Nouakchott, 05 Déc.05– La Mauritanie est un important quartier d’hiver pour les oiseaux d’eau migrateurs du paléarctique occidental. En effet, en plus des aires protégées (Parc National du Banc d’Arguin, Parc National du Diawling et Chat TBoul), le pays possède des lacs (Aleg, Mâle et R’Kiz) et des mares endéroïques (Mahmouda, Dendaré, Bougari, Ch’lim, Sawana, Oum Lellé, Talli, Kankossa, Garalla, Koundel, Melgué, etc.) qui accueillent des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs. A titre d’exemple, lors des opérations de dénombrement international effectuées le 15 janvier 2005, le bas delta (Parc National du Diawling, Chat TBoul et Aftout), les lacs de Mâle et d’Aleg et la mare de Mahmouda ont à eux seuls accueilli près de 400.000 individus répartis en 120 espèces, dont 120.000 sarcelles d’été soit 6% de la population mondiale de cette espèce.
Ces chiffres ne prennent pas en compte les 2,5 millions d’oiseaux qui hivernent au Parc National du Banc d’Arguin, dont 2,3 millions de limicoles paléarctiques soit la plus grande concentration au monde. A ces effectifs d’oiseaux d’eau, il faudrait également ajouter les passereaux du paléarctique qui passent dans toutes les Wilayas (régions) du pays et fréquentent beaucoup les maisons et les jardins.
A l’instar des autres quartiers d’hivernage, les zones humides mauritaniennes constituent des zones à haut risque sur lesquelles une attention particulière doit être accordée. Ceci est d’autant plus évident que celles-ci sont entourées par des populations qui les exploitent et qui ne sont, peut-être, pas conscientes de ces risques.
Quelles précautions prendre ?
Les stratégies de lutte contre l’influenza aviaire mises au point dans d’autres pays reposent essentiellement sur le diagnostic, l’hygiène, l’éducation, la quarantaine et la réduction de la taille des élevages. Il est à noter que les travaux de dépistage au niveau des oiseaux coûtent cher. En effet, un dépistage réalisé par l’Office National de Chasse et de la Faune Sauvage en France révèle un coût de 300 Euros par oiseau. Un financement qui n’est pas anodin.
En Mauritanie, une sensibilisation des populations riveraines des zones humides doit être menée. Il s’agira de demander à ces populations de ne pas ramasser les oiseaux morts et de déclarer aux Délégations Régionales du MDRE toute mort massive d’oiseaux. Il est, par ailleurs, admis que la consommation de viande de poulets, canards et autres volailles (ainsi que de leurs œufs) ne présente aucun risque, à condition que ces produits aient été cuits à 70°C ou plus. La cuisson élimine le virus. Il est donc conseillé de :
- éviter de consommer des produits alimentaires crus ou peu cuits en particulier la viande et les œufs ;
- se laver les mains après un contact avec des oiseaux ou des poulets.
Jusqu’à présent, aucun traitement n’a été validé. En France, l’oseltamivir (Tamiflu®) en gélules a été récemment autorisé dans le traitement curatif de la grippe et dans la prophylaxie post-exposition (après un contact suspect). Tant qu’il s’agit uniquement d’une épizootie avec quelques cas humains, l’indication de cet antiviral est extrêmement limitée.
Par BA Amadou Diam
Conseiller Technique UICN/PND
| A PROPOS DE LA GRIPPE AVIAIRE
La grippe aviaire, appelée aussi "grippe du poulet" ou "influenza aviaire", est une maladie animale qui peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Les souches faiblement pathogènes de ce virus peuvent muter génétiquement en se propageant d’un élevage à un autre, en particulier si les barrières sanitaires entre élevages sont insuffisantes. A partir d’une certaine virulence, ces souches provoquent une maladie appelée l’influenza aviaire dont une des plus pathogènes est celle provoquée par le virus H5N1, susceptible d’infecter d’autres espèces animales.
Le virus ne se transmet qu’exceptionnellement de l’animal à l’homme. La transmission se fait par les voies aériennes, lors de contacts étroits, prolongés et répétés avec des déjections ou des sécrétions respiratoires d’animaux infectés, qu’ils soient vivants ou morts. Il n’y a pas (ou très peu) de transmission interhumaine de ce virus. Mais, une transmission du virus aviaire à un homme qui serait déjà contaminé par le virus de la grippe humaine risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus mutant susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce virus pourrait alors se transmettre d’homme à homme et provoquer une épidémie, voire une pandémie. La période d’incubation de ce virus est de quelques jours. Les symptômes de la grippe aviaire chez l’homme sont d’abord comparables à ceux d’une grippe banale, puis des troubles respiratoires graves apparaissent rapidement et peuvent entraîner la mort.
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LES MOUVEMENTS D’OISEAUX : LA MIGRATION
La migration est un mouvement saisonnier de certains oiseaux qui se déplacent entre une aire de reproduction et une aire d'hivernage. C'est une période intéressante, car on peut voir beaucoup d'espèces inusuelles.
En effet, beaucoup d’oiseaux éprouvent le besoin d’entamer annuellement un mouvement cyclique saisonnier, entre leur quartier de reproduction et leur lieu de repos. Les mauvaises conditions climatiques ne sont pas les causes principales de ce mouvement cyclique entre le grand Nord (quartier d’été) et le grand Sud (quartier d’hiver) : c’est principalement le manque de ressources trophiques (nourriture) qui fait partir.
Trois voies migratoires sont actuellement connues : la voie migratoire de l’Atlantique Est ; la voie migratoire de la Méditerranée et la voie migratoire de l’Afrique de l’Est.
La voie migratoire de l’Atlantique Est est la plus importante pour les oiseaux migrateurs qui séjournent en Afrique de l’Ouest pendant la saison humide. Une autre migration s’effectue aussi à l’intérieur du continent au niveau inter-tropical ; les oiseaux qui font ce mouvement sont appelés migrateurs afro-tropicaux.
La migration d'une espèce est donc souvent en relation avec son régime alimentaire et à la quantité de nourriture disponible. La plupart des oiseaux insectivores sont migrateurs et quittent l'Europe avant l'hiver. Ils partent habituellement en fin d'été, quand le nombre d'insectes diminue.
La distance de vol de ces exilés de l'hiver varie considérablement. La plus grande migration est probablement celle de la sterne arctique qui parcourt de 15 000 à 20 000 km. Les voyages du Traquet motteux entre l'Alaska et l'Afrique sont presque aussi longs. De nombreux oiseaux européens qui vont en Afrique franchissent 9 000 à 10 000 km dans chaque sens et certaines espèces, tel le chevalier combattant, qui vont de l'est de la Russie en Europe occidentale pour hiverner, accomplissent des voyages presque aussi importants. Les hirondelles peuvent parcourir jusqu'à 10 000 km dans le voyage qui les mène au sud de l'Afrique. Le martinet noir peut franchir 750 km par jour quand il migre vers l'Afrique. Certaines espèces, comme les rousserolles, parcourent des milliers de kilomètres, presque d'une seule traite, d'autres font des étapes plus courtes et progressent donc lentement. Ainsi, plusieurs centaines de milliers voire des millions d’oiseaux quittent chaque année leur quartier d’été pour retrouver un milieu plus doux avec des ressources trophiques abondantes. La présence d’oiseaux est donc un indicateur de biodiversité, car les ressources trophiques recherchées par ces oiseaux comprennent le benthos (zooplancton et phytoplancton), les insectes, la faune ichtyologique, les graines des graminées sauvages, etc. |