Beaucoup d’observateurs relèvent aujourd’hui un paradoxe. Au moment où le problème de la désertification se pose de plus en plus avec acuité comme facteur dégradation des terres et donc de blocage très important pour le développement durable des pays touchés, le processus de mise en œuvre de la convention des Nations-Unies sur la lutte contre la désertification (CCD) est actuellement dans une impasse en Afrique de l’Ouest.
C’est pour surmonter cette difficulté que le programme désertification du Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’UICN (l’UICN-BRAO) a organisé, dans le cadre de son initiative « Appui à la mise en œuvre de la CCD en Afrique de l’Ouest », six réunions pour recueillir dans chacun des trois pays visés par l’initiative (Burkina Faso, Mali et Mauritanie) les points de vue des partenaires au développement et de représentants de la société civile sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la convention désertification dans ces pays.
A la veille du second examen des rapports sur l’état de la mise en œuvre de la CCD dans les pays parties touchés (CRIC/UNCCD, novembre 2002), examen qui risque d’aboutir aux mêmes recommandations que celles qui avaient été formulées par le premier exercice (AHWG, Bonn 2000), il était important de relancer le dialogue dans les pays touchés entre les différents acteurs impliqués dans la lutte contre la désertification (instances étatiques, partenaires au développement et société civile) afin qu’ils se mettent d’accord sur les solutions à apporter pour relancer le processus de mise en œuvre de la CCD sur le terrain.
C’est ainsi que les réunions d’échanges de la Mauritanie se sont tenues les 23 et 24 octobre avec pour objectif de recueillir les points de vue des deux catégories d’acteurs que sont les partenaires au développement et la société civile sur la façon dont sont mis en œuvre les principes de la CCD et d’amorcer une reprise du dialogue entre les différents acteurs qui doivent être impliqués dans la lutte contre la désertification.
Ces échanges étaient nécessaires, car il est trop souvent fait mention du fait que la convention représente effectivement un consensus au niveau international sur ce que doit être la lutte contre la désertification, mais que sur le terrain les actions à entreprendre pour rendre opérationnelle la convention sont beaucoup moins partagées par l’ensemble des acteurs. Recueillir les points de vue des différents acteurs, représente donc la première étape d’un processus plus long qui vise à identifier de façon concertée les actions qui doivent être entreprises pour relancer effectivement la mise en œuvre de la CCD dans ces pays.
Dans un souci de partage de l’information et de lisibilité de l’initiative, les compte rendus des réunions ont été transmis à l’ensemble des participants ainsi qu’au Conseil National de l’Environnement et du Développement (CNED) afin que chacun des trois groupes prenne connaissance des points de vue des autres acteurs sur la façon dont sont mis en œuvre les principes de la CCD dans le pays.
A ce stade de l’initiative, les différents points de vue ont fait l’objet de compte rendu des réunions dont l’analyse sera approfondie lors des prochains échanges que l’UICN s’engage à promouvoir de concert avec le CNED.
Au cours de la prochaine étape (prévue pour la fin 2002 - début 2003), il s’agira de faire ressortir avec les différents acteurs les axes de travail qu’ils considèrent comme prioritaires pour améliorer la mise en œuvre de la CCD dans leur pays. Ce n’est qu’une fois ces principaux axes de travail identifiés que les actions concrètes et les moyens nécessaires à mettre en œuvre pourront être abordés.
L’initiative lancée par le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’UICN n’est qu’à son début, car identifier les contraintes chacun de son côté est une chose, trouver des solutions partagées et réalistes en est une autre. L’UICN se donne neuf mois pour appuyer l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre la désertification pour qu’ils essayent ensemble d’y parvenir.