Une coalition qui pèse 30 millions d’euros pour la protection des ressources côtières et marines en Afrique de l’Ouest
Nouakchott, 25 Juin 03 – Le Bureau de Liaison de l’UICN en Mauritanie a pris part le 13 juin 2003 à une conférence tenue à Dakar sur la nouvelle stratégie régionale des aires marines protégées en Afrique de l’Ouest. Outre le Coordonnateur de Programme et les conseillers techniques (PND, Projet Mulet et PALM) du Bureau de Liaison, on notait également la présence de partenaires mauritaniens de l’UICN (Parc National du Banc d’Arguin, Parc National du Diawling, Direction des Etudes et de l’Aménagement des Ressources Halieutiques, Institut Mauritanien de Recherches Scientifiques et des Pêches).
Cette participation s’est concrétisée à travers la présentation de nouveaux concepts (Réserve de la biosphère du bas delta mauritanien, Phase II du Projet de conservation et d’utilisation durable du mulet et Système d’information documentaire d’observation côtière) qui, avec divers autres projets émanant des pays de la sous-région, devront constituer le cadre d’action de la stratégie régionale. La présentation des concepts de projets de l’UICN-Mauritanie a suscité un intérêt manifeste des participants.
Au terme de la conférence de Dakar, six pays d’Afrique de l’Ouest et cinquante organisations œuvrant dans les domaines du développement, de la recherche et de la conservation ont convenu de conjuguer leurs efforts en matière de conservation des ressources côtières.
Dix ministres chargés de l’Environnement ou des Pêches, représentant respectivement le Cap Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie et le Sénégal ont approuvé la nouvelle stratégie régionale des aires marines protégées en Afrique de l’Ouest. Cette stratégie débouchera sur une gamme d’activités d’un coût global de 30 millions d’euros sur une période de cinq ans.
Ouvrant les travaux de la conférence, M. Ahmedou Ould Ahmedou, ministre mauritanien des Pêches et actuel Président de la Commission sous-régionale de pêche (CSRP), a déclaré que la «biodiversité marine régionale est sérieusement menacée, à en juger particulièrement par la surexploitation» des ressources halieutiques. Le ministre a ajouté que «cette stratégie permettra à tous les acteurs de la région d’aborder la question et de mettre en œuvre les mesures urgentes qui s’imposent»
De fait, l’objectif de la nouvelle stratégie est d’améliorer la gestion des ressources marines et côtières en vue d’optimaliser leur contribution dans les domaines social, économique et de la sécurité environnementale ainsi que de la biodiversité et des conditions d’existence durables. «Tous les partenaires partagent la même vision et les principes d’atteinte du développement
durable et de la conservation de la biodiversité dans les zones côtières. Cela suscitera des synergies et des échanges d’informations efficients et rentables parmi les responsables de dix institutions chargées de gérer les ressources sur un littoral de 3.500 km », a déclaré, pour sa part, M. Pierre Campredon, Secrétaire Exécutif de la FIBA (Fondation Internationale du Banc d’Arguin) et artisan de la stratégie.
Environ 60% des 22 millions de personnes qui peuplent le littoral des six pays de l’Afrique de l’Ouest concernés par cette stratégie vivent de la pêche. En Mauritanie, par exemple, cette activité contribue pour 12% au PIB et pour 50% aux recettes en devises du pays. Le poisson constitue également 60% des apports en protéines animales en termes de consommation dans la région. Actuellement, la surexploitation des pêcheries le long de la côte ouest-africaine menace les conditions d’existence des populations autant que la biodiversité marine ; un phénomène exacerbé d’ailleurs par la destruction des aires de frai.
Pour protéger des stocks inestimables de poissons, plusieurs aires marines protégées ont déjà été instaurées le long du littoral par les Etats ouest-africains, singulièrement ceux qui sont membres de la CSRP. Ces aires préservent quelques unes des côtes, mais ne garantissent pas pour autant la reconstitution des stocks de poissons qui requièrent beaucoup plus d’efforts.
A cet effet, la coalition nouvellement mise en place travaillera sur la base des recommandations du Sommet Mondial sur le Développement Durable tenu en 2002 et des orientations du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique), principalement pour constituer un réseau transfrontalier efficace d’aires marines protégées en vue d’inciter à des pratiques de pêche durable, de préserver le savoir-faire et le patrimoine culturel des communautés locales et de développer l’écotourisme.
La stratégie est le fruit d’une intense collaboration entre l’UICN (Union mondiale pour la nature), le WWF (Fonds mondial pour la nature), Wetlands International, la FIBA et la CSRP. Une cinquantaine d’autres organisations ont plaidé pour le soutien à cette initiative. Parmi elles, les représentants d’institutions scientifiques, d’agences gouvernementales et d’organisations internationales de développement présents à la conférence ont consenti d’apporter un large appui technique et financier à la mise en œuvre de la stratégie régionale. D’ailleurs, tous les participants ont reconnu que celle-ci fournit un cadre entièrement nouveau et concerté qui offre aux investissements des donateurs une cohérence et une efficience plus grandes ainsi que davantage de visibilité. Aussi, dans une déclaration finale, ils ont appelé à un soutien total au développement de la stratégie régionale.
«Un tel cadre pratique est bienvenu dans la mesure où il arrive au moment où les bailleurs de fonds veulent établir des partenariats clairs entre eux pour appuyer des priorités régionales concertées en matière de conservation et d’utilisation durable des ressources », a indiqué M. Huub Buise, Chef de Coopération à l’Ambassade Royale des Pays-Bas au Sénégal et Président de la séance.
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