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Communiqué

Edition 2002 de l'UICN Red List of Threatened Species (Liste rouge UICN des espèces menacées)

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Diffusion de la dernière mise à jour de l'IUCN Red List of Threatened Species (Liste rouge des espèces menacées), qui constitue la source d'informations faisant le plus autorité dans le monde sur le statut des plantes et des animaux

Le saïga, le chameau d'Asie sauvage et le lynx ibérique deviennent En danger critique d'extinction, deux espèces de cactus sont Eteintes, plusieurs espèces considérées préalablement Eteintes sont redécouvertes.

UICN - Union mondiale pour la nature, Gland, Suisse, 08.10.02. Dans le sillage du Sommet mondial sur le développement durable, alors que l'état de l'environnement est encore présent à l'esprit de la communauté mondiale, l'UICN publie sa dernière version de l'IUCN Red List of Threatened Species, l'un des principaux instruments utilisés pour déterminer le statut de la diversité biologique de la planète.

Un certain nombre de changements importants ont été introduits dans la Liste depuis l'édition précédente de septembre 2000. Plus de 400 nouvelles évaluations d'espèces ont été incluses dont 124 dans l'une des catégories menacées: En danger critique d'extinction (CR), En danger (EN), ou Vulnérable (VU) (voir les définitions). Il y a eu par ailleurs près de 200 réévaluations d'espèces déjà inscrites.

A l'heure actuelle, 11.167 espèces sont menacées, soit une augmentation de 121 depuis l'édition de 2000, avec plusieurs nouvelles inscriptions et des modifications notables de statut.

« Sur la Liste Rouge, toutes les espèces sont traitées de façon équivalente - l’humble campagnol bavarois y côtoie les rhinocéros africains. Elle fournit la référence internationale qui sert à optimiser les efforts en faveur de la conservation de la biodiversité, et l’UICN demande à la communauté internationale d’en faire usage pour soutenir les efforts à tous les niveaux » déclare le Directeur Général de l’UICN, Achim Steiner.

Précédemment considéré comme Dépendant de mesures de conservation, le saïga (Saiga tatarica) est maintenant En danger critique d'extinction. Cette antilope nomade grégaire habite généralement les vastes pâturages de la steppe sèche et les déserts semi-arides d'Asie centrale. Ses effectifs ont sérieusement diminué au cours de la dernière décennie du fait du braconnage pratiqué pour la viande et pour l'exportation des cornes utilisées en médecine traditionnelle. En 1993, la population totale était estimée à plus d'un million. En 2000, elle était tombée à moins de 200.000 et les recensements pratiqués en 2001-2002 montrent qu'il y aurait aujourd'hui moins de 50.000 spécimens à l'état sauvage.

Considéré comme En danger en 1996, le chameau d'Asie sauvage (Camelus bactrianus) est maintenant En danger critique d'extinction. L'espèce est soumise à une importante pression de chasse, essentiellement parce qu'elle entre en concurrence avec les chameaux domestiques et le bétail pour l'eau et les pâturages, mais également pour le sport. C'est en Chine que les effectifs sont les plus importants mais l'habitat de l'espèce disparaît progressivement du fait des activités minières, qu'elles soient légales ou non. Les effets de l'hybridation avec les chameaux domestiques en Mongolie et en Chine, ainsi que la concurrence accrue avec l'homme et les pressions économiques qui s'exercent dans l'habitat du chameau d'Asie sauvage, ont aussi joué leur rôle dans la réduction des effectifs.

Passé de En danger à En danger critique d'extinction, avec une population tombée à moins de la moitié des 1.200 spécimens recensés au début des années 90, le lynx ibérien (Lynx pardinus) pourrait prochainement devenir la première espèce de félin sauvage à s'éteindre depuis 2.000 ans au moins. Le lynx peuple les zones boisées et les maquis méditerranéens, préférant les zones broussailleuses denses pour s'abriter et les pâturages ouverts pour chasser les lapins. La fragmentation de son habitat du fait du développement agricole et industriel a réduit la population à des groupes isolés dans le quadrant sud-ouest de la péninsule ibérique.

La souris d'eau éthiopienne (Nilopegamys plumbeus) apparaît dans la Liste rouge dans la catégorie En danger critique d'extinction. On n'en connaît qu'un seul spécimen, trouvé près de la source du Petit Abbai, un affluent du Nil bleu dans le nord-ouest de l'Ethiopie; son habitat fait peut-être l'objet d'un surpâturage.

Classé comme Vulnérable, l'hippocampe à queue de tigre (Hippocampus comes) est recherché par les pécheurs qui alimentent un important commerce d'hippocampes à des fins médicinales et pour l'aquariophilie. Il fait également partie des prises secondaires d'autres pêcheries et souffre de la dégradation de son habitat. C'est une des espèces d'hippocampes les plus couramment commercialisées, notamment à des fins ornementales, et ses effectifs ont diminué dans toute l'aire de répartition.

N'ayant été que récemment décrits comme espèces distinctes, le vautour à bec élancé (Gyps tenuirostris) et le vautour indien (G. indicus) sont classés comme En danger critique d'extinction compte tenu de la baisse très rapide de leurs effectifs, en particulier dans le sous-continent indien, du fait de maladies, d'empoisonnements, de l'utilisation de pesticides et des changements intervenus en matière d'élimination du bétail mort.

En 2000, 5.611 plantes étaient considérées comme menacées (1.014 CR, 1.266 EN, 3.331 VU). Avec les évaluations des cactus mexicains et brésiliens, ce chiffre est maintenant de 5.714 (1.046 CR, 1.291 EN, 3.377 VU) mais un important travail de "rattrapage" s'impose en matière d'évaluation de plantes. Etant donné qu'environ 4% seulement des plantes de la planète ont été évaluées, le pourcentage des espèces menacées est en réalité beaucoup plus élevé. La plupart des espèces végétales figurant sur la Liste sont des arbres, dont l'évaluation est relativement plus complète.

On estime que la population totale de cactus artichaut (Obregonia denegrii) du Mexique a diminué de près de 50% au cours des 50 dernières années et se réduit à environ 5.000 spécimens, ce qui a motivé son inscription dans la catégorie Vulnérable. L'espèce est menacée par l'érosion (accélérée par le pâturage du bétail), les prélèvements commerciaux illicites et les prélèvements par la population locale à des fins médicinales (traitement des rhumatismes).

Mammillaria glochidiata est l'une des deux espèces de cactus mexicains endémiques déclarées éteintes à l'état sauvage. Ce cactus a été trouvé dans le Barranca Toliman, au nord de Zimapan, dans l'état Hidalgo en 1991. La petite population, estimée à 50 spécimens, était confinée à un seul site. En 1993 elle ne comptait plus qu'une quinzaine de spécimens. Au cours de deux visites ultérieures, dont l'une a comporté un examen minutieux du canyon dans lequel se trouvait l'espèce, aucun spécimen n'a été trouvé.

On compte actuellement 811 espèces qui ont été déclarées éteintes et éteintes à l'état sauvage, sept espèces ayant été ajoutées depuis 2000 dont le vison marin (Mustela macrodon), observé pour la dernière fois en 1860, le tadorne de la Réunion (Mascarenachen kervazoi) qui s'est éteint vers 1710, et deux espèces d'hippopotames (Hippopotamus lemerlei et H. madagascariensis) qui se sont éteintes vers 1500.

Depuis 2000, deux espèces précédemment considérées comme éteintes ont été redécouvertes - le phasme de l'île Lord Howe (Dryococelus australis) et le campagnol bavarois (Microtus bavaricus) (lien avec les résumés d'espèces ci-dessous).

L'édition 2002 de l'IUCN Red List of Threatened Species (Liste rouge UICN des espèces menacées) ouvre ce qui sera une mise à jour annuelle de la base de données de la Liste rouge, consultable sur un site dédié: www.redlist.org. Les chiffres seront mis à jour chaque année compte tenu de l'introduction de nouvelles évaluations d'espèces, de la réévaluation d'espèces déjà inscrites et des révisions taxonomiques.

Il n'y a pas de changements importants à rapporter dans la distribution des espèces menacées ou des principales menaces depuis 2000 (voir la section pertinente de l'édition de 2000). Une analyse détaillée de la Liste rouge sera effectuée tous les quatre ans environ, la prochaine étant prévue pour 2004. Comme il a été indiqué en 2000, l'Indonésie, l'Inde, le Brésil et la Chine font partie des pays comptant le plus grand nombre de mammifères et d'oiseaux menacés, tandis que les espèces végétales sont en déclin rapide en Amérique du Sud et centrale, en Afrique centrale et occidentale et en Asie du Sud-Est.

La disparition et la dégradation de l'habitat affectent 89% de tous les oiseaux menacés, 83% des mammifères, et 91% des plantes menacées évaluées. Les habitats comptant le plus grand nombre de mammifères et d'oiseaux menacés sont les forêts tropicales ombrophiles de plaine et de montagne. Les habitats d'eau douce sont extrêmement vulnérables et de nombreuses espèces de poissons, de reptiles, d'amphibiens et d'invertébrés y sont menacées.


Notes

  • D'importantes analyses de la Liste rouge ont été effectuées en 1996 et en 2000. L'édition de 1996 de la Liste a montré qu'une espèce de mammifères sur quatre et une espèce d'oiseaux sur huit étaient susceptibles d'extinction, et la Liste de 2000 a confirmé que le phénomène mondial d'extinction était aussi grave sinon pire qu'on le pensait. Des diminutions extrêmement rapides d'effectifs de nombreuses espèces, y compris de reptiles et de primates, ont été rapportées.

  • Les nombres d'espèces menacées figurant sur la Liste rouge changent d'année en année, et pas seulement du fait de l'addition de nouvelles espèces. Les chercheurs du monde entier apportent constamment un flux d'informations nouvelles et cette amélioration des connaissances peut se traduire par un transfert vers une catégorie de menace plus grave ou, dans les cas où la situation est plus favorable qu'on ne le pensait, vers une catégorie de menace inférieure. D'autres changements peuvent résulter de révisions taxonomiques, comme le reclassement d'une espèce en sous-espèce et vice-versa. Il y a cependant, des espèces qui doivent être transférées vers une catégorie différente en raison de réelles modifications de leur statut de conservation (voir exemples).

  • La Liste rouge de l'UICN inclut les extinctions qui se sont produites depuis 1500. Pour l'édition de 2002, une révision de la liste des extinctions a entraîné le retrait de 15 espèces considérées comme éteintes avant 1500. En outre, comme pour les catégories de menace, des espèces peuvent être retirées de la catégorie Eteint du fait de changements ou d'incertitude en matière de taxonomie comme cela s'est produit pour le crapaud marbré (Uperoleia marmorata).

  • La Liste rouge utilise les informations fournies par la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE), réseau de 7.000 experts des végétaux, des animaux et des questions de conservation, ainsi que des données provenant de diverses organisations partenaires. Toutes les données concernant les oiseaux sont fournies par BirdLife International. Collectivement, ce réseau détient la base de connaissances scientifiques la plus complète sur la biologie et le statut de conservation des espèces.

  • A mesure que la Liste rouge se développera pour inclure des évaluations complètes des différents groupes taxonomiques, une analyse plus détaillée des statistiques, répétée tous les quatre à cinq ans, facilitera les comparaisons entre années et permettra de mieux appréhender les tendances en matière de biodiversité. Des objectifs ont été fixés, tous les amphibiens devant être évalués d'ici à 2003 (environ 5.000 espèces), les reptiles d'ici à 2005 (environ 8.000 espèces), les poissons d'eau douce d'ici à 2005 (environ 10.000 espèces), les requins, les raies et les chimères d'ici à 2004 (environ 1.000 espèces), les mollusques d'eau douce d'ici à 2004 (environ 5.000 espèces). Les végétaux, les invertébrés et les espèces marines suivront. On espère qu'une évaluation complète de la biodiversité à l'échelle mondiale sera possible pour 2008.

  • Pour faciliter l'atteinte de ces objectifs ambitieux, un consortium de la Liste rouge a été constitué, associant l'UICN et sa Commission de la sauvegarde des espèces, BirdLife International, le Center for Applied Biodiversity Science de Conservation International, The Ocean Conservancy et NatureServe. Ce consortium cherche à collecter 20 millions d'USD afin de renforcer et d'élargir les activités de la Liste rouge.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:
Craig Hilton Taylor, Responsable du Programme de la Liste rouge CSE/UICN
Tél: +44 (0) 1223 277966
Fax +44 (0) 1223 277845
Email: craig.hilton-taylor@ssc-uk.org


Caroline Pollock, Assistante du Programme de la Liste rouge CSE/UICN
Tel: +44 (0)1223 277966
Email: caroline.pollock@ssc-uk.org

Anna Knee, Responsable par intérim des Communications du Programme des espèces de l'UICN
+41 (0) 22 999 0153
Email: alk@iucn.org

Xenya Cherny, Responsable des relations avec les média de l'UICN
Tel: +41 (0) 22 999 0127
Email: xec@iucn.org

Olivia Pasini, Coordinatrice de communications internet de l'UICN:
Tel: +41 (0) 22 999 0205
Email: olp@iucn.org


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