Ouagadougou (Burkina Faso), 21 Fev.06 – Une soixantaine de participants représentant les membres de l'UICN en Afrique de l’Ouest, les ONG et organismes partenaires de l'Union dans la sous-région se sont retrouvés le 25 janvier 2006 à Ouagadougou (Burkina Faso) dans le cadre d’une rencontre régionale facilitée par l’UICN BRAO et le Comité Néerlandais de l’UICN. Cette réunion s’est tenue en présence de M. Amadou Tidjane Ba, Conseiller régional de l’UICN pour l’Afrique, et de plusieurs ONG environnementales non membres qui ont été invitées en qualité d’observateurs.
Pendant deux jours, les membres de l’UICN ont fait le point de l’évolution de l’organisation depuis la dernière réunion qui s’est tenue à Bamako (Mali) en 2002. Il a été également procédé à l’évaluation de la situation des membres à travers le monde, en particulier en Afrique de l’Ouest.
Au cours de la cérémonie d’ouverture, le Directeur régional de l’UICN, M. Ibrahim Thiaw, a relevé l’état d’indigence dans lequel se trouve aujourd’hui le secteur de l’environnement. « Il suffit, pour s’en convaincre de peser le pourcentage des budgets nationaux réservés à la gestion des ressources naturelles. De plus en plus insignifiante également est la part de l’aide publique au développement consacrée à la protection de l’environnement », a-t-il indiqué.
Pourtant, tous – y compris les décideurs – s’accordent à dire que le développement durable ne saurait se concevoir sans une meilleure gestion de l’environnement. Les récentes catastrophes naturelles, particulièrement le Tsunami, nous ont encore rappelé la pertinence de cette préoccupation « Une bonne couverture forestière aurait servi d’écran protecteur aux vies humaines perdues lors des catastrophes », a souligné M. Ibrahim Thiaw.
Les différentes composantes de l’UICN oeuvrent justement à changer les comportements et influencer positivement les décisions en faveur d’une meilleure prise en compte des questions de la conservation de la nature dans la gestion des Etats. Rassemblant à la fois des Etats, des organismes de droit public et des ONG et regroupant au sein de ses commissions spécialisées, les plus éminents scientifiques et techniciens de l’environnement et du développement, l’UICN constitue une force unique en son genre. Elle n’a cependant peut-être que timidement exploré ses forces et faiblement exploité les opportunités existantes. D’où la nécessité d’une analyse plus conséquente et d’une démarche concertée et coordonnée.
La rencontre de Ouagadougou constitue de ce point de vue une occasion pour les membres de l’UICN en Afrique de l’Ouest de se mettre d’accord sur un ou plusieurs objectifs majeurs communs pour lesquels ils chercheront à produire des résultats concrets et un impact réel. En écho à cette approche autrement plus efficace, M. Amadou Tidjane Ba, Conseiller régional de l’UICN pour l’Afrique, a invité les membres de l’UICN à constituer des comités nationaux dans leurs pays respectifs, mais aussi à mettre à contribution l’expertise du réseau d’experts de l’UICN. Et ce, pour mieux vulgariser les problèmes environnementaux brûlants dans la sous-région et renforcer les capacités des Etats dans la mise en oeuvre des conventions qu’ils ont signées.
Une nigériane à la tête du comité des membres de l’UICN en Afrique de l’Ouest
Les membres de l’UICN en Afrique de l’Ouest ont bouclé leur réunion le 26 janvier par le renouvellement de leur comité. Ils ont porté à la tête de ce comité Mme Gloria Ujor de l’ONG "Nigerian Environmental Study Action Team" (NEST), l’un de plus anciens membres de l’UICN dans la sous-région.
Titulaire d’un doctorat en foresterie et d’un diplôme en sciences de l’environnement, Gloria a fait ses premiers pas dans la conservation de la nature au Ministère nigérian de l’environnement qu’elle n’a pas quitté même après avoir rejoint l’ONG NEST, spécialisée dans la sensibilisation à une gestion durable des forêts et à la gestion des risques liés au changement climatique.
La nouvelle Présidente du CMAO (Comité des membres de l’Afrique de l’Ouest) sera épaulée dans sa tâche par M. Tomane Camara de l’ONG bissau-guinéenne Actions pour le Développement (AD). Un Secrétaire général ainsi que quatre chargés de mission font également partie de ce nouveau comité dont M. Ahmed Ould Keib de l’Association pour la Protection de l’Environnement et Action Humanitaire (APEAH), membre mauritanien de l’UICN.
Le nouveau CMAO devra s’atteler à traduire en plans d’actions les axes stratégiques définis par les membres, entre autres le renforcement des relations entre le CMAO et le Secrétariat de l’UICN, l’élaboration d’un programme d’activités ambitieux assorti des moyens de sa mise en oeuvre, l’adhésion de nouveaux membres au sein de l’UICN dans la sous-région et la création de nouveaux comités nationaux.
La nouvelle équipe dirigeante du CMAO se consacrera également à la préparation du prochain congrès des membres (Congrès mondial de la nature). Elle oeuvrera aussi pour une plus grande implication des membres dans les activités de communication.
Les défis qui attendent cette équipe sont immenses et sans doute à la mesure de ses ambitions de donner une plus grande impulsion aux activités de l’UICN dans la sous-région. Mme Gloria Ujor croit aux capacités des membres de l’UICN. « Je me propose de mettre à profit d’immenses ressources humaines que compte l’UICN dans la sous-région pour imprimer une dynamique nouvelle dans nos activités », a-t-elle déclaré peu après sa désignation. Par ailleurs, les membres ont également discuté des expériences de partenariat pour la conservation de la nature tels que le Programme régional de
conservation des zones côtières et marines d’Afrique de l’Ouest (PRCM) ainsi que l’initiative de conservation des forêts en Afrique de l’Ouest. Cette dernière initiative a donné lieu aux discussions sur les voies et moyens d’y impliquer les membres.
Le CMAO est le premier groupement régional des membres reconnu officiellement par le Conseil de l’UICN en 1999. Depuis, deux comités nationaux des membres ont vu le jour au Sénégal et au Mali.
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