UICN en Mauritanie
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Nouakchott, 13 Mar.03 – La ville sud-africaine de Durban abritera en septembre prochain (du 8 au 17) le cinquième Congrès mondial des aires protégées. Ayant pour objectif de démontrer l’intérêt des aires protégées pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux du 21ème siècle, cet événement mondial est organisé tous les dix ans par l’UICN et sa Commission des Aires protégées. Il interviendra cette année après le congrès de 1992 tenu à Caracas (Venezuela). 
L’intérêt porté aux aires protégées est justifié par plusieurs facteurs et indicateurs déterminants, notamment parce qu’elles couvrent environ 10% de la surface terrestre et qu’elles apportent de nombreux biens et services à l’humanité. En revanche, il est établi que les aires protégées, avec plus de 44.000 zones connues dans le monde, subissent de nombreuses pressions et menaces.
Cet état de fait a déterminé pour une large part la conscience grandissante des dirigeants du monde pour les questions environnementales, et plus particulièrement la protection des ressources naturelles, lors du Sommet mondial pour le développement durable tenu en septembre 2002 à Johannesburg (Afrique du Sud). Dix ans après le Sommet de Rio de Janeiro (Brésil – 1992) qui avait abouti à l’engagement d’unir les efforts de tous les pays afin de préserver le monde des désastres écologiques et assurer un développement durable à l’échelle de la planète, la conférence de Johannesburg a marqué un certain progrès en matière de sauvegarde des aires protégées. Des résultats importants ont émergé de ce sommet en particulier concernant la mise en œuvre de l’accord pour la gestion de ces zones au 21ème siècle, l’état des lieux des parcs naturels, les alliances stratégiques avec le secteur privé, les initiatives sur les zones transfrontalières et le tourisme, ainsi que l’étude de la mise en place d’un système international de certification des aires protégées (efficacité de gestion).
Cette mobilisation internationale n’est pas sans concerner la Mauritanie qui, avec ses parcs nationaux du Banc d’Arguin (PNBA – classé site Ramsar et inscrit sur la liste des sites naturels du Patrimoine mondial) et de Diawling (PND – site Ramsar), a inscrit depuis quelques années son action dans le mouvement mondial en faveur des aires protégées. Illustration de l’importance accordée par le gouvernement à la préservation des aires protégées, le Président mauritanien Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya avait donné, en marge du sommet de Johannesburg et en compagnie du Président brésilien, de Nelson Mandela et du Roi Zoulou, le coup d’envoi des préparatifs du 5ème Congrès des aires protégées entamés au Centre mondial de l’environnement de l’UICN. 
Exprimant sa satisfaction pour l’extension des zones protégées dans les pays en développement, le Président mauritanien a souhaité, dans un discours prononcé lors de la cérémonie de coup d’envoi, « que [les] partenaires au développement poursuivent et renforcent leur coopération avec nous dans ce domaine pour atteindre les objectifs du 5ème Congrès mondial des parcs nationaux ». Il avait terminé en félicitant « le directeur général de l’UICN pour le travail remarquable mené par l’Union à travers le monde et pour la qualité de son programme en Mauritanie ».
Autre preuve de l’engagement au plus haut niveau des autorités de la Mauritanie, la coprésidence par le Président mauritanien au côté de son homologue sénégalais, toujours en marge du sommet de Johannesburg, d’une réunion qui a regroupé les ministres africains de l’environnement et les bailleurs de fonds. Cette réunion était consacrée à la préparation du volet "environnement" du Nouveau partenariat africain pour le développement (NEPAD). Elle a été l’occasion pour le Président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya d’affirmer que le programme environnemental de l’initiative NEPAD, actuellement en cours d’exécution, devra prendre en compte les grands défis auxquels fait face l’Afrique en matière d’environnement tels que la sécheresse, l’irrégularité des pluies, le déficit hydrique et la destruction rapide de certains écosystèmes.
Le volet environnemental du NEPAD qui, entre autres domaines prioritaires, met l’accent sur les zones humides, trouve un prolongement concret dans le Programme Régional de Conservation de la Zone Côtière et Marine en Afrique de l’Ouest (PRCM). Initié en 2001 à l’initiative de l’UICN, du WWF et de la FIBA (Fondation Internationale du Banc d’Arguin, ONG membre de l’UICN dont la présidence d’honneur est assurée par le président mauritanien), ce programme mène un partenariat étroit avec les pays de la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP regroupant la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, le Cap Vert et la Guinée). Outre la CSRP, d’autres organismes comme Wetlands International et l’UNESCO (bureau régional de Dakar) entretiennent des relations suivies avec le PRCM et ont d’ailleurs été invités à le rejoindre. 
Plusieurs Aires Marines Protégées (AMP) ont été créées le long de la côte ouest-africaine, notamment dans les pays de la zone PRCM. On peut citer en particulier l’Archipel des Bijagos en Guinée Bissau, le Delta du Saloum au Sénégal ou encore le fameux Banc d’Arguin de Mauritanie.
Ces espaces protégés permettent d’assurer la conservation de certaines parties névralgiques de la zone côtière, et constituent des milieux d’importance critique pour la régénération des ressources halieutiques et de la biodiversité. Ils protègent en outre des habitats sensibles tels que les herbiers marins ou les mangroves en même temps qu’ils abritent des populations ayant développé, au fil des siècles, des valeurs culturelles directement liées à l’environnement, qui s’avèrent précieuses pour sa gestion actuelle et future.
Malgré sa jeunesse, le PRCM a déjà réalisé de nombreuses activités, notamment l’élaboration d’une stratégie régionale de conservation des aires marines protégées, ainsi qu’un projet de déclaration de politique générale qui devrait être signée par les ministres concernés des six pays. Ces deux documents feront partie de la documentation complète que le PRCM compte présenter au Congrès mondial de Durban.

 

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