Progressivement, depuis la mise en fonction des différents ouvrages d’alimentation du Parc, la restauration écologique a pu être entamée. Les scénarios de gestion hydrologique testés jusqu’à présent ont permis d’obtenir des résultats spectaculaires.
a) Les programmes de suivi établis ont permis de restaurer la végétation caractéristique du bas delta, notamment des espèces importantes pour l’exploitation par les collectivités locales comme le Sporobolus robustus utilisé pour la fabrication artisanale des nattes ; l’Acacia nilotica utilisé dans le tannage des peaux ; l’Echinochloa colonna qui constitue un pâturage de qualité, le Numphea lotus qui rentre dans les habitudes alimentaires de la zone. Des milliers de palétuviers Avicennia germinens colonisent les zones basses du bassin du Ntiallakh.
b) Les zones inondables du Parc constituent de nouveau des zones de reproduction et de frayère pour bon nombre de poissons dulçaquicoles et estuariens. Les différentes études effectuées ont permis de caractériser les peuplements de poissons et de suivre la dynamique des stocks. L’assistance tant technique que financière a permis de structurer les collectivités de pêche et de les regrouper en coopératives. Les rendements sont en nette progression depuis la mise en eau des différents bassins du Parc et sont estimés, aujourd’hui, à plus de 50 tonnes pendant la période active de pêche.
c) Depuis la remise en eau, le Parc accueil des quantités d’importance internationale de pélicans, de cormorans, de canards paléarctiques (souchets, pilets et sarcelles) et afro tropicaux (dendrocygnes), de flamants et de bien d’autres espèces. On remarque également le retour des espèces nidificatrices comme la spatule africaine, les aigrettes, les hérons, les grues couronnées.
d) Le dénombrement international effectué chaque année permet de suivre l’évolution des effectifs des différentes espèces. Cette confirmation de l’importance du site pour l’accueil des oiseaux d’eau a valu au PND d’être inscrit depuis 1994 sur la liste des zones humides d’importance pour les oiseaux d’eau de la convention de Ramsar. Des études spécialisées sont en cours pour mieux appréhender la dynamique des populations et également pour l’élaboration de nichoirs artificiels pour certaines espèces caractéristiques.
e) Le Parc exécute une programme de lutte contre les plantes envahissante et plus particulièrement contre Salvinia molesta qui avait envahi les chenaux d’accès au fleuve. La méthodologie consiste à élever des insectes dans des cuves d’élevage. Ces insectes se nourrissent exclusivement de cette plante. Les techniciens du parc effectuent des lachers dans le fleuve afin d’endiguer la propagation de cette plante.
f) Toutes les données, résultats des études et des suivis scientifiques, sont consignées dans une base de données. Cette base de données évolue progressivement vers un système d’informations géographiques permettant de produire des représentations graphiques sur l’ensemble des thématiques abordées par les équipes techniques du parc (socio-anthropologie, économie, botanique, hydrologie, ichtyologie, ornithologie). Les avantages sont multiples : le SIG s’avère bénéfique pour la production de cartographie thématique et interprétative pour le suivi et l’évolution des ressources naturelles du Parc. Dans le domaine de la gestion hydraulique par exemple, le SIG permet de suivre les côtes atteintes dans les différentes unités hydrologiques et d’analyser ainsi les superficies inondées. Les résultats SIG sont directement utiles pour l’aide à la prise de décision en permettant de croiser les contraintes d’ordre environnementales avec celle qui sont d’ordre socio-économiques et culturelles.
Elevage des insects pour la lutte biologique
contre la plante envahissante Salvinia Molesta
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