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Les acteurs de la sous-région privilégient l’approche de précaution
Nouakchott, 09 Avr.05 – Organisé à Nouakchott du 07 au 09 mars 2005, l'atelier régional de renforcement des capacités en gestion environnementale de l'exploitation pétrolière et gazière a réuni pendant trois jours un large panel de parties prenantes (Gouvernement, organisations socioprofessionnelles, société d’exploration ou d’exploitation de pétrole dans la région, société civile) de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Guinée. Ces acteurs clé ont pu acquérir, à cette occasion, des éléments d’information couvrant un large spectre de sujets liés à la thématique de la rencontre. 
Forts d’une meilleure compréhension des facteurs contribuant à asseoir une approche de précaution en matière d’exploitation pétrolière, les quelques soixante dix participants ont pu mener, durant les trois jours de la rencontre, des débats fructueux ayant permis de formuler des recommandations fortes et complètes concernant les mesures de précaution qui doivent entourer l’exploitation pétrolière offshore en plein essor, et notamment le renforcement du cadre juridique, la participation de la Société civile et la nécessité de transparence de la part des Etats et des Compagnies.
Premier du genre, cet atelier marque le début concret du processus de mise en place des conditions appropriées pour garantir sur le long terme une exploitation des hydrocarbures respectueuse des priorités socio-économiques et environnementales. Cette approche de précaution a été fortement valorisée par les participants, à travers notamment leurs recommandations portant sur :
- la planification des campagnes sismiques en phase exploratoire pour éviter les effets négatifs sur les ressources 
- la réalisation de normes environnementales stratégiques
- l’interdiction de l’exploration dans les zones particulièrement sensibles
- la réalisation d’un zonage précis pour hiérarchiser les zones menacées et les zones les plus sensibles 
- la garantie d’un principe de rejet zéro (surtout pour les eaux de production) dans les zones d'exploitation de gaz au nord du Banc d'Arguin 
- le suivi et le contrôle la qualité du milieu ainsi que la promotion de la recherche scientifique
- l’usage des meilleures technologies et des meilleures pratiques en matière d'exploitation pétrolière;
- la mise en place d’un minimum de moyens de prévention et de lutte contre la pollution marine par les hydrocarbures ;
- l’évaluation indépendante des risques liés au passage des milliers de bateaux (surtout les pétroliers) le long de la côte ouest-africaine 
- une meilleure lutte contre la pauvreté grâce aux ressources tirées de l'exploitation pétrolière;
- le partage équitable des revenus de l'exploitation pétrolière pour assurer un développement harmonieux tenant compte des autres secteurs de développement ;
Outre l’association et le partage de la responsabilité avec la société civile dans toutes les phases de négociations, d'exploitation et de gestion des revenus, les recommandations avaient également pour souci la mise en place d’un cadre et d’actions à même d’assurer la prise en charge de la gestion de l’exploitation pétrolière de façon globale. Ce souci a été mis en exergue par les recommandations sur la création d’instances de concertation et de coordination, la formation des ressources humaines, l’échange d'informations, la ratification des conventions internationales spécifiques et la promotion des mécanismes transparents de gestion des revenus tirés de l'exploitation pétrolière.

Pour rappel, l’atelier était organisé dans le sillage d’une table ronde tenue en juillet 2004 dans les locaux de l’UICN à Nouakchott sur le thème du renforcement des capacités en matière de suivi des activités pétrolières offshore développées en Mauritanie. A l’issue de cette table ronde, tenue en présence de représentants de l’Administration mauritanienne, de la société pétrolière Woodside, de membres d’ONG mauritaniennes et d’organisations internationales, il avait été demandé à l´UICN d´organiser une série d´actions pour mieux informer les décideurs sur la gestion environnementale de l´exploitation pétrolière offshore et les meilleures pratiques dans ce domaine qui existent à travers le monde. 

C’est en ce sens que le PRCM (Programme Régional de Conservation de la zone côtière et Marine) et la CEESP/UICN (Commission des politiques environnementales, économiques et sociales de l’UICN) se sont attelés à l’organisation d’un atelier sur le renforcement des capacités en gestion environnementale de l’exploitation pétrolière en collaboration avec les départements compétents du Gouvernement mauritanien et avec le partenariat de la FIBA, de l’UICN, du WWF et de la société Woodside. En raison de la nature de la thématique, l’option a été prise d’organiser un atelier de dimension régionale. Un tel choix se justifie non seulement par le fait que la gestion de l’exploitation pétrolière est une problématique partagée en Afrique de l’Ouest (du pétrole et du gaz ont été découverts en 2001 dans la zone côtière mauritanienne puis dans le reste de la sous-région), mais également parce que toute pollution par les hydrocarbures a des conséquences qui s’affranchissent des frontières surtout dans une zone caractérisée par de fortes interactions marines.

En prélude à l’atelier, une visite d’étude avait été organisée par les institutions du PRCM (FIBA, UICN, WWF), du 19 au 27 février 2005, au Nigeria à l’intention d’une dizaine de représentants de secteurs gouvernementaux et de la société civile. Elle avait pour objectif de proposer aux nouveaux et futurs pays pétroliers une grille d’analyse et un bilan de cinquante années d’exploitation du pétrole. Ce faisant la visite a pu favoriser, à travers le cas du Nigeria, la compréhension des multiples défis auxquels la région ouest-africaine aurait à faire face dans la perspective de l’exploitation des hydrocarbures en zone offshore.

Encadrée par la CEESP avec l’appui de l’ONG nigériane NCF (Nigerian Conservation Foundation), cette visite a aussi bien permis des entretiens avec des acteurs et hauts responsables des secteurs du pétrole, de l’environnement et de la société civile que de se rendre compte des dysfonctionnements et multiples problèmes consécutifs à une mauvaise gestion de l’activité pétrolière dans le delta du fleuve Niger. 
Aussi bien à travers l’organisation et l’encadrement de la visite au Nigeria que de l’atelier, la contribution des experts de la CEESP a été déterminante au succès de ces deux évènements. En cela, l’apport d’experts de l’OMI (Organisation Maritime Internationale), de la Commission néerlandaise sur les études d´impact environnemental (EIE Dutch Commission) du Président de la NCF, du PRCM mais également de la société pétrolière Woodside a pareillement contribué à édifier les acteurs de la sous-région sur nombre de questions et de mécanismes particulièrement utiles à la bonne gouvernance de l’exploitation pétrolière.
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