La pêche occupe une place primordiale dans les économies des pays de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), avec des captures annuelles de l’ordre de 1 à 1,5 millions de tonnes métriques. Environ 22 000 embarcations artisanales et 700 navires industriels opèrent dans l’espace maritime sous-régional.
Les revenus en devises tirés de la pêche proviennent des recettes d’exportation des produits halieutiques ainsi que des contreparties financières des accords de pêche. Au plan social, la pêche artisanale mobilise plus de 92 000 pêcheurs et un nombre important de femmes transformatrices. Cette pêche joue une double fonction de résorption du chômage dans les communautés côtières et de contribution à la sécurité alimentaire des populations urbaines et rurales. Elle s’intègre de plus en plus dans les échanges commerciaux internationaux par sa contribution à l’approvisionnement en produits à haute valeur des entreprises locales d’exportation.
Aujourd’hui, l’ensemble des pays de la CSRP a conclu des accords avec des pays de pêche lointaine, des accords "Sud-Sud" ainsi que des opérateurs privés étrangers. Le niveau des retombées de tels accords d’accès dépend largement, au-delà de considérations politiques, de la capacité de négociation des institutions nationales compétentes. Les accords résultants sont souvent critiqués comme peu favorables aux pays membres de la CSRP, aussi bien au plan financier et social, que de la conservation des ressources halieutiques. Il est à envisager qu’au rythme actuel d’exploitation, on assiste à un effondrement rapide des stocks, ce qui mettrait en cause la stabilité économique et la paix sociale des Etats de la sous-région.
La faiblesse des capacités de négociation des pays membres de la CSRP est liée, entres autres, à:
- la négociation des accords de pêche de manière individuelle face à des blocs politiques et économiques soudés, tels l’Union européenne ;
- l’insuffisance de la concertation politique entre les pays de la sous-région ;
- une collaboration scientifique insuffisante en matière d’accord de pêche ;
- le souci des Etats vis-à-vis de leur souveraineté ;
- la méconnaissance des stocks ;
- la non prise en compte de la valeur réelle des ressources négociées ;
- l’exclusion de groupes d’intérêt clé du processus de négociation ;
- les besoins pressants en devises des Etats membres de la CSRP.
Pour accompagner le processus engagé par la CSRP sur l’aménagement des pêches et la définition d’un régime commun d’accès et d’exploitation des ressources sous-régionales par les flottes étrangères, il s’est avéré nécessaire de développer un programme de renforcement des capacités institutionnelles des Etats et de la CSRP en matière de négociation. Dans ce cadre, l’UICN, ensemble avec le WWF et la CSRP, a lancé l’élaboration d’un plan de travail régional concerté avec les acteurs institutionnels clés de la sous-région, qui a abouti sur une proposition qui retient des activités principales pour subvenir aux besoins de renforcement des capacités de négociation dans la sous-région, à savoir :
- formation en théorie et pratique de la négociation commerciale et bilatérale (théorie, évaluation, approches stratégiques, préparation) ;
- renforcement des capacités d’évaluation et de suivi multidisciplinaire des accords de pêche conclus ;
- renforcement des capacités institutionnelles pour anticiper et répondre aux changements des règles de l’OMC et aspects connexes ;
- analyse des effets et identification des alternatives à la dépendance financière des institutions du secteur national par rapport aux accords de pêche.
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