UICN en Mauritanie
A propos de l'UICN
Programme
Aires protégées
  Reserve de la biosphère
Gestion des aires marines
Pêche
  Négociation des accords
Cogestion des ressources
Littoral
 

Aménagement
Observatoire
Réseaux d'experts

 
   
 

 

Nouakchott, 24 Mar.03 – Le siège mondial de l’UICN basé à Gland, en Suisse, a rendu publique, le vendredi 21 mars 2003, la Déclaration suivante avec le début du conflit armé en Irak :
« L’UICN, Union mondiale pour la nature,  a pris, à plusieurs reprises au cours de ses 55 ans d’existence, des positions publiques sur les activités militaires, les conflits et le développement durable. Elle le fait encore aujourd’hui parce que nous sommes confrontés à des événements dont l’impact pourrait compromettre le développement durable pendant de longues années à venir. 
L’UICN a suivi avec une inquiétude grandissante le conflit armé en Irak. A l’instar de plusieurs personnes et organisations à travers le monde, nous essayons de peser les arguments dans tous les aspects de la question afin de mieux comprendre les enjeux et d’identifier une contribution, si petite soit-elle, que l’UICN pourrait apporter pour trouver une solution à cette situation difficile et éviter les tragédies humanitaires et environnementales qui résulteraient inévitablement de la guerre.
De par notre engagement pour bâtir un avenir durable pour l’humanité, nous pensons que nous ne pouvons pas garder le silence.
La communauté internationale dispose d’une multitude d’instruments qui font référence aux conflits armés et à l’environnement, notamment le Protocole I additionnel aux Conventions de Genève, qui interdit l’utilisation de méthodes ou de moyens de guerre conçus pour ou susceptibles de causer des dommages étendus, durables et graves à l’environnement. Le Protocole exige qu’une attention soit portée, en cas de guerre, à la protection de l’environnement naturel contre les dommages étendus, durables et graves. Cette protection inclut l’interdiction de l’utilisation de méthodes ou de moyens qui visent à, ou qui pourraient causer ces dommages et par conséquent, porter préjudice à la santé ou à la survie de la population. Il interdit aussi les attaques contre l’environnement naturel à travers des représailles.
Outre le Protocole mentionné ci-dessus, les Etats ont réaffirmé  lors du récent Sommet Mondial sur le Développement Durable  leur engagement à la Déclaration de Rio, qui reconnaît que la guerre a un potentiel inhérent de destruction du développement durable. Le Principe 24 précise dans ce contexte que “Les Etats s’engagent en conséquence à respecter le droit international prévoyant la protection de l’environnement en temps de conflits armés et à coopérer dans son développement, en cas de besoin.” (Voir l’Annexe I pour les extraits sélectionnés des traités et instruments internationaux pertinents).
Depuis des décennies, l’UICN a été à l’avant-garde du mouvement de protection des ressources environnementales contre des dommages en temps de conflit. L’Union parraine de nombreux textes officiels concernant le rôle clé de la conservation de la nature et de la gestion des ressources naturelles dans la promotion du développement durable. L’un de ces textes, la Charte Mondiale pour la Nature, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, traite aussi de l’impact environnemental des conflits armés.
La Commission de l’UICN sur le droit de l’environnement, en collaboration avec le Conseil international du droit de l’environnement, a examiné le statut de la protection de l’environnement en temps de conflit armé. Dans le Projet de Pacte sur l’Environnement et le Développement de 1995 (actualisé en 2000), la Commission a introduit l’Article 32 sur les Activités Militaires et Hostiles (1) appelant les Parties à élaborer davantage et à mettre en œuvre des règles et des mesures visant à éviter de nuire à l’environnement, y compris les sites naturels et culturels d’intérêt particulier.
L’UICN a participé à l’évaluation des conséquences environnementales de la précédente guerre du Golfe et a conclu que les dommages ont été étendus et dévastateurs, allant bien au-delà des frontières de la zone de conflit. Une répétition des dommages causés par la dernière guerre du Golfe aux fleuves, zones humides, marais, déserts et mers, aura des impacts à long terme sur l’environnement naturel. Les dommages environnementaux causés par les conflits armés peuvent compromettre l’intégrité des ressources naturelles dont dépendent des millions de personnes pour leur existence.
Un conflit armé est toujours un échec tragique. Bien que dans certaines circonstances extrêmes la force s’avère nécessaire pour passer à une nouvelle étape de coopération et de progrès, le prix humain et écologique à payer pour entreprendre une guerre moderne est colossal et la dette qu’elle laisse derrière elle prend des années ou des décennies pour être remboursée.
Bien qu’il soit difficile dans le climat actuel de crise de prendre du recul et de voir la situation sous son angle général, c’est néanmoins ce que nous devons faire.
La durabilité est au cœur de la mission de l’UICN. Un avenir durable exige une économie solide, l’équité et la justice sociale et une gestion saine des ressources de la terre. Aucun de ces objectifs, qui sont intimement liés, ne peut être poursuivi en temps de conflit armé. En effet, l’établissement de la paix, de la sécurité et de la stabilité doit être notre priorité parce que cela constitue les préalables d’un développement durable. »

__________________________

(1) Lors de son Congrès mondial de la nature de 1996, l’UICN a apporté son soutien au travail en cours de la Commission dans l’élaboration du Projet de Pacte. Des explications complètes du Projet d’Article 32 figurent aux pages 96-101 du Projet de Pacte. On peut trouver le texte complet du Projet de Pacte à: http://www.iucn.org/themes/law/cel07.html

 

UICN en Mauritanie :
 ¦ A propos de l'UICN ¦ Programme ¦
 ¦ Aires protégées ¦ Pêche ¦ Littoral ¦ News ¦ 
 ¦ Documents ¦ Contacts ¦ Bureau régional ¦ UICN dans le monde ¦