Nouakchott, 20 Juin04 – Les ministres mauritanien et sénégalais chargés de l’Environnement ont tenu le mardi 30 mars 2004 à Nouakchott une réunion de concertation sur l’état d’avancement du projet de création d’une Réserve de biosphère transfrontière du bas-delta du fleuve Sénégal (RBT). Cette réunion, qui a également porté sur l’organisation d’une Foire du bas-delta que les deux comptent par ailleurs mettre en œuvre, a été sanctionnée par la signature d’un procès-verbal de la rencontre.
Au terme de la réunion de concertation, les ministres ont recommandé l’organisation, vers la fin de cette année, d’une réunion des comités scientifiques des Parcs Nationaux du Diawling (PND) et du Djoudj (PNOD) en vue de valider le dossier technique de classement de la RBT qui devra être transmis au comité MAB/UNESCO au début de l’année 2005. D’ores et déjà, en application des recommandations des ministres, le comité de jumelage Djoudj-Diawling s’est réuni à Dakar en mai 2004 afin d’approuver le programme d’action du processus RBT et celui de la Foire du bas-delta.
Définie comme étant une zone recouvrant un écosystème ou une combinaison d’écosystèmes terrestres et côtiers/ marins ayant fait l’objet d’une reconnaissance de l’UNESCO, la Réserve de Biosphère représente une opportunité de disposer d’un outil de gestion harmonisé des ressources naturelles relative à une unité écosystémique partagée. Dans la zone du bas-delta du fleuve Sénégal, les trois grandes fonctions d’une RBT sont déjà en partie assurées à travers les activités développées par les différentes aires protégées des deux côtés du fleuve. Mais surtout, la RBT traduit une volonté politique commune et forte de la Mauritanie et du Sénégal à gérer conjointement un écosystème partagé.
Le caractère transfrontalier d’une RBT dans le bas-delta du fleuve Sénégal serait remarquable à plus d’un titre. La future entité écologique serait :
- la première RBT marine au Monde
- la première RBT sans classement préliminaire national
- la première RBT au monde intégrant une agglomération urbaine classée en site culturel du patrimoine mondial
- la deuxième RBT du continent Africain.
Quant à l’idée de la Foire, elle est de faire connaître la région du bas-delta du fleuve Sénégal. Du côté mauritanien, les interventions de conservation et de développement durable se concentrent essentiellement dans la Parc National du Diawling et sa zone périphérique. De l’autre côté du fleuve, le Parc national des Oiseaux du Djoudj mène des activités similaires dans la même unité écosystémique. Les deux parcs sont jumelés et souhaiteraient faire connaître à la fois les efforts qu’il déploient conjointement dans les domaines de la restauration des écosystèmes, la gestion durable des ressources naturelles, l’appui au développement des populations locales. Ces deux parcs, à la fois différents et complémentaires, travaillent avec une même approche, visent les mêmes objectifs, partagent les mêmes ressources et contraintes.
Dans la perspective prochaine d’un classement d’une RBT incluant ces deux parcs jumelés ainsi que d’autres aires protégées de la zone (réserve de Chat t’Boul en Mauritanie, réserve de Gambeul, Langue de Barbarie ainsi que l’agglomération de Saint-Louis, déjà classée au patrimoine mondial de l’UNESCO), les deux Etats souhaitent faire connaître les efforts déployés, les produits et résultats obtenus dans le bas-delta. Ils souhaiteraient également exposer les perspectives d’interventions futures dans cette zone afin de sensibiliser les décideurs, les opérateurs privés, les donateurs… aux enjeux écologiques, économiques et sociaux de ces programmes.
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