UICN en Mauritanie
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Nouakchott, 29 Avr.03 – Une dizaine d’années après la mise en place du Parc National du Diawling (PND), situé dans le Bas Delta Mauritanien du fleuve Sénégal, l’équipe technique PND/UICN, partant des diagnostics des expériences passées, s’est lancée dans une nouvelle stratégie d’intervention. 
Au lieu de l’ancienne démarche qui a souvent pris la forme d’une assistance aux populations de la zone, la nouvelle approche est à présent caractérisée par une dynamique d’implication et d’association des riverains. Désormais, la structure technique PND/UICN n’intervient plus qu’en appui pour compléter l’effort que doivent faire les populations en vue de réaliser un résultat préalablement identifié conjointement. 
De même, les actions ayant des conséquences sur la gestion ou l’utilisation durable des ressources sont maintenant privilégiées dans l’octroi des appuis. Il s’agit ainsi de montrer la corrélation étroite entre cette volonté d’appuyer et les attentes en termes de conservation. L’idée est de financer des expérimentations (techniques, organisationnelles) devant déboucher sur des constats concrets ayant des impacts bénéficiaires directs pour les populations et des avantages évidents pour la conservation.
Enfin, pour chaque intervention, la responsabilisation des populations est engagée, les responsables identifiés et les attentes connues.

L’exemple du micro crédit
La mise en pratique de la nouvelle stratégie est particulièrement révélatrice au niveau du volet micro-crédit, conçu pour être étroitement relié à des engagements permettant de montrer la synergie entre appuis au développement durable et conservation des écosystèmes. 
L’idée est d’élaborer un partenariat sous forme de contrat de micro finance faisant appel à une contrepartie environnementale formelle et négociée. En clair, le parc se doit d’améliorer les conditions de vie des populations de la périphérie en veillant à ce que les activités de celles-ci respectent le processus de régénération des écosystèmes et la conservation de la biodiversité.
Plusieurs activités directement liées à l’exploitation des ressources sont exercées par les populations pour subvenir à leurs besoins : le maraîchage, le tannage des cuirs, le tissage des nattes, la pêche, l’artisanat (couture et broderie) ainsi que l’élevage. A l’exception de la dernière qui n’a pas fait l’objet d’appui micro-crédit spécifique, ce sont ces activités qui ont été ciblées comme devant bénéficier d’un appui. L’équipe PND/UICN a donc cherché à comprendre en quoi ces activités avaient besoin d’une intervention extérieure et en quoi elles avaient un impact sur l’environnement en général.
Pour chacune de ces activités, les demandes d’appui concernaient soit des fonds de roulement ou des équipements devant à la fois améliorer la valorisation des produits, améliorer les conditions de travail, améliorer la maîtrise par les acteurs des filières dans lesquelles ils travaillaient ou plus généralement améliorer leurs revenus.
Chaque activité a par ailleurs un impact direct sur le renouvellement des ressources et c’est sur la minimisation des impacts que l’effort a été porté en cherchant à éviter la surpêche, la pollution (sac plastiques pour les commerçants, déversement des acides pour les tanneuses), la dévastation des plants de sporobolus robustus ou des arbres pour les activités de cueillette.
Pour chaque activité, une concertation a été établie, notamment sur ce que le PND était prêt à faire en termes d’appui financier et ce que les populations étaient disposées à consentir en termes de conservation des environnements et des ressources naturelles. Il s’agissait d’instaurer un rapport de collaboration complémentaire plus que de donner quelque chose gratuitement ; de  financer une expérimentation commune et non pas légitimer une présence ou une réglementation. Il s’agissait aussi de mettre en synergie les interventions dans le domaine de la micro-finance avec les activités que le parc menait dans les autres domaines, notamment dans les domaines de la régénération des écosystèmes et la conservation de la biodiversité.
Pour chaque activité, de nouvelles pratiques ou organisations ont été demandées, le respect de ces contreparties entraînant automatiquement un droit d’accès à un renouvellement du crédit lors d’une tranche ultérieure. 
C’est donc bien l’instauration d’un dialogue et l’idée d’un partenariat entre population et parc qui peuvent être considérés comme les principaux résultats de cette action. Depuis la mise en place de cette dynamique partenariale, les riverains prennent l’initiative de venir demander l’appui du parc pour respecter leurs engagements et améliorer la gestion de leurs ressources. 
Cela marque une profonde transformation des mentalités et de la représentation que se font les populations de l’institution de conservation qu’est le Parc National du Diawling. Cela atteste également qu’il y a une meilleure compréhension des logiques qui relient les contraintes de gestion aux bénéfices directs qu’en attendent en échange les populations. 
C’est ce dernier indicateur qui permet de dire que l’appropriation par les populations des pratiques de gestion durable des environnements n’est pas une chimère, même si le chemin qui reste à parcourir est long et semé d’embûches.

 

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