Bulletin d'information du Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest
IMPRIMER
IUCN Global Website
 
  Kibaar index
Dans ce numéro
Editorial
  Les aires protégées de tous les enjeux
Actualité
  Le Congrès Mondial des Parcs balise la voie pour accroître les bénéfices par-delà les frontières
  Construire un avenir financier sécurisant pour les aires protégées
  L’Afrique de l’Ouest : d’un congrès à un autre
  Conservation : les populations et leurs leaders s’en mêlent
  Le congrès Mondial des Parcs vu par les délégués de l’Afrique de l’Ouest
  La longue histoire du Congrès Mondial des Parcs
  Les mésaventures de Bernard et Bernadette
Echos
  Appui aux pêcheurs -
diversification des activités pour s’orienter vers une pêche durable en Mauritanie
  De la conservation à l'aménagement du territoire
  Tanzanie : Des garde-fous contre l’abus du recours à la force
  Parc National de Bunaken : Les bénéfices des patrouilles mixtes
Focus
  La privatisation des parcs nationaux au centre des débats en Afrique Australe - Parcs cherchent preneurs?
  Quid d’une aire protégée?
  Parc National Marin des îles de João Vieira et Poilão : un joyau au cœur de l’archipel de Bijagos
Essai
  La problématique juridique de la création des aires protégées transfrontalières
  Legal issues in the development of trans-frontier conservation
Publications
Liens
Agenda
Directeur de Publication
Ibrahim Thiaw
Rédaction/Compilation
Gaël Gillabert
Jean-Jacques Nduita
Jean-Marc Garreau

Lydie Diatto
Virpi Lahtela
Contributions à ce numéro
UICN-BRAO
01 BP 1618
Ouagadougou 01
Burkina Faso
Tél: (226) 30 70 47 / 30 85 80
Fax: (226) 30 75 61
kibaar@iucn.org
 

home

Search




webmaster

ACTUALITE


CONGRES MONDIAL DES PARCS

CONSERVATION : LES POPULATIONS LOCALES ET LEURS LEADERS S’EN MELENT

Par Aimé J. Nianogo
Chef de mission UICN/Burkina Faso

L'époque à laquelle le Congrès Mondial des Parcs était l’affaire de seuls spécialistes de la conservation de la nature de grande renommée mondiale est révolue.

Le congrès de Durban qui a vu se côtoyer de simples gardes forestiers, des jeunes rangers de 12 ans et même des villageois totalement analphabètes a consacré cette tendance. Il est aujourd’hui admis que la conservation intéresse également au plus haut point les populations ayant des intérêts directs à l'intérieur des zones protégées : communautés indigènes ou non, résidentes ou non.

Pourtant, les droits de ces populations ont jusqu’à une époque encore récente été bafoués alors qu’en raison de leurs connaissances, de leur savoir-faire et de leurs droits coutumiers sur les terroirs, certains autochtones sont potentiellement les meilleurs alliés de la conservation.

En invitant à ses assises une forte délégation des communautés, le Congrès de Durban a pris la juste mesure de la valeur que représente cette composante. Et celle-ci s’est montrée à la hauteur de la considération qui lui a été accordée. Ses points de vue très constructifs et originaux ont contribué à donner une note particulière au congrès, rehaussée par les tenues traditionnelles et les manifestations traditionnelles des autochtones des cinq continents, donnant ainsi plus de couleur au Congrès.

Roi Osagyefuo Amotia, Roi d’Akyem - crédit photo: UICN Parmi les représentants des populations, deux monarques se sont particulièrement distingués : le roi Osagyefuo Amotia Ofori Panim, souverain du Royaume d’Akyem, au Ghana ainsi que le roi Goodwill Zwelithini, roi des Zoulous. Aux côtés de M. Marc Ravalomanana, Président de Madagascar, ces deux rois ont présidé la journée africaine du Congrès.

A la différence du roi zoulou et du président malgache, habillés en tenue européenne, le roi ghanéen s’est singularisé par la richesse de sa tenue traditionnelle. Là ne s’arrête pas la particularité : le monarque s’est également illustré par une apparition des plus spectaculaires, accompagnée de toute une cour où se mêlaient gardes du corps, griots et autres serviteurs, rythmée par les appels de la trompette traditionnelle annonçant le roi.

Lors de son intervention, le roi s’est fait connaître à l’assistance sous son vrai jour. S’exprimant dans un anglais impeccable et en tous points pertinents, le souverain a révélé à une assistance de 2.500 personnes l’immensité des richesses du sous-sol de son territoire, lequel regorge d’or et de bauxite, outre le fait d’abriter un parc national riche en biodiversité.

Ce « scandale géologique » fait du territoire la cible privilégiée des intérêts locaux et étrangers attirés par les ressources minières. Et pour y accéder, ils promettent monts et merveilles au roi et aux populations.

Le roi sait que l’exploitation minière n’est pas éternelle et qu’elle profite beaucoup plus à d’autres personnes qu’aux habitants du territoire concerné, raison pour laquelle il refuse que son territoire devienne un champ d’extraction minière. Il est vrai que les populations vivent dans la pauvreté, et ont besoin de travail, de nourriture, d’instruction… Le roi en est bien conscient. Il a lancé un appel à la communauté internationale, pour qu’elle appuie non seulement les initiatives promouvant un partage réellement équitable des bénéfices tirés de la conservation, mais aussi les projets de développement local initiés par les populations de son terroir.

Il est permis de croire que la conservation de la biodiversité a pris un nouveau départ. La portée de celui-ci se mesurera certainement dans les réelles collaborations nouées avec ces nombreux nouveaux acteurs de la conservation.



Lire également d'autres articles sur les pages du site du Congrès Mondial des Parcs

Copyright © 1995-2002 International Union for Conservation of Nature and Natural Resources. All rights reserved.