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Parc National du Banc d'Argiun
Ce projet, lancé en 1989, vise à renforcer l'utilisation durable des ressources halieutiques du parc en apportant un appui technique et opérationnel aux pêcheurs Imraguen qui vivent au sein du PNBA pour conserver leurs méthodes de pêche traditionnelles, fondées sur l'utilisation d'embarcations à voile, les lanches.

A la fin de la Phase III, on peut affirmer que la plupart des objectifs de ce projet, tels qu'ils ont été identifiés initialement, ont été atteints:

a. la coopérative, qui regroupe la totalité des patrons de lanches, a été créée et fonctionne de manière régulière et satisfaisante, tant au plan opérationnel qu'administratif;

b. le chantier naval, basé au village de R'gueiba, dispose désormais d'une équipe de charpentiers nationaux qui maîtrisent correctement les différentes étapes de la construction des lanches traditionnelles ainsi que le maniement des machines-outils;

c. la fabrication des voiles est assurée quant à elle par l'atelier voilerie des femmes de Teichot, qui ont continué à suivre une formation assurée par une assistante technique à raison de 3 mois par an.

Si chacune des composantes de ce projet fonctionne de manière à peu près satisfaisante, une assistance reste nécessaire en termes de planification et d'organisation globale des activités pour anticiper ou éviter les faux-pas qu'une structure aussi jeune, manquant d'expérience par rapport à des modes de fonctionnement très nouveaux, sera amenée à rencontrer.
L'objectif de la dernière phase de ce projet consistera donc à renforcer chacune des composantes et la structure d'ensemble afin de parvenir à une autonomie complète.

Les activités consisteront donc essentiellement à compléter la formation des ressources humaines, à développer la viabilité économique de l'atelier et à renforcer les structures de la coopérative.

Des actions complémentaires, visant à appuyer la filière de pêche Imraguen seront développées et mise en œuvre au cours de la phase. Ces actions feront l’objet, après mobilisation de fonds complémentaires, d’un accord de collaboration spécifique entre l’UICN, la FIBA et le Gouvernement (Direction du Parc National du Banc d’Arguin).

Le complément de formation concernera les divers éléments de la structure mise en place:

  • les charpentiers recevront une formation pratique accentuée, orientée d'une part vers une polyvalence plus systématique de chacun d'eux, afin qu'ils deviennent eux-mêmes des formateurs, ce qui garantira la durabilité des investissements réalisés aux niveaux humain et technologique, d'autre part vers une diversification des compétences et des activités (construction de mâts et d'antennes, carénages de lanches, peinture, équipements spécifiques pour le confort et la sécurité des lanches destinées à l'écotourisme, autres travaux de menuiserie). Cette diversification d'activités, facilitée par la disponibilité de bons équipements, devra contribuer à la viabilité économique du chantier;
  • les femmes de l'atelier de voilerie, qui éprouvent des difficultés à maintenir des niveaux de qualité constants, ont encore besoin d'encadrement. Leur formation sera également orientée vers l'élargissement des activités à d'autres fabrications (tauds de soleil ou de protection des voiles, sacs de rangements etc.), notamment dans la perspective du développement de l'écotourisme. L'objectif de l'autonomie sera également recherché, non seulement par cette diversification, mais aussi par un ajustement du tarif des matériaux et des prestations. Le renforcement de l'implication des femmes est plus que jamais nécessaire, dans la mesure où l'évolution des modes de pêche, et en particulier la diminution sensible du séchage du poisson, tend progressivement à marginaliser leur implication socio-économique;
  • le personnel d'encadrement, et en particulier le chauffeur-logisticien, le gestionnaire de la coopérative et le chef de l'atelier, recevra une formation adaptée aux responsabilités de chacun. La formation sera ainsi orientée vers la comptabilité, la gestion, l'informatique et la langue française.
Pour parvenir à une réelle autonomie de la structure mise en place, les périodes de présence de l'assistance technique étrangère iront en décroissant chaque année, tant en termes de durée totale, qu'en ce qui concerne la longueur de chacune des périodes.

Au niveau financier, l'autonomisation de la structure devra se traduire par une diminution des investissements de la part du projet, tant au niveau de l'appui à la coopérative qu'à celui de l'atelier proprement dit. Ainsi, outre le coût total du bois et des divers matériels, la coopérative devra prendre en charge la moitié du transport et des frais de transit correspondant au réapprovisionnement de l'an 2000, et la totalité de celui de l'an 2002. De même, à la fin de la phase, il est prévu que les salaires de l'ensemble du personnel de la coopérative et de l'atelier soient assurés par les recettes propres de la structure.

Conformément à ce qui s'est passé lors de la Phase III, la Fondation Internationale du Banc d'Arguin (FIBA) continuera d'apporter un appui financier significatif à cette activité. Comme pour la phase III, la FIBa sera l’agence technique d’appui et d’encadrement pour la mise en œuvre de cette activité.

© 2001 UICN - Union mondiale pour la Nature en Mauritanie.