Lors de la création du Parc National du Banc d’Arguin, en 1976, il a été décidé que les Imraguen installés à l’intérieur de ses limites bénéficieraient de droits de pêche exclusifs. A cette époque, la flottille de lanches, héritée des pêcheurs canariens qui exploitaient les eaux du PNBA dans les années 30, était dans un état de délabrement inquiétant.
Toute embarcation motorisée étant interdite sur le PNBA, les lanches avec leur très faible tirant et leur voile latine se révèlent économiques et adaptées aux conditions locales.
L’UICN, la FIBA et le Port musé de Douarnenez, décident alors d’appuyer la restauration de la flottille de lanches et plusieurs charpentiers se relaient alors assisté ponctuellement par Anne Renault, chargée de former les femmes Imraguen à la fabrication des voiles latines.
Dix ans plus tard on peut considérer que la flottille a été sauvée : près de 40 lanches ont été restaurées et 14 lanches neuves ont été construites. La formation de charpentiers navals locaux permet désormais de faire tourner l’atelier dans des conditions proches de l’auto-suffisance, sans assistance technique externe. Les pêcheurs se sont regroupés en coopérative et un atelier de fabrication de voiles a également été créé.
La lanche comme outil de production des communautés Imraguen s’est avérée un instrument privilégié pour promouvoir, de façon structurelle, une relation de l’homme à son environnement cohérente avec la spécificité d’un parc national. Les autorités du parc et leurs partenaires sont ainsi parvenus à une gestion relativement fine des eaux du golfe d’Arguin, compatible avec leur fonction de principal lieu de reproduction des ressources halieutiques de la Mauritanie. L’exemple des lanches, symbole identitaire du Parc National du Banc d’Arguin, montre une fois encore le caractère indissociable des patrimoines culturel et naturel.
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