Nouakchott, 26 Juil.03 – La communauté scientifique de la Mauritanie, en tant qu’acteur clé dans le processus de gestion durable des ressources en eau du fleuve Sénégal, s’est réunie à Nouakchott du 18 au 20 Juillet 2005 dans le cadre de la mise du Projet Régional de gestion de l’Eau et de l’Environnement du Fleuve Sénégal (Projet GEF/BFS).
Cet atelier, organisé par l’UICN en partenariat avec l’OMVS, a offert l’opportunité d’une connaissance mutuelle entre les chercheurs à travers leurs activités au plan national et de tirer les leçons des expériences passées en vue de soutenir la démarche d’une gestion durable des ressources du fleuve Sénégal. A terme, la démarche sous-tendue par cette rencontre prévoit de mettre en place un cadre de partage et d’échanges de connaissances entre les institutions de recherche.
Le but est de parvenir à des mécanismes appropriés de dialogue, aussi bien à l’échelle nationale que régionale, sur des questions clés à résoudre dans le bassin et de concevoir un programme d’éducation en rapport avec le cadre de gestion des ressources en eau et de l’environnement transfrontalier du bassin du fleuve Sénégal.
Présidant la cérémonie d’ouverture de l’atelier, le Chargé de Mission au Ministère du Développement Rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement, a mentionné l’engagement des pays riverains du fleuve Sénégal dans la voie d’une gestion rationnelle des ressources du bassin d’une part et leur volonté de consolider d’avantage l’intégration sous-régionale d’autre part. Il a souligné la priorité accordée aux questions liées aux ressources en eau et à l’environnement du bassin dans les programmes du Gouvernement, traduisant ainsi l’attachement de la Mauritanie aux idéaux de l’OMVS.
Le Coordonnateur de la Cellule Nationale de l’OMVS a, quant à lui, mis en exergue les objectifs de l’OMVS à travers le Projet GEF/BFS et situé le cadre de l’atelier. Il a insisté sur le rôle fondamental que doit jouer la communauté scientifique pour donner de meilleures orientations dans les actions à mettre en œuvre. Il a en outre mis l’accent sur les questions préoccupantes, telles que la pollution des eaux qui devient très néfaste pour l’agriculture en Mauritanie, la dégradation des terres et le phénomène de l’ensablement et invité les participants à identifier les mécanismes appropriés en vue d’apporter des solutions adéquates.
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LE PROJET GEF/BFS
Le Projet Régional de gestion de l’Eau et de l’Environnement du fleuve Sénégal (Projet GEF) prévoit, dans le cadre de l’exécution de la composante 5 "Participation du public", d’impliquer pleinement la communauté scientifique et universitaire des quatre Etats bénéficiaires du Projet (Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal) à la gestion des questions transfrontalières du bassin.
Cette initiative a pour fondement la nécessité incontournable d’une meilleure connaissance des ressources naturelles en général, de leurs usages et des caractéristiques des écosystèmes, mais aussi des aspects sociaux, économiques et de gouvernance dans une perspective de développement durable Elle s’inscrit également dans le processus de promotion du dialogue entre les acteurs, qui est l’un des axes fondamentaux de la composante sur la participation du public à la gestion des questions transfrontalières dans le bassin du fleuve Sénégal.
L’idée est de mettre en place un cadre de partage et d’échanges des connaissances entre universités et institutions de recherche, de concevoir un programme d’éducation en rapport avec le cadre de gestion des ressources en eau et de l’environnement transfrontalier du bassin du fleuve Sénégal, d’organiser des cadres de concertations, aussi bien à l’échelle nationale que régionale, de la communauté scientifique sur des questions clés à résoudre dans le bassin. |
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Le Coordinateur de l’UICN, après avoir adressé la bienvenue aux participants, a mentionné l’intérêt qu’accorde l’Union mondiale pour la nature aux questions de participation des populations en vue d’assurer la durabilité des actions de conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Il a ensuite rappelé le contexte de l’implication de l’UICN dans la formulation et la mise en œuvre du Projet GEF/BFS et mis l’accent sur les attentes de l’OMVS vis-à-vis du processus engagé sur l’implication de la communauté scientifique dans la gestion de l’eau et de l’environnement du fleuve Sénégal.
Au cours des travaux de l’atelier deux séries de communications ont été présentées. La première a porté sur l’OMVS, ses objectifs, ses réalisations et ses perspectives ainsi que sur le Projet GEF, et la deuxième sur les disciplines et thématiques des institutions représentées :
- le Centre National de Recherche Agronomique et de Développement Agricole (CNARADA) ;
- l’Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP) ;
- le Centre National des Ressources en Eaux (CNRE) ;
- le Centre National d’Elevage et de Recherches Vétérinaires (CNERV) ;
- la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Nouakchott.
Les exposés présentés ont suscité des interrogations parmi lesquelles:
- la non prise en compte des questions de la qualité de l’eau dans l’espace OMVS par la composante 2 ; celle-ci semble beaucoup plus axée sur la quantification de la ressource que sur les questions liées au suivi de la qualité qui, pourtant, constitue un problème crucial pour les populations riveraines
- le concept de l’environnement qui doit être élargi à l’environnement social pour une meilleure prise en compte de l’incidence des aménagements sur les conditions de vie des populations riveraines
- la nécessité de renforcer la synergie entre les composantes du GEF et les institutions nationales de recherche pour une meilleure valorisation des acquis et un gain de temps
- la nécessité d’accélérer la réalisation de l’étude modélisation pluie-débit, nécessaire à la mise en place des plans d’alerte.
Outre ces questions, un accent particulier a été mis sur la qualité de l’eau et le problème de l’ensablement qui constituent des problèmes majeurs pour la Mauritanie et la survie du fleuve Sénégal.
Si l’accent a été mis sur le phénomène de l’ensablement et la dégradation des sols, les participants ont également accordé une grande importance aux aspects sociaux tels que les stratégies d’adaptation des populations riveraines au nouveau contexte écologique du bassin. Ces aspects sociaux devront figurer dans les priorités de la recherche dans la partie mauritanienne du bassin.
Entre autres sujets importants, les mécanismes et modes de dialogue entre les acteurs ont suscité, par ailleurs, des discussions intéressantes entre les participants. Ceux-ci ont pu identifier un certain nombre de canaux en vue d’une meilleure valorisation des résultats de la recherche.
Quelques institutions ont été identifiées et devront être impliquées dans le processus. Il s’agit notamment de:
• l’Institut Mauritanien de Recherche Océanographique et de Pêche (IMROP)
• l’École Normale Supérieure (ENS)
• l’Institut Supérieur d’Etudes Technologiques (ISET).
En plus d’avoir découvert et échangé des expériences sur des thèmes importants, les participants ont pu identifier des mécanismes afin de réduire le cloisonnement des institutions de recherche. Pour renforcer l’initiative d’impliquer la communauté scientifique dans la gestion de l’eau et l’environnement du fleuve Sénégal, qu’ils ont beaucoup appréciée, les participants ont formulé des recommandations allant dans le sens de :
1. une meilleure implication des institutions de recherche dans la mise en œuvre des projets et programmes de l’OMVS ;
2. la capitalisation des résultats de la recherche dans le bassin du fleuve Sénégal ;
3. la mise en œuvre des thèmes de recherche identifiés ;
4. le développement d’une stratégie de communication nationale et régionale entre les chercheurs et les acteurs au niveau du bassin :
5. pour un meilleur suivi de la qualité de l’eau il serait souhaitable de créer un laboratoire au niveau du barrage de Diama ;
6. la prise en compte urgente du phénomène de l’ensablement et de l’avancée du désert ;
7. l’dentification des expériences par pays en vue de les valoriser au cours des différentes études envisagées dans le cadre du Projet GEF/BFS |