Nouakchott, 17 Mar.04 – 40% de la population du Sahel en Afrique de l’Ouest n’a aujourd’hui pas accès à l’eau et presque la même proportion de la population est en proie à l’insécurité alimentaire, conséquence logique de la pénurie du précieux liquide. C’est le triste constat fait par les Chefs d’Etats des pays membres du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) au terme de leur XIVe sommet réuni dimanche 24 janvier 2004 à Nouakchott.
Pourtant bien que les pluies soient rares dans cette région, l'eau est tout de même disponible en abondance grâce aux grands cours d’eau qui traversent le Sahel. C'est pour ces raisons que l’UICN est convaincue que le CILSS, aujourd'hui préoccupé à recentrer ses actions, devrait contribuer en priorité à une meilleure gestion des ressources partagées. Au nom du Directeur Général de l'UICN, M. Ibrahim Thiaw, Directeur régional de l’UICN en Afrique de l'Ouest, a souligné devant les Chefs d’Etats des pays membres du CILSS la nécessité de s’orienter vers une gestion intégrée des ressources en eau : « l’ensemble des grands cours d’eau qui traversent le Sahel constituent à la fois de grands facteurs d’intégration régionale et des pôles d’un développement harmonieux avec la nature ».
L’appel de l’UICN aux Chefs d’Etats était en phase avec les préoccupations du sommet consacré à une meilleure gestion de l’eau et à la lutte contre la faim, priorité du CILSS au cours de l’année 2004 et au-delà. Cette priorité se déclinera en programme de petite irrigation et en pluies provoquées pour pallier le caractère aléatoire des pluies et les risques de mauvaises récoltes.
Alors que le CILSS annonce son ambition de maîtriser l’eau, gage du développement du Sahel, l’UICN réitère son souci de concilier toute politique de développement avec les réalités écologiques. « Aller à l’encontre des réalités écologiques est finalement revenu à une inversion des priorités d’investissement tendant à forcer le milieu à produire 'contre nature' », déclarait encore le Directeur régional de l’UICN.
L’eau, centre d’intérêt des préoccupations du CILSS, ne doit pas faire oublier l’importance stratégique des ressources halieutiques tant marines que continentales, a également rappelé Ibrahim Thiaw. « L’organisation sahélienne, a-t-il indiqué, ne pourra pas négliger les zones côtières qui abritent les plus grandes unités industrielles, les plus fortes concentrations de populations et rapportent aux pays concernés, la plus grande part de revenus en devises ».
S’étendant sur 5,4 millions km², le Sahel est une zone de transition entre la forêt tropicale et le Sahara, caractérisée par des pluies irrégulières et des récoltes aléatoires. La zone compte une population estimée à 50 millions d’habitants. L’UICN y intervient depuis plus de vingt ans à travers ses bureaux de terrain au Niger, au Mali, au Sénégal, en Mauritanie et au Burkina Faso.
Sa forte présence dans le Sahel a donné lieu à une collaboration régulière avec le CILSS avec lequel elle a signé un accord de coopération.
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