- trop souvent, les aires protégées sont tenues à
l'écart des systèmes décisionnels relatifs à
la planification du développement, à l'utilisation des
sols et à la gestion des ressources en dehors de leurs limites,
notamment dans le cas de milieux transfrontaliers nécessitant
une harmonisation des approches au-delà des frontières
nationales;
- le rôle crucial que jouent les aires protégées
dans la réalisation du développement durable est peu reconnu;
d'ailleurs, trop d'acteurs importants considèrent les aires protégées
comme une entrave à leurs activités et à leurs
aspirations;
- nombre d'aires protégées sont isolées et les
liens écologiques qui les relient à leur environnement
ne bénéficient d'aucune protection juridique;
- la pandémie du VIH/SIDA a des effets défavorables importants
sur le développement des aires protégées et la
conservation de la diversité biologique dans de nombreux pays
en développement;
- les populations autochtones, les communautés locales, les jeunes,
les groupes ethniques, les femmes et autres groupes d'intérêts
de la société civile ne participent pas suffisamment au
choix et à la gestion des aires protégées;
- les aires protégées sont trop souvent gérées
sans qu'il y ait de système d'objectifs, de valeurs et de principes
communs.
Faute de créer un réseau
mondial efficace et écologiquement représentatif d'aires
protégées, nous nous priverons de ces nombreux avantages,
les possibilités d'alléger la pauvreté seront réduites
et nous transmettrons aux générations futures un patrimoine
amoindri. Autrefois, la communauté des aires protégées
ne collaborait pas suffisamment avec ses meilleurs alliés - l'ensemble
des communautés d'intérêt. Nous devons aujourd'hui
renouer avec eux pour obtenir de nouveaux résultats et atteindre
des objectifs mobilisateurs.
L'Accord
de Durban: notre engagement mondial pour l'homme et les aires protégées
de la planète est un appel à l'action pour
tous ceux qui sont concernés par les aires protégées.
Pour que la vision qu'il contient se concrétise, il faut que tous
les acteurs concernés se mobilisent pour agir aux niveaux mondial,
régional, national et local. Il faudra fixer des objectifs clairs,
vérifier les progrès et rendre compte de ces progrès
pour accélérer l'application de l'Accord. À cet égard
l'UICN, et en particulier les membres de sa Commission mondiale des aires
protégées, peuvent jouer un rôle vital de chef de
file.
L'Accord de Durban: Plan
d'action s'adresse à tous ceux qui sont actifs dans les
aires protégées ou dont les activités touchent, d'une
manière ou d'une autre, les aires protégées, qu'ils
aient assisté ou non au Congrès. Il ne s'agit pas d'un
modèle universel, pour toutes les nations et toutes les aires protégées,
car les approches diffèrent au niveau local, national et régional,
et les participants au Ve Congrès mondial sur les parcs de l'UICN
ne sont pas investis d'un mandat officiel. C'est une liste proposée
des activités nécessaires si l'on veut augmenter les avantages
des aires protégées pour la société, accroître
la superficie qu'elles couvrent et améliorer leur gestion. Il ne
s'agit pas d'un document figé : il pose un certain nombre de questions
qui doivent être abordées et réglées; il appelle
un certain nombre d'actions à entreprendre.
L'action nécessaire
devra être déployée à plusieurs niveaux:
- Action internationale
au niveau intergouvernemental,
menée par les institutions des Nations Unies, les conventions
et les traités;
- Action régionale
au niveau intergouvernemental, menée par différentes
conventions et autres accords régionaux;
- Action nationale
menée par les gouvernements nationaux et d'autres intérêts;
- Action locale menée
par les administrations des collectivités locales et la société
civile;
- Action menée par
les autorités responsables des aires protégées
(autorités, agences, organisations et organes compétents).
A tous ces niveaux, l'action
sera nécessaire dans le cadre de partenariats et par la coopération
entre les secteurs public, statutaire, privé, à but non
lucratif, communautaire, de la société civile, des entreprises,
par l'intermédiaire de groupes pluri-acteurs.
En outre, des actions pilotées
par l'UICN ou encouragées par l'UICN sont identifiées
et l'instance responsable, au sein de l'Union, est désignée.
Actuellement, il s'agit de propositions d'actions émises par les
participants au Congrès mondial sur les parcs, jusqu'à ce
que le Congrès mondial de la nature, en 2004, examine et approuve
un plan d'action pour les aires protégées et pour tous les
aspects des activités de l'Union. Des plans de travail plus précis
devront alors être approuvés par le Conseil de l'UICN pour
que le Secrétariat, les Commissions et les membres puissent agir.
Ces plans devront identifier les collaborateurs et examiner la mise au
point de plans pour les secteurs de l'économie, de l'aménagement
du territoire et du commerce qui ont une influence sur les aires protégées.
Plusieurs objectifs stratégiques sont fixés. Ils
serviront de référence pour vérifier les progrès
et rendre compte des progrès de ce Plan d'action au plus haut niveau.
Le Plan d'action finalement approuvé par le Congrès mondial
de la nature devra aussi comporter des étapes et des indicateurs
pour mesurer les progrès dans la réalisation des objectifs
stratégiques.
Les recommandations
que les participants au Congrès mondial sur les parcs auront adoptées
sont jointes en annexe au présent Plan d'action; les renvois correspondants
sont contenus dans le texte.
Les actions sont réparties
en résultats reflétant l'objectif général
du Congrès.
En premier lieu, il faut agir pour inscrire les aires protégées
dans les programmes mondiaux du développement durable, à
la lumière du Plan d'application du Sommet mondial du développement
durable et de la Déclaration du millénaire sur le développement;
ainsi que dans les plans de conservation de la diversité biologique,
notamment en vue de la session de la Conférence des Parties à
la CDB qui se tiendra en 2004.
Le Congrès appelle ainsi
à la réalisation des résultats ci-dessous:
1. Assurer
une contribution cruciale des aires protégées à
la conservation de la diversité biologique
2. Assurer
une contribution essentielle des aires protégées au développement
durable..
Six résultats et actions
précis émanent du programme du Congrès:
3. Un réseau
mondial d'aires protégées intégrées aux
paysages terrestres et marins environnants.
4. Qualité
et efficacité améliorée de la gestion des aires
protégées, ainsi que des systèmes de présentation
de rapports de gestion.
5. Reconnaissance
et respect des droits des populations autochtones, des peuples mobiles
et des communautés locales en matière de ressources naturelles
et de conservation de la diversité biologique.
6. Autonomisation
des générations plus jeunes.
7. Appui
considérablement accru aux aires protégées de la
part d'autres groupes.
8 Gouvernance
améliorée, reconnaissant à la fois les formes traditionnelles
et les approches novatrices d'un grand intérêt potentiel
pour la conservation.
9. Forte
augmentation des ressources pour les aires protégées,
correspondant à leurs valeurs et besoins.
Enfin, compte tenu de l'accent
mis dans l'Accord de Durban sur la communication:
10. Communication
et éducation améliorées sur le rôle et les
avantages des aires protégées.
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Résultat
1: Assurer une contribution cruciale des aires protégées
à la conservation de la diversité biologique
Afin d'assurer une représentation
de l'ensemble des éco-régions du monde dans les aires protégées,
il faut tout particulièrement combler les manques existants dans
le réseau mondial par la création de nouvelles aires et
l'amélioration de l'efficacité de celles déjà
existantes, notamment pour les écosystèmes ayant un caractère
irremplaçable ou qui sont menacés d'une façon imminente.
La Convention sur la diversité
biologique reconnaît l'importance de la conservation de la diversité
biologique in situ au moyen de l'établissement d'aires protégées
et de réseaux écologiques. La Conférence des Parties
(COP) et l'Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques,
techniques et technologiques (SBSTTA) sont des instances importantes permettant
des avancées en matière d'aires protégées.
La 7e session de la COP qui se déroulera prochainement en 2004
et qui devrait examiner les aires protégées revêt
à ce sujet une importance particulière. Nous invitons les
Parties à tenir compte de l'appel lancé par ce Congrès
à la CDB, ainsi que des suggestions énumérées
ci-dessous.
Tous les êtres humains
connaissent les valeurs économiques, culturelles, intrinsèques,
esthétiques et spirituelles de la diversité biologique.
Pourtant, le rythme de l'érosion de la diversité biologique
va s'accélérant et portera gravement atteinte à la
qualité de vie des générations futures à moins
que nous ne nous attaquions à ce problème de toute urgence.
Les évolutions introduites
par l'homme, telles que la perte des habitats et la diffusion d'espèces
exotiques envahissantes, se produisent à un rythme extrêmement
rapide, continuent de porter atteinte à la diversité biologique,
et les aires de répartition des espèces changent en raison
des changements climatiques.
Les changements mondiaux en
cours, tels que la destruction des habitats et la propagation des espèces
exotiques envahissantes, continuent de détruire la diversité
biologique tandis que les aires de répartition des espèces
se déplacent, par suite des changements climatiques.
Des analyses récentes
présentées lors de ce Congrès ont permis de constater
que le réseau mondial d'aires protégées est loin
d'être complet, notamment pour ce qui concerne la représentation
des espèces menacées, de sites, de milieux naturels et de
domaines d'importance mondiale.
Ces lacunes et ces évolutions
créent la nécessité d'établir de nouvelles
aires protégées, d'étendre celles existantes et d'établir
des liens entre des habitats adaptés de différentes aires
protégées.
Il est possible d'obtenir une
réduction du taux d'érosion de la diversité biologique
grâce à des réseaux d'aires protégées
complets comprenant toutes les régions écologiques du monde,
écologiquement et biologiquement viables, représentatives
et gérées d'une façon efficace. Les espèces
menacées, notamment celles inscrites sur la Liste rouge de l'UICN,
doivent être effectivement conservées à l'intérieur
de ces réseaux.
L'objectif qui consiste à
obtenir "une forte réduction du rythme actuel de perte de
diversité biologique" avant 2010, fixé par Conférence
des Parties à la Convention sur la diversité biologique
à sa 6e réunion (décision VI/26), réitéré
dans la Déclaration ministérielle de La Haye, d'avril 2002,
et adopté par les gouvernants de ce monde au Sommet mondial pour
le développement durable (SMDD), en septembre 2002, reste valable.
La 6e Conférence des
Parties à la Convention sur la diversité biologique s'est
fixé un objectif ambitieux : assurer, d'ici 2010, une " forte
réduction du rythme actuel de perte de diversité biologique
aux niveaux mondial, régional et national, à titre de contribution
à l'atténuation de la pauvreté et au profit de toutes
les formes de vie sur la planète ". Le Plan d'application
de Johannesbourg a réaffirmé cet objectif. Le Sommet mondial
pour le développement durable a défini, d'une façon
plus précise, la création d'un réseau représentatif
d'aires protégées marines d'ici 2012, confirmant ainsi le
rôle essentiel que jouent les aires protégées dans
la réalisation de l'objectif de 2010 et leur contribution au développement
durable.
Dans le plan d'application
du SMDD, il est dit que la diversité biologique joue "un rôle
crucial dans le développement durable en général
et l'éradication de la pauvreté" et que la diversité
biologique "s'appauvrit à un rythme sans précédent
sous l'effet de l'activité humaine". Les réseaux d'aires
protégées devraient assurer le maintien des services importants
fournis par les écosystèmes.
La diversité biologique
n'est cependant pas répartie équitablement sur tout le globe.
En conséquence, un réseau efficace d'aires protégées
créé dans le but de réduire le taux d'érosion
de la diversité biologique, devrait s'appuyer sur une bonne connaissance
de la distribution des espèces, des habitats et des écosystèmes,
à toutes les échelles, et il serait bon d'utiliser des instruments
de planification systématique de la conservation et d'appui à
la décision pour déterminer les objectifs de protection,
à la lumière de cette connaissance.
La base de données mondiale
sur les aires protégées représente un outil crucial
afin de mesurer les résultats des efforts consentis par les gouvernements
et par la société civile pour construire des réseaux
complets d'aires protégées. Cette base est gérée
par le Centre mondial de suivi de la conservation (WCMC) du PNUE, avec
l'aide et le soutien du groupe d'institutions qui tient la base de données,
qui comprend des membres d'ONG internationales de conservation et d'autres
organismes concernés. Une décision prise en 2003 par le
Conseil exécutif du PNUE, mise en uvre par l'intermédiaire
d'un mémorandum d'accord conclu entre l'UICN et le PNUE lors du
Congrès mondial des parcs et entériné par le groupe
d'institutions, reconnaît l'importance de cette base de données.
De nombreux accords multilatéraux
sur l'environnement, notamment la Convention sur la diversité biologique,
la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant
à la faune sauvage, la Convention sur le commerce international
des espèces menacées de faune et de flore sauvage, la Convention
du patrimoine mondial, la Convention sur les zones humides d'importance
internationale, de même que de nombreux accords régionaux,
reconnaissent l'importance de la protection de la diversité biologique,
qui doit être une priorité pour toutes les nations.
Compte tenu de ce qui précède,
les participants à l'atelier consacré à l'établissement
de réseaux d'aires protégés complets, ont conclu
que les nations doivent considérer les objectifs basés sur
la biodiversité comme un moyen d'obtenir une couverture et une
représentation maximales de la diversité biologique et,
en particulier, de ses éléments menacés, dans leurs
réseaux d'aires protégées.
Pour que les aires protégées
remplissent leur objectif de conservation de la diversité biologique
et de développement économique, elles doivent recevoir un
appui financier adéquat. Il faut cependant noter que de nombreux
pays parmi ceux qui sont dotés d'un niveau élevé
de diversité biologique, n'ont pas de moyens financiers suffisants
et sont contraints par l'impératif de réduction de la pauvreté.
En conséquence, ils ne peuvent créer et/ou gérer
d'une façon performante un réseau complet et efficace d'aires
protégées, même lorsqu'il y va de l'intérêt
national ou mondial.
1. PRIENT INSTAMMENT les
gouvernements, les organisations non gouvernementales et les communautés
locales d'assurer, dans des réseaux complets d'aires protégées
englobant toutes les régions écologiques du monde, avant
2012, une représentation et une couverture maximales de la diversité
biologique, en s'intéressant tout particulièrement aux
écosystèmes menacés ou dépourvus de protection
et aux espèces pouvant être considérées,
selon les critères de l'UICN, comme menacées d'extinction
sur le plan mondial. Ceci nécessite:
a. Une conservation effective
in situ de toutes les espèces menacées sur le plan mondial,
avec les objectifs immédiats suivants:
i. toutes les espèces
en danger et en danger critique à l'échelle mondiale
dont l'aire de répartition est limitée à un
seul site devraient faire l'objet d'une conservation effective in
situ avant 2006;
ii. toutes les autres espèces en danger et en danger critique
à l'échelle mondiale devraient faire l'objet d'une
conservation effective in situ avant 2008;
iii. toutes les autres espèces menacées sur le plan
mondial devraient faire l'objet d'une conservation effective in
situ avant 2010;
iv. les sites hébergeant, à l'échelle internationale,
des populations importantes d'espèces se concentrant sur
des sites et/ou ayant une aire de répartition restreinte
devraient faire l'objet d'une conservation effective avant 2010;
b. Des représentations
viables de chaque écosystème terrestre, marin et d'eau
douce devraient être effectivement conservées à
l'intérieur d'aires protégées, avec les objectifs
immédiats suivants:
i. établissement
d'un cadre commun de classification et d'évaluation du statut
des écosystèmes avant 2006;
ii. établissement d'objectifs quantifiés pour chaque
type d'écosystème avant 2008;
iii. conservation de représentations viables de chaque écosystème
menacé ou insuffisamment protégé avant 2010;
iv. identification et gestion de l'évolution de la diversité
biologique et de processus écologiques importants ayant une
incidence sur la diversité biologique à l'intérieur
et autour des aires protégées;
c. Mise en uvre d'outils
de planification systématique de la conservation basés
sur des informations relatives aux espèces, aux habitats et
aux processus écologiques, afin de définir les lacunes
du réseau existant et de contribuer au choix de nouvelles aires
protégées sur le plan national;
d. L'aménagement
régional des paysages terrestres et marins devrait tenir compte
de cartes locales et incorporer des mécanismes de zonage et
de planification de la gestion, afin de concevoir un réseau
complet d'aires protégées et d'améliorer la qualité
d'un réseau conservant les espèces migratrices et à
aire de répartition étendue et pérennisant les
services fournis par les écosystèmes;
e. Établissement,
avant 2006, de réseaux d'aires protégées couvrant
d'une façon adaptée tous les grands écosystèmes
intacts qui hébergent des ensembles importants d'espèces
et/ou fournissent des services et des processus liés aux écosystèmes;
f. Améliorer la
couverture des écosystèmes d'eau douce dans le cadre
des aires protégées, tel que proposé par la Recommandation
VIII/2 de la Convention sur la diversité biologique, qui appelle
à "établir et maintenir de vastes réseaux,
adaptés et représentatifs, d'écosystèmes
d'eaux intérieures protégées, dans le cadre de
la gestion intégrée de bassins hydrographiques",
avant 2012;
g. Créer un réseau
représentatif d'aires marines protégées avant
2012, tel qu'énoncé dans le Plan d'application du Sommet
pour le développement durable.
2. PRIENT INSTAMMENT les
Parties à la CDB de rendre possible la réalisation de
ces objectifs en adoptant un programme de travail fort et d'examiner,
lors de la COP 7, des mécanismes juridiques susceptibles d'assurer
l'établissement d'un réseau représentatif mondial
d'aires protégées. Ils les prient également d'établir,
à l'appui de ce programme de travail, un mécanisme effectif
afin de mesurer les progrès réalisés dans la mise
en uvre de ces objectifs et de veiller à la mise en place
d'un financement adapté pour ce réseau, conformément
aux articles 20 et 8(m) de la Convention;
3. APPELLENT les gouvernements,
les autorités locales, les donateurs et les organismes d'aide
au développement, le secteur privé et d'autres acteurs
concernés à apporter un appui financier au développement
stratégique du réseau mondial d'aires protégées,
ainsi qu'à une gestion efficace de celles déjà
existantes, tout en prenant des mesures adaptées pour indemniser
des coûts d'opportunité selon qu'il convient;
4. PRIENT INSTAMMENT
le secteur privé d'adopter des pratiques optimales afin de ne
pas compromettre ou porter atteinte à la réalisation des
objectifs mentionnés ci-dessus et de contribuer à l'établissement
d'un réseau complet, représentatif, écologiquement
et biologiquement viable, d'aires protégées;
5. ELABORER et mettre
en uvre des plans et des législations novateurs, impliquant
tous les acteurs concernés, afin de préserver la diversité
biologique et les processus écologiques d'une façon efficace
dans le cadre de différents régimes de propriété
foncière, des ressources naturelles et de droits d'utilisation,
ainsi que dans un cadre transfrontalier;
6. VEILLER à
ce que les actions entreprises à l'avenir afin de créer
un réseau complet d'aires protégées prennent dûment
en compte les droits, les aspirations et les intérêts des
populations autochtones, ainsi que leur souhait de respect et de protection
de leurs droits sur leurs terres, territoires et ressources, dans l'intérêt
de leur survie sociale et culturelle;
7. FAIRE CONNAITRE les
avantages socio-économiques et culturels découlant des
aires protégées, afin de renforcer le soutien au développement
de réseaux d'aires protégées;
8. PRIENT INSTAMMENT
les gouvernements d'avoir recours à des instruments internationaux,
telle que la Convention du patrimoine mondial, culturel et naturel,
et la Convention relative aux zones humides d'importance internationale,
pour améliorer la protection accordée aux sites, et d'adopter
des législations nationales leur permettant de s'acquitter des
obligations découlant des traités, en vue de la réalisation
des objectifs mentionnés ci-dessus;
9. ENCOURAGER la désignation
de phénomènes physiques et géographiques, naturels
et culturels, d'importance internationale, au titre de Routes internationales
du patrimoine mondial à grande échelle ; elles serviraient
de cadre à des sites du Patrimoine mondial et à des aires
protégées locales et transfrontières;
10. DEMANDENT au groupe
d'institutions responsables de la tenue et de la gestion de la base
de données mondiales sur les aires protégées de
continuer d'améliorer la qualité des données et
de rendre celles-ci accessibles et publiquement disponibles;
11. PRIENT INSTAMMENT
les Parties à la CDB de demander à tous les gouvernements
de procéder annuellement à une mise à jour des
données transmises à la base de données mondiales
sur les aires protégées.
Les aires protégées
sont clairement reconnues comme des éléments essentiels
pour la réalisation des trois objectifs de la CDB, objectifs qui
à leur tour sont les fondements indispensables à l'avènement
d'un développement réellement durable. Le fait que la Conférence
des Parties ait choisi les aires protégées pour thème
de sa 7e réunion offre donc une occasion importante de prendre
des mesures précises pour mettre en uvre ces buts et objectifs
convenus au plan international et plus précisément, l'objectif
de 2010 établi par la Conférence des Parties.
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Objectif
stratégique 1: La
Convention sur la diversité biologique devrait prendre des mesures
précises pour renforcer le rôle des aires protégées
vis-à-vis de la conservation de la diversité biologique.
Action internationale
Le Congrès appelle les
Parties à la Convention sur la diversité biologique à
prendre en considération les actions énoncées ci-dessous,
afin de contribuer à la réalisation de l'objectif adopté
par la Conférence des Parties et réaffirmé par le
Sommet mondial pour le développement durable, consistant à
assurer, d'ici 2010, une forte réduction de la perte de la diversité
biologique:
- Etablir un réseau
mondial d'aires protégées représentatif et géré
d'une façon adaptée.
- Assurer une participation effective des peuples autochtones et mobiles,
ainsi que des communautés locales, dans l'établissement
et la gestion d'aires protégées; mettre en place des mécanismes
leur assurant un partage des avantages découlant de ces aires.
- Mettre en uvre, avant 2005, un programme fort, complet et viable
de renforcement des capacités comprenant un mécanisme
de soutien à sa mise en uvre.
- Fournir de nouvelles ressources financières et techniques aux
pays en développement et accroître celles en place, en
vue de la réalisation de l'objectif de 2010 tel que défini
par le Sommet de Johannesbourg. Il convient de noter que le Congrès
a défini des besoins complémentaires s'élevant
à 25 milliards de dollars par an afin d'établir et de
gérer un réseau mondial efficace d'aires protégées.
- Demander au FEM de s'engager à accroître sensiblement
le financement consacré aux aires protégées lors
de sa reconstitution prochaine.
- Reconnaître la diversité des méthodes de gouvernance
des aires protégées (aires gérées par les
communautés, autochtones, privées
) et encourager
les Parties à soutenir cette diversité.
- Prendre en considération des principes de gouvernance tels
que l'Etat de droit, les processus décisionnels participatifs,
les mécanismes redditionnels, les institutions et procédures
de règlement des différends.
- Définir et mettre en uvre des réformes politiques
afin de mettre en place un environnement favorable à une meilleure
gestion des réseaux d'aires protégées et à
l'utilisation durable des ressources biologiques dans les paysages terrestres
et marins voisins.
- Encourager des synergies entre la CDB et d'autres accords et processus
(Convention du patrimoine mondial, Convention sur le commerce international
des espèces menacées de faune et de flore sauvage (CITES),
Convention de Ramsar sur les zones humides d'importance internationale,
Convention sur les espèces migratrices), ainsi qu'avec des initiatives
régionales.
- Prendre en considération le système de catégories
d'aires protégées de l'UICN comme un langage commun facilitant
les évaluations et les rapports sur la gestion des aires protégées
(y compris sur l'objectif du millénaire concernant la durabilité
environnementale) et comme une base permettant d'élaborer des
normes et des indicateurs.
- Demander, avant 2008, l'incorporation d'informations sur l'efficacité
de la gestion dans les rapports nationaux, et prier le Secrétariat
de diffuser ces informations.
- Mettre en place, avant 2010, des mécanismes d'évaluation
de l'efficacité de la gestion dans 10% des aires protégées.
- Encourager les Parties à fournir chaque année et en
temps voulu des données complètes et précises sur
leurs aires protégées dans le cadre de la base de données
mondiale sur les aires protégées.
- Prendre des mesures en vue de l'établissement d'aires protégées
marines hors juridiction nationale, par exemple en Antarctique.
En conséquence, le Congrès
appelle la Conférence des Parties à:
- Adopter un plan de travail
rigoureux pour les aires protégées, répondant aux
besoins définis lors du présent Congrès, au titre
de contribution à la réalisation de l'objectif de 2010;
- Mettre en place des moyens effectifs de suivi et d'évaluation
de la mise en uvre du programme de travail;
" Réaffirmer leur engagement politique fort vis-à-vis
de la mise en uvre du programme de travail;
- S'il était constaté lors de l'évaluation que
le programme de travail n'est pas adapté, envisager l'adoption
de mesures plus strictes, afin d'assurer une contribution optimale des
aires protégées à la réalisation de l'objectif
de 2010.
Action régionale
- Des plans d'action régionaux
seront élaborés pour appliquer le programme de travail
de la CDB proposé ci-dessus afin de garantir une couverture représentative
et la gestion des aires protégées de chaque continent,
y compris des aires protégées transfrontières dans
le cadre d'efforts de coopération et des corridors biologiques
tels que le Corridor biologique méso-américain.
- Des réseaux d'aires protégées seront insérés
dans le cadre de programmes de gestion intégrée de bassins
fluviaux partagés entre plusieurs Etats.
- Des listes de sites potentiels du Patrimoine mondial seront élaborées
sur la base d'une concertation régionale.
- Coordination avec des accords environnementaux régionaux (par
exemple la Convention africaine sur la conservation de la nature et
des ressources naturelles).
- Création de réseaux afin d'encourager des initiatives
de conservation transfrontières.
Action nationale et locale
- Chaque Partie à
la CDB et d'autres nations prendront des mesures pour mettre en uvre
le programme de travail de la CDB et assurer le suivi des progrès
concernant la réalisation des buts et objectifs.
- Les plans nationaux et locaux pour la biodiversité devraient
tenir compte de la contribution des aires protégées à
la réalisation des trois objectifs de la CDB et inclure des objectifs
de mesure des progrès.
- Des actions et des moyens locaux susceptibles d'améliorer et
d'accroître la diversité biologique seront définis.
Action menée par
les autorités responsables des aires protégées
- Les autorités responsables
des aires protégées devraient appliquer les mesures convenues
dans le programme de travail de la CDB et échanger leur expérience
à cet égard.
Action spécifique
encouragée par l'UICN concernant la conservation de la diversité
biologique
Action: I'UICN apportera
son appui et ses avis à la Convention sur la diversité biologique,
y compris à sa Conférence des Parties, à l'Organe
subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques
et technologiques (SBSTTA) et au Secrétariat de la Convention en
ce qui concerne l'application de l'article 8 de la CDB ainsi que l'élaboration
et l'application d'un programme de travail dans le cadre de la Convention.
Responsable: Secrétariat de l'UICN pour la CDB.
Action: l'expertise
de l'UICN sera utilisée pour l'élaboration et la fourniture
d'orientations sur la couverture, l'établissement, la gestion des
aires protégées et le suivi des progrès. // Responsable:
Programme pour les aires protégées du Secrétariat
et CSE.
Action: l'UICN apportera
son appui aux Parties pour la mise en uvre d'un programme de travail
dans le cadre de la CDB. // Responsables: Bureaux régionaux
de l'UICN et Régions CMAP.
Action: I'UICN apportera
son appui à l'établissement d'une initiative mondiale relative
aux aires protégées transfrontières. // Responsables
: Secrétariat du Programme pour les aires protégées;
groupe de travail de la CMAP sur les aires protégées transfrontières.
Action: l'UICN apportera
son appui technique au Comité du patrimoine mondial et au Centre
du patrimoine mondial de l'UNESCO afin de compléter les connaissances
en matière de sites potentiels à inscrire sur la Liste du
patrimoine mondial. // Responsable : Programme de l'UICN pour
le Patrimoine mondial et CMAP.
Action: l'UICN apportera
ses compétences en vue de l'élaboration de mécanismes
et de lignes directrices améliorées pour un suivi réactif
des sites du Patrimoine mondial et pour l'inscription de sites en péril
sur la Liste du patrimoine mondial. // Responsables : Programme
de l'UICN pour le Patrimoine mondial, CMAP, Bureaux régionaux et
nationaux de l'UICN, Commission de l'UICN.
Action: la Commission
mondiale des aires protégées de l'UICN établira un
groupe de travail sur la planification de la conservation, afin de fournir
des orientations aux pays en vue de la réalisation des objectifs
mentionnés dans cette recommandation.
Action: l'UICN contribuera
au renforcement d'institutions locales et régionales en vue d'une
meilleure compréhension, connaissance et application des instruments
et protocoles internationaux.
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Objectif
stratégique 2: Toutes
les Parties à la Convention du patrimoine mondial prendront des
mesures spécifiques afin d'améliorer la contribution des
sites du atrimoine mondial à la conservation de la diversité
biologique
La Convention du patrimoine
mondial protège le patrimoine naturel et culturel d'une valeur
universelle exceptionnelle (les "joyaux de la couronne"). Elle
compte 149 sites du patrimoine naturel, 582 du patrimoine culturel et
23 sites mixtes.
Cependant, afin de réaliser
tout son potentiel et d'atteindre une couverture maximale, il faut identifier
et désigner les sites potentiels non encore protégés,
y compris ceux qui font l'objet de litiges juridictionnels entre des Etats;
améliorer les capacités et la qualité de la gestion,
notamment pour les sites en péril et les sites potentiels; affecter
des ressources à titre prioritaire; élargir le soutien à
la Convention et interdire, sur les sites, la prospection et l'exploitation
minière, pétrolière et du gaz.
Action internationale
En 2004, le Comité du
patrimoine mondial devrait accorder la priorité aux objectifs suivants
:
- Compléter les connaissances
relatives aux sites restants susceptibles d'être inscrits sur
la Liste du patrimoine mondial, y compris les biomes terrestres, marins
et d'eau douce d'une valeur universelle exceptionnelle.
- Evaluer les besoins en coûts récurrents des sites du
patrimoine mondial naturels et mixtes.
- Renforcer la coopération internationale afin de permettre aux
pays en développement d'avoir accès aux ressources financières
et techniques nécessaires pour désigner et gérer
d'une façon efficace leurs sites naturels et mixtes; renforcer
les capacités et les institutions.
- Améliorer les synergies sur le plan international, régional,
national et local, ainsi que la cooordination avec d'autres conventions
internationales portant sur les aires protégées et la
diversité biologique, notamment la Convention sur la diversité
biologique et la Convention de Ramsar sur les zones humides d'importance
internationale. Il faudrait s'intéresser particulièrement
aux ressources et au soutien technique.
- Mise en place de mécanismes et de lignes directrices améliorés
pour l'inscription de sites en péril sur la Liste du patrimoine
mondial et pour le suivi réactif des sites en péril déjà
inscrits.
- Elaboration d'une stratégie mondiale de formation pour les
gestionnaires de sites du patrimoine mondial.
" Evaluation complète des sites susceptibles d'être
inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
- Encourager la désignation de phénomènes physiques
et géographiques, naturels et culturels, d'importance internationale,
au titre de Routes internationales du patrimoine mondial à grande
échelle ; elles serviraient de cadre à des sites du patrimoine
mondial et à des aires protégées locales et transfrontières.
Action nationale et locale
- Elaboration de législations
et de politiques nationales spécifiques pour la protection du
patrimoine mondial.
- Education et sensibilisation sur le patrimoine mondial.
Action menée par
les autorités responsables des aires protégées
- Les gestionnaires de sites
du patrimoine mondial devraient rechercher les compétences et
moyens nécessaires afin d'assurer une gestion efficace.
- Etablissement de partenariats entre le secteur public, le secteur
privé et les collectivités au profit des communautés
locales.
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Résultat
2: Assurer une contribution essentielle des aires protégées
au développement durable.
Il faut obtenir une reconnaissance
beaucoup plus large de la place des aires protégées parmi
les éléments essentiels des programmes environnementaux,
économiques et sociaux plus généraux qui ont été
adoptés au Sommet de la Terre de Rio, en 1992 et explicités
au Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg,
en 2002. La question de l'allégement de la pauvreté se pose,
sans doute, avec le plus d'acuité, en particulier parce que de
nombreuses aires protégées des pays en développement
coexistent avec des communautés rurales pauvres qui ont le moins
accès à la santé, à l'éducation et
à d'autres services. L'amélioration du bien-être,
matériel et immatériel, doit progresser parallèlement
à la protection efficace, au moyen de mesures qui conviennent le
mieux aux situations régionales et locales particulières.
En élargissant l'échelle de l'action du niveau local aux
niveaux régional et national, il est possible de réduire
la pauvreté et d'offrir de plus grands avantages sociaux pour un
moindre coût.
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Objectif
stratégique 3: Mesures
prises dans les aires protégées en vue d'alléger
la pauvreté et, en tout état de cause, de ne pas l'aggraver.
Action internationale
- L'action internationale
devrait être axée sur la réalisation intégrale
des objectifs de développement du millénaire et des résultats
du Sommet mondial pour le développement durable, en particulier
des objectifs alliant l'allégement de la pauvreté à
la réduction de la perte de la diversité biologique.
- Il faudrait reconnaître formellement le rôle formateur
que jouent les aires protégées dans les dimensions sociales,
économiques et environnementales du développement durable
et encourager, en jouant un rôle moteur et par un appui financier,
des approches intégrées, et se renforçant mutuellement,
des trois dimensions. En particulier, le rôle que jouent les aires
protégées dans la gestion des bassins versants, la restauration
des terres forestières, la fourniture d'eau potable salubre et
la gestion intégrée des ressources marines depuis les
zones côtières jusqu'à la haute mer, devrait être
mieux reconnu.
- Élaborer des moyens de définir les avantages économiques
des aires protégées pour contribuer au développement
durable.
- Assurer, par l'intermédiaire des mécanismes de réalisation
des objectifs de développement du millénaire, la mise
en place d'un cadre solide permettant la gestion intégrée
de toutes les aires importantes sur le plan biologique avec des processus
de développement à tous les niveaux, mais plus particulièrement
à travers les groupes de travail du Projet du millénaire
des Nations Unies.
- Soutenir l'initiative environnementale du NEPAD, à travers
la mise en uvre du consensus de Durban sur les aires protégées
africaines pour le nouveau millénaire.
- Explorer des moyens permettant d'établir des synergies entre
les aires protégées et les plans de gestion intégrée
des ressources en eau prescrits par le Sommet mondial pour le développement
durable.
Action nationale et locale
- Tous les pays, dans leurs
cadres national et local de planification et leurs programmes d'action,
élaboreront des plans pour les aires protégées
afin d'aider à alléger la pauvreté en changeant
les modes de production et de consommation pour qu'ils deviennent plus
durables et en utilisant les aires protégées comme des
lieux de protection et de gestion des ressources naturelles pour le
développement économique et social. Des mesures devraient,
en particulier, porter sur le rôle des aires protégées
vis-à-vis de la fourniture, écologiquement durable et
d'un bon rapport coût-efficacité, d'eau potable salubre.
Ces mesures pourraient comprendre une mise en place de systèmes
de paiement pour des services environnementaux tels que l'eau ou la
nourriture.
- Tous les pays élaboreront des instruments économiques
pour faire en sorte que les aires protégées fournissent
des avantages pour le développement durable.
- Tous les pays introduiront des méthodes reconnaissant la valeur
totale des aires protégées pour l'activité économique,
le bien-être social et les biens et services de l'environnement.
- En raison de leur contribution très importante, les mécanismes
liés aux stratégies de réduction de la pauvreté
devraient inclure systématiquement une composante d'aménagement
de réseaux d'aires protégées représentatives
sur le plan écologique.
- Toute réimplantation de peuples autochtones et de communautés
locales, ainsi que la sédentarisation de peuples autochtones
nomades, devraient être strictement bannies en l'absence d'unconsentement
préalable, en connaissance de cause, des populations concernées.
- Les gouvernements devraient collaborer avec les entreprises, les organismes
chargés des aires protégées et le secteur bénévole
afin d'élaborer des approches intersectorielles du développement
durable où les aires protégées seraient des éléments
essentiels des programmes régionaux et nationaux de développement
durable.
- Les gouvernements devraient adopter des approches multisectorielles
afin d'améliorer les capacités et les ressources des gestionnaires
des aires protégées (qu'elles soient nationales, communautaires,
autochtones ou privées), afin de contribuer à l'allégement
de la pauvreté et au développement des communautés,
ces objectifs devant à leur tour être conçus en
complémentarité à la conservation de la diversité
biologique et non dans une démarche de conflit potentiel sur
l'utilisation des ressources.
- Tous les pays touchés par la pandémie du VIH/SIDA devraient
reconnaître qu'elle accélère l'utilisation non durable
des ressources naturelles et encourager des solutions alternatives,
y compris la mise en place d'entreprises utilisant les ressources naturelles
d'une façon durable et permettant de créer des moyens
de subsistance pour les communautés.
- Les pays devraient éviter de prendre des mesures de conservation
aggravant l'appauvrissement, y compris l'appauvrissement culturel.
Action menée par
les autorités responsables des aires protégées
- Élaborer des stratégies
et des actions sur le rôle des aires protégées du
point de vue de l'atténuation des catastrophes telles que les
inondations, la sécheresse, la pollution marine et des cours
d'eau, de la création d'emplois et de revenu au niveau local,
de l'utilisation durable des ressources renouvelables; et autonomiser
les communautés locales par une participation active.
- Réviser toutes les politiques, notamment les politiques foncières,
financières, institutionnelles et d'investissement du secteur
privé, qui entravent le développement durable ou qui pourraient
être adoptées pour l'encourager. Cela comprendra une étude
des systèmes et procédures juridiques de classification
des aires protégées.
Action spécifique
pilotée par l'UICN concernant le développement durable
Action: élaborer
et diffuser les meilleures pratiques sur le rôle des aires protégées
pour réduire le coût de l'allégement de la pauvreté,
notamment pour la gestion des ressources d'eau et des conflits homme-nature.
// Responsables: Thèmes Commnautés autochtones et
locales, Équité et aires protégées CMAP/CPEES
et Thème Moyens d'existence durables, de la CPEES.
Action: élaborer des programmes sur la contribution des
aires protégées à l'allégement de la pauvreté
par la prévention de catastrophes telles que les inondations et
les sécheresses; la promotion de formes de tourisme écologiquement
durable avec la participation des communautés du voisinage; et
l'utilisation des sources d'énergie naturelle. // Responsables:
Thème Équité et populations de la CMAP, Thèmes
Environnement et sécurité et Moyens d'existence durables
de la CPEES.
Action: élaborer et promouvoir des lignes directrices sur
la Catégorie de gestion VI des aires protégées de
l'UICN pour compléter celles qui viennent d'être terminées
pour la Catégorie V. // Responsable: nouveau Groupe d'étude
sur la Catégorie VI de la CMAP.
Action: utiliser les aires protégées pour démontrer
les possibilités de production et de consommation plus durables,
par les moyens suivants:
- identifier les limites
naturelles des systèmes et leur capacité de charge pour
différentes activités à l'intérieur et à
l'extérieur des aires protégées par l'utilisation
de connaissances scientifiques et traditionnelles;
- élaborer des méthodologies pour internaliser les coûts
de production et de consommation et mesurer les résultats; et
- intégrer la politique et l'action en appui aux changements
d'attitude.
// Responsable: Secrétariat
de l'UICN.
Action: protéger
et gérer la base de ressources naturelles pour le développement
économique et social, par les moyens suivants:
- concevoir la gestion des
ressources aux échelles appropriées et inclure des espaces
situés au-delà des limites des aires protégées;
- introduire des méthodes qui reconnaissent la valeur totale
des aires protégées pour la société;
- utiliser les connaissances, notamment traditionnelles, pour l'utilisation
durable et la gestion des ressources naturelles. Des actions spécifiques
devraient porter sur l'agriculture, la foresterie, la pêche, le
tourisme et les ressources minières non renouvelables;
- élaborer des programmes de réduction de la perte de
biodiversité aux objectifs clairs;
- concevoir des mesures pour contribuer à la réduction
du réchauffement planétaire;
- améliorer les connaissances scientifiques sur la gestion des
ressources et élaborer des mesures d'évaluation des risques,
comprenant l'application du principe de précaution;
- élaborer et mettre en uvre des programmes et mobiliser
des ressources afin de traiter les conflits entre l'homme et la nature.
// Responsable: Secrétariat
de l'UICN
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Résultat
3: Un réseau mondial d'aires protégées intégrées
aux paysages terrestres et marins environnants
La protection de la diversité
biologique ne peut être assurée au moyen d'aires protégées
isolées. Nombre d'cosystèmes et d'espèces concernés
cohabitent avec des activités humaines, dans des environnements
partiellement transformés qui ne bénéficient pas
d'une protection formelle à l'heure actuelle. Certains de ces systèmes
chevauchent des frontières et sont soumis à des régimes
juridiques et de gouvernance différents.
Le nombre d'aires protégées
a augmenté dans le monde entier: elles couvrent plus de 12% des
terres, mais seulement moins de 1% des mers. C'est un progrès considérable
à mettre à l'actif des gouvernements du monde entier. De
nouvelles initiatives ont été lancées au niveau mondial,
dans le contexte de la Convention sur la diversité biologique,
la Convention de Ramsar, la Convention sur les espèces migratrices
appartenant à la faune sauvage et la Convention du patrimoine mondial;
et au niveau régional, par des conventions et programmes d'action
particuliers mais aussi à l'échelle nationale, dans de nombreux
pays. Il reste cependant de nombreuses lacunes dans le réseau et
beaucoup d'espèces et écosystèmes vitaux sont encore
mal représentés. Trop d'aires protégées ne
disposent ni de l'assise juridique ni de l'appui politique nécessaires
ou ne sont pas efficacement gérées. Les écosystèmes
marins devraient bénéficier d'une attention prioritaire.
Le besoin d'étendre la couverture d'aires protégées
marines dans des eaux juridictionnelles et non-juridictionnelles a été
souligné lors de ce Congrès, avec plus de force que jamais
auparavant. Le fait que moins de 0,5% des océans soient protégés
est pour beaucoup de participants un témoignage accusateur de notre
manque d'intérêt pour les océans. Plus particulièrement,
l'appel à la création d'aires protégées marines
est renforcé par l'effondrement de la pêche partout dans
le monde et par les modifications environnementales qui en découlent,
dont des perturbations des structures et des fonctions des écosystèmes.
En outre, les changements climatiques mondiaux et leurs effets pourraient
modifier le caractère écologique et remettre en question
l'efficacité de certaines aires protégées: il faudra
donc prendre des mesures de gestion adaptées, créer des
aires supplémentaires et des aires de substitution et mettre en
place des moyens de transfert et de translocation. Un réseau représentant
tous les écosystèmes du monde est proposé comme objectif
stratégique, sachant que la protection au niveau de l'écosystème
est essentielle pour préserver les éléments individuels
des écosystèmes: les espèces qui en dépendent,
les habitats et les paysages. Une démarche systématique
axée sur des connaissances scientifiques devrait être mise
en place afin de définir les unités spatiales (socio-écosystèmes,
régions écologiques et biogéographiques) et de tenir
compte de facteurs importants, notamment la rareté qualitative
et quantitative, la vulnérabilité et les menaces.
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Objectif
stratégique 4: Compléter
d'ici 2010, un réseau mondial d'aires protégées représentant
tous les écosystèmes de la planète
Autrefois, on considérait
trop souvent les aires protégées comme des "îlots
de protection" tandis que le territoire environnant était
vu comme un "océan de désolation". Il ne manque
pas d'exemples d'aires protégées coupées de leur
environnement, de l'aménagement du territoire et des activités
économiques qui se déroulent dans les terres et les mers
environnantes. Or, les espèces, les matières nutritives
et autres flux environnementaux se déplacent et ne s'arrêtent
pas à ces limites. Il faut adopter de nouveaux concepts pour relier
les aires protégées, qui sont des éléments
fonctionnels naturels d'écosystèmes et de paysages terrestres
et marins plus vastes: il devient impératif d'agir à l'échelle
du paysage en appliquant des ensembles de mesures pertinentes, en dehors
des aires protégées, et en créant des réseaux
et corridors écologiques. Pour étendre la conservation au-delà
des frontières, il faut passer de la notion de réseau à
une notion axée tant sur la base territoriale (culturelle et naturelle)
que sur les aires protégées; toutes deux doivent être
intégrées, notamment par une prise en compte plus généralisée
des politiques de l'environnement. Ces méthodes sont appliquées
avec succès à l'échelle régionale et nationale,
dans le monde entier : les autorités et autres acteurs peuvent
prendre ces exemples pour modèles de bonne pratique pour établir
de nouveaux liens ou améliorer les liens existants.
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Objectif
stratégique 5: Relier
toutes les aires protégées au sein de systèmes écologiques/environnementaux
plus vastes, sur terre et en mer, à l'horizon 2015
Action internationale
- Appliquer, lors de la conception
de réseaux d'aires protégées, une démarche
intégrée tenant compte de l'ensemble des possibilités
de conservation des espèces in situ et des habitats à
toutes les échelles; encourageant autant que possible l'établissement
de liens entre les aires protégées terrestres, côtières
et marines et reconnaissant l'importance de la participation de tous
les acteurs afin de réaliser ces objectifs.
- Action intergouvernementale sur tous les continents et tous les océans,
en vue d'établir des aires protégées dans les régions
dotées de la plus riche biodiversité, en mettant l'accent
sur les espèces et les habitats mal représentés
et confrontés aux plus graves menaces (en tenant compte de leur
caractère irremplaçable et de leur vulnérabilité)
et sur l'importance des fonctions écosystémiques qu'ils
remplissent. Il conviendrait d'utiliser les accords, traités
et conventions intergouvernementaux, ainsi que d'autres instruments
transfrontières internationaux, par exemple le Patrimoine mondial,
le Mandat de Jakarta de la CDB, des éléments pertinents
de la Convention sur le droit de la mer, UN-FSA, et d'établir
des liens entre eux. Les écosystèmes qui retiendront vraisemblablement
le plus d'attention sont les eaux douces, les prairies, les mers régionales,
la haute mer et les régions polaires; les groupes d'espèces
qui nécessiteront une attention particulière sont les
plantes (y compris les plantes inférieures, les lichens et les
champignons) et les poissons (y compris les requins).
- Créer de nouvelles aires protégées transfrontières
pour les communautés séparées par des frontières
nationales et améliorer celles déjà existantes;
ceci comprend des corridors reliant des peuples autochtones mobiles
et permettant ainsi leurs migrations traditionnelles au-delà
des frontières.
- Mettre en place, à titre prioritaire, un mécanisme de
gestion intégré, concerté et cohérent pour
la haute mer, y compris pour ses aires protégées, comportant
une coopération entre les organisations régionales de
gestion des ressources naturelles, en parallèle avec des initiatives
complémentaires portant sur les eaux côtières et
les ZEE.
- Une évaluation complète des sites susceptibles d'être
inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
- Une évaluation des effets des changements climatiques sur les
aires protégées est nécessaire aux niveaux mondial,
régional et national pour déterminer l'emplacement approprié
et l'échelle pertinente des aires protégées, dans
un monde devenu plus chaud.
- Des mesures sont nécessaires aux niveaux mondial, régional,
national et local afin de traiter les conflits découlant de l'intrusion
d'animaux dans des zones peuplées avoisinant des aires protégées.
- Des mécanismes de gestion spécifiques, limités
et concertés devraient être définis, à titre
prioritaire, pour la haute mer (y compris pour ses aires protégées),
au moyen d'une coopération internationale entre des organisations
régionales de gestion des ressources naturelles, en parallèle
avec des initiatives complémentaires portant sur les eaux côtières.
- La gestion des aires protégées devrait être intégrée
dans des plans de développement plus vastes; les préoccupations
des populations humaines devraient également être prises
en compte pour la planification et la gestion des aires protégées.
Action régionale
- Les autorités chargées
de l'application des conventions et protocoles régionaux doivent
convenir d'établir des réseaux représentatifs d'aires
protégées dans leurs juridictions respectives d'ici 2010.
Cette action devrait être axée sur les régions biogéographiques.
- Les pays qui ne sont pas couverts par des conventions régionales
et où de telles conventions pourraient servir de cadre à
la coopération internationale pour l'environnement devraient
envisager d'établir officiellement de nouveaux protocoles. La
priorité devrait être donnée à la coopération
transfrontière dans les mers régionales, les bassins,
les chaînes de montagnes et les bassins internationaux.
- Au niveau intergouvernemental, il serait bon d'élaborer des
stratégies et actions en vue d'établir des liens par-delà
les frontières nationales, de relier les aires protégées
aux terres et aux mers environnantes et de créer des réseaux
de sites utilisés par les espèces migratrices. L'accent
devrait porter sur les grands systèmes naturels tels que les
bassins hydrographiques et les corridors, sur les chaînes de montagnes,
les ZEE, les mers épicontinentales, la haute mer et les régions
polaires, ainsi que sur les grands migrateurs, lorsque la seule création
d'aires protégées ne suffit pas.
- Les gouvernements sur le territoire desquels se trouvent des aires
protégées transfrontières terrestres ou marines
devraient, en priorité, relier les aires protégées
par-delà les frontières internationales et subnationales,
afin d'atteindre des objectifs complémentaires et de prendre
des mesures de gestion communes.
- Etablir des instances et des mécanismes de soutien afin d'échanger
des enseignements et de renforcer des compétences en matière
de traitement des conflits entre l'homme et la vie sauvage, en gérant
ces enjeux à une échelle plus vaste.
- Promouvoir des mesures d'intégration régionale susceptibles
d'encourager l'harmonisation des politiques et des législations
relatives à la gestion des aires protégées.
Action nationale et locale
- Encourager l'évaluation
des initiatives de conservation sur le plan national et contribuer à
l'harmonisation et à la concertation entre des types de gouvernance
novateurs et traditionnels, dans le cadre des politiques de conservation
nationales et régionales dans leur ensemble.
- Les autorités nationales, avec la participation d'autres acteurs,
notamment les communautés locales et autochtones touchées
ou concernées, devraient procéder, sur le plan national,
à des examens des initiatives de conservation, y compris des
mécanismes de gouvernance novateurs, traditionnels et coutumiers;
elles devraient définir des modalités d'harmonisation
et les intégrer au sein d'un ensemble plus adaptable et viable.
- Toute autorité compétente aux niveaux national et sous-national
devrait élaborer un plan global pour ses aires protégées,
dans un cadre fondé sur les régions biogéographiques
et en consultation avec tous les groupes d'intérêt pertinents.
Dans ces régions, il conviendrait d'éliminer les lacunes
(y compris concernant les "points chauds" de la biodiversité
et les régions biogéographiques insuffisamment représentées)
dans le réseau représentatif d'aires protégées
avant 2010.
- Chaque autorité devrait remettre en état les processus
écologiques dégradés, tant à l'intérieur
des aires protégées que dans les paysages avoisinants,
afin d'assurer la bonne santé écologique des aires protégées.
- Chaque autorité, en consultation avec tous les groupes d'intérêt
pertinents, devrait examiner la possibilité et la nécessité
de modifier les limites des aires protégées, notamment
pour agrandir celles-ci au-delà des limites existantes, pour
tenir compte des liens environnementaux, sociaux, économiques
et culturels.
- Coordination avec les plans nationaux d'adaptation dans le contexte
de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
pour faire en sorte qu'il y ait des plans d'adaptation mis en place
pour les aires protégées.
- Les autorités des aires protégées et des territoires
adjacents, en consultation avec tous les groupes d'intérêt
pertinents, devraient envisager d'appliquer des mesures de zonage à
l'échelle appropriée, à l'intérieur des
aires protégées et sur leurs marges et prendre des mesures
relatives à la connectivité en créant, par exemple,
des réseaux écologiques et sociaux et des corridors, ou
en assurant la continuité de l'alimentation de cours d'eau.
- Adoption d'un cadre politique et d'incitations encourageant la participation
active des communautés locales à la protection de la diversité
biologique.
- Adapter la gestion des aires protégées et des aires
communautaires de conservation aux besoins spécifiques des populations
mobiles selon qu'il convient, y compris pour ce qui est de leurs droits
temporaires ou saisonniers d'utilisation, la préservation de
leurs voies ou corridors de migration et la définition d'objectifs
d'utilisation mobile afin de réaliser des objectifs de conservation.
Action spécifique
pilotée par l'UICN pour compléter le réseau
Action: obtenir un accord
concernant une liste mondiale de subdivisions biogéographiques
dans le but d'évaluer les lacunes dans les réseaux d'aires
protégées, y compris pour le Patrimoine mondial. //
Responsable : Thème Construire le réseau mondial de
la CMAP.
Action: déployer des efforts de collaboration aux plans
international, régional et national, pour examiner la représentation
actuelle, déterminer les lacunes et faire des recommandations aux
autorités concernées. Il est probable qu'une attention spéciale
devra être accordée aux eaux douces, aux prairies, aux mers
régionales, à la haute mer et aux régions polaires,
ainsi qu'à la mise en uvre de la Stratégie mondiale
pour la conservation des plantes. // Responsable: Thème
Construire le réseau mondial de la CMAP.
Action: produire et diffuser des orientations sur les mécanismes
juridiques efficaces pour l'établissement et la gestion des aires
protégées et mettre des services consultatifs à disposition.
// Responsable: CDDE/UICN.
Action: encourager une utilisation intégrale des Catégories
de gestion des aires protégées de l'UICN pour établir
de nouveaux réseaux et améliorer ceux qui existent.
// Responsable: Thème Efficacité de la gestion de la
CMAP.
Action: mettre à jour les orientations de 1994 sur les Catégories
de gestion des aires protégées de l'UICN, élaborer
un programme de renforcement des capacités pour améliorer
la connaissance du réseau et mettre en place un programme de recherche
et de suivi sur les impacts du réseau. // Responsable:
nouveau Groupe d'étude sur les catégories de la CMAP.
Action: fournir une évaluation des effets des principaux
changements mondiaux, y compris climatiques, sur le choix et la gestion
des aires protégées. // Responsable: Programme
PEE de la CMAP.
Action: l'UICN prêtera son appui et mettra à disposition
des connaissances scientifiques en vue de l'établissement d'aires
protégées marines en Antarctique.
Action spécifique
pilotée par l'UICN concernant les liens
Action: saisir toutes
les occasions pour élaborer des programmes sur les liens, sur tous
les continents, en particulier par-delà les frontières internationales,
en établissant des réseaux de différentes catégories
d'aires protégées et des corridors, par exemple le long
des littoraux et en mer depuis le littoral jusqu'à la haute mer,
dans les bassins hydrographiques et dans les chaînes de montagnes.
Veiller à l'incorporation de sites importants pour les voies de
migration de l'Est asiatique et de sources marines ou de zones de transit
importantes. // Responsables: Régions CMAP et Groupe d'étude
proposé sur la gouvernance, CMAP/CPEES/CDDE.
Action: mettre un place un mécanisme ouvert de présentation
de rapports sur la répartition géographique, l'étendue
et le statut des aires protégées marines, avec une large
diffusion des informations, en encourageant la participation et le retour
de l'information au niveau international. // Responsables: CMAP
par l'intermédiaire du groupe d'institutions responsables de la
tenue de la base de données mondiale sur les aires protégées,
et le Centre mondial de suivi de la conservation du PNUE.
Action: rassembler et diffuser de nouvelles compilations des moyens
de relier les aires protégées aux paysages terrestres et
marins environnants. // Responsable: Groupe d'étude conjoint
CMAP/CGE.
Action: tlancer des initiatives sur les aires protégées
transfrontières et les Parcs de la paix sur tous les continents
et océans. // Responsables: Régions CMAP avec l'appui
du Groupe d'étude transfrontière CMAP.
Action: encourager la révision des limites des aires protégées
lorsqu'elles sont un obstacle à la réalisation des objectifs
de conservation de la biodiversité. // Responsable: Régions
CMAP.
Action spécifique
pilotée par l'UICN concernant la classification des aires protégées
Action: établir
de nouveaux protocoles pour la vérification du statut des aires
protégées en fonction des Catégories UICN de gestion
des aires protégées avant de compiler la prochaine Liste
des Nations Unies des aires protégées. Responsable: nouveau
Groupe d'étude de la CMAP.
Action: afin d'affiner
les rapports sur les aires protégées marines, revoir la
définition d'aire protégée marine de l'UICN, notamment
en envisageant l'exclusion de sites côtiers/intertidaux si ces derniers
ne comportent pas d'eaux infralittorales. Ce point devrait être
débattu en vue de l'élaboration d'une présentation
destinée à la prochaine Assemblée générale.
Action: mettre à
jour la base de données sur les aires protégées en
incorporant des sites non-conformes à la nomenclature des catégories
définie par l'UICN (réserves de chasse, réserves
gérées par des communautés
)
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Résultat
4: Qualité améliorée, efficacité et
établissement de rapport sur la gestion des aires protégées
Il ne suffira pas de compléter
le réseau mondial d'aires protégées: cette mesure
devra s'accompagner d'une amélioration de l'état des aires
protégées ainsi que de la capacité de les gérer
efficacement. De grands progrès ont été faits avec
la mise au point du cadre de la CMAP sur l'efficacité de la gestion
et de systèmes associés. Dans certains cas, il faudra élaborer
et appliquer des systèmes de suivi et d'évaluation; dans
d'autres, il faudra que les systèmes soient plus complets, plus
participatifs et moins coûteux et que les résultats de l'utilisation
de ces systèmes soient mis à profit pour modifier les plans
et la gestion. En outre, l'étude et la recherche technique et scientifique
doivent être mises en uvre pour garantir une meilleure connaissance
des tendances des indicateurs écologiques, environnementaux, économiques,
sociaux et culturels permettant de prendre, en connaissance de cause,
des décisions relatives à la gestion. Une attention particulière
doit être accordée aux effets probables des changements climatiques
sur les aires protégées et des plans d'action doivent être
rédigés et appliqués. Il faut reconnaître l'importance
des connaissances autochtones et traditionnelles et appliquer celles-ci
efficacement à la gestion participative. Par ailleurs, il est nécessaire
d'acquérir une meilleure compréhension des moyens de reconnaître
les valeurs culturelles et spirituelles et de les protéger comme
il convient, au même titre que les valeurs naturelles. Les compétences
nécessaires aujourd'hui pour gérer des aires protégées
sont beaucoup plus vastes et plus spécialisées qu'autrefois.
Il faut rédiger de nouveaux protocoles pour évaluer l'efficacité
et la réalité de la gestion en fonction des Catégories
de gestion des aires protégées de l'UICN et mieux reconnaître
les facteurs culturels et spirituels, entre autres, dans la gestion efficace
des aires protégées.
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Objectif
stratégique 6: Faire
en sorte que toutes les aires protégées soient efficacement
gérées d'ici 2015
Action internationale
- Évaluation mondiale,
dans le cadre du processus de la CDB relatif à l'efficacité
de la gestion des aires protégées et des règles
de conformité associées, portant notamment sur les moyens
d'atténuer la perte de diversité biologique, la fragmentation
des habitats, la destruction des paysages, les effets des changements
climatiques, l'introduction des maladies et autres indicateurs clés
de l'état des aires protégées.
-
Les donateurs contribueront à l'augmentation de la capacité
des gestionnaires d'aires protégées d'entreprendre une
évaluation de l'efficacité.
Action nationale
- Les gouvernements nationaux
et les administrations compétentes, en collaboration avec d'autres
acteurs, auront mis en place des systèmes de suivi et d'évaluation
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