Nouakchott, 16 Mar.03 – La Journée de la femme, célébrée en Mauritanie le 08 mars 2003 comme partout ailleurs dans le monde, a été l’occasion pour l’UICN, au travers de son Projet de conservation et d’utilisation durable du mulet, d’assurer la promotion des produits traditionnels transformés par les femmes Imraguen. Déclinés dans des sachets étiquetés, les produits présentés à l’exposition des femmes sont ceux issus de la méthode traditionnelle de transformation du mulet jaune (azol) en tichtar, huile, lekhle et poutargue par des femmes Imraguen.
Cette première expérience a été menée avec les femmes du village Imraguen de Teichott, choisi comme zone d’implantation d’une opération pilote d’appui à la transformation. Un volume de micro-crédit a été disponibilisé aux groupes de femmes transformatrices Imraguen par l’intermédiaire de la coopérative villageoise, pour permettre aux femmes d’acheter le produit frais, de le transformer de manière traditionnelle et d’en assurer la commercialisation.. En outre, le micro-crédit a été accompagné de la distribution de matériel de travail nécessaire à la transformation également prévue dans le cadre du volet Développement du Projet Mulet.
Contractées pour une période allant du mois d’octobre 2002 à celui de janvier 2003, les sommes empruntées ont été remboursées dans leur intégralité avant l’échéance fixée. Les marges dégagées par les femmes lors de cette expérience sont très encourageantes et révèlent le grand dynamisme et la volonté des participantes. De plus, chaque groupe a rétrocédé 10% du montant de la marge bénéficiaire réalisée à la coopérative pour permettre à celle-ci d’acquérir progressivement un fonds de roulement.
La participation des femmes Imraguen à la foire artisanale de Nouakchott organisée à l’occasion de la journée mondiale de la femme est plus qu’un symbole.
En effet, dans un contexte de développement de l’activité de pêche et de mutation d’une activité de subsistance à une activité commerciale, les femmes ont été, en quelques années, progressivement mises à l’écart de la filière pêche. Cette évolution rapide est lourde de conséquence dans une société dont les traditions et la culture sont axées autour de l’exploitation traditionnelle et durable des ressources halieutiques et particulièrement du mulet.
Cette expérience apporte non seulement la preuve de la rentabilité de la valorisation traditionnelle des produits de la pêche, mais permet également de redonner aux femmes un rôle et une fonction centrale dans l’organisation communautaire Imraguen.