Bulletin d'information du Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest
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  Dans ce numéro
Editorial
  Le SMDD... et après?
Echos
  Le Projet VALEURS, Sénégal
  Evaluation économique,
plaine d'inondation du Waza Logone, Cameroun
  Evaluation économique des parcs nationaux du Djoudj, Sénégal et du Diawling, Mauritanie
  Le Projet de conservation et d'utilisation durable du Mulet en Mauritanie
  La construction sans bois au Niger
Focus
  Développer des marchés en faveurs des pauvres
  L'entreprise et la biodiversité, le nouvel agenda
Essai
  Les ressources naturelles comme facteurs de production
  Réforme agraire et valeur économique de la terre
  Société civile et gestion de l'environnement
Actualité
  Adaptation aux impacts de la variabilité et du changement climatique sur les ressources en eau
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Agenda
 
Directeur de Publication
Ibrahim Thiaw
Rédaction/Compilation
Gaël Gillabert
Jean-Jacques Nduita
Jean-Marc Garreau

Lydie Diatto
Virpi Lahtela
Contributions à ce numéro
 
UICN-BRAO
01 BP 1618
Ouagadougou 01
Burkina Faso
Tél: (226) 30 70 47 / 30 85 80
Fax: (226) 30 75 61
kibaar@iucn.org

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N° 6, juin 2003
Economie et Environnement


DANS CE NUMERO...

Par Gaël Gillabert
Chargé du Programme régional Economie de l'Environnement


Chères Lectrices et chers Lecteurs,

C'est avec plaisir que nous vous proposons le présent numéro de notre journal "Kibaar", consacré aux liens entre l'économie et l'environnement.

En partie, ce numéro reflète certains aspects du travail de l'UICN en Afrique de l'Ouest qui visent à mieux intégrer l'environnement dans la sphère économique et, inversement, à mieux utiliser les approches et instruments économiques dans la gestion de l'environnement. Par ailleurs, le numéro ouvre ses pages à des articles qui prolongent la réflexion sur ce thème d'une importance cruciale pour le maintien et l'accroissement du bien-être de nos écosystèmes et de l'être humain.

En Afrique de l'Ouest, bien que les économies de certains pays affichent des indicateurs de développement encourageant, elles s'avèrent incapables de suivre la croissance de la population. De plus, selon la Banque mondiale, près de 48% de la population de l'Afrique sub-saharienne vivait dans l'extrême pauvreté avec moins de US$ 1 par jour en 1998. D'autre part, les pays de l'Afrique de l'Ouest, comme la plupart des pays en voie de développement, sont confrontés à une importante dégradation de leurs ressources naturelles et à divers problèmes de pollution.

Vente de végétaux ligneux et non-ligneux sur un marché de Mopti, Mali. crédit: Gaël Gillabert Ce constat est d'autant plus préoccupant si l'on sait que près de 80% de la population ouest africaine est rurale et dépend directement des ressources naturelles comme moyen de subsistance. Sans moyens pour déployer des efforts de restauration de l'environnement, limitée dans ses capacités à trouver des moyens de subsistance alternatifs ou à se procurer d'autres sources de revenus, c'est ainsi la tranche la plus pauvre de la population qui supporte une grande partie des coûts liés à la dégradation de l'environnement. Cette dégradation de l'environnement n'apparaît donc pas seulement comme une question environnementale mais bien aussi comme une question économique.

Dans ce contexte, l'UICN argumente en faveur d'une gestion durable et équitable des ressources, considérée comme une condition essentielle de tout progrès à réaliser à long terme par les populations ouest-africaines qui assurerait la conservation et la valorisation de leur capital naturel.

Vente de bois de chauffe à Ouagadougou, Burkina Faso. crédit: Gaël GillabertDans cette optique, l'économie a un rôle central à jouer pour aborder les problèmes de conservation et de développement. En effet, l'économie, en tant que discipline, permet de comprendre et prédire les forces conduisant à la dégradation ou à la préservation des ressources naturelles et offre une large gamme d'outils, de mesures et de stratégies pouvant encourager la conservation, l'utilisation durable de ces ressources ainsi que le partage équitable des bénéfices liés à leur exploitation. Ce rôle crucial de l'économie est par ailleurs reflété dans plusieurs décisions de la Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), ratifiée par les 16 Etats d'Afrique de l'Ouest.

Si les décideurs, planificateurs et gestionnaires ouest-africains de l'environnement sont bien conscients de la nécessité d'utiliser les outils économiques, il reste beaucoup à faire pour intégrer plus souvent les différentes approches économiques existantes dans les stratégies, plans et programmes nationaux. Il apparaît par ailleurs nécessaire de développer des approches économiques, de générer de l'information et des lignes directrices qui soient facilement applicables et appropriées aux conditions de l'Afrique de l'Ouest. C'est dans ce sens que travaille le Programme régional Economie de l'Environnement de l'UICN.

De vastes champs de recherche, d'expérimentation et d'action sont donc ouverts, qui portent sur une meilleure connaissance de la contribution des biens et services environnementaux aux économies nationales, des coûts liés à la dégradation de l'environnement et des liens entre environnement et pauvreté avec notamment le but de mieux intégrer l'environnement dans les politiques de développement.

ECHOS

Les trois premiers articles de cette rubrique ("Le Projet VALEURS", "Evaluation économique de la ré-inondation de la plaine d'inondation du Waza Logone" et "Evaluation économique des parcs nationaux du Djoudj et du Diawling") relatent trois situations différentes dans lesquelles l'UICN a mis à profit un des outils fondamentaux de l'économie de l'environnement, à savoir l'évaluation économique de l'environnement. En effet, en cherchant à évaluer la valeur économique totale attachée à un écosystème ou à une ressource (voir les différentes définitions des valeurs associées aux biens environnementaux proposées dans l'article "Réforme agraire et valeur économique de la terre"), il est possible de montrer les bénéfices liés à sa conservation et d'identifier les individus ou les groupes de personnes qui les perçoivent. Cela permet aussi de montrer les coûts liés à la dégradation de l'environnement et d'identifier ceux qui les supportent. Enfin, de telles études soulignent le fait que l'environnement, en tant que stock de capital naturel, permet de générer indéfiniment des bénéfices directs et indirects en faveur des populations s'il est géré de manière durable (voir la réflexion proposée sur ce sujet dans l'article ("Utilisation des ressources naturelles comme facteurs de production").

L'article "La construction sans bois" rend compte de l'expérience menée avec une innovation technologique dans le domaine architectural qui, adaptée aux conditions économiques des populations et à un environnement fragile, réduit la pression sur les ressources ligneuses, augmente sensiblement le bien-être des individus et contribue à la lutte contre la pauvreté.

L'article "Le projet de Conservation et d'Utilisation Durable du Mulet en Mauritanie" illustre les efforts menés par ce projet pour restaurer les stocks de différentes espèces de poissons pêchées. Une meilleure connaissance de l'éco-biologie de ces espèces a permis de promouvoir une utilisation durable de ces ressources par la formulation de différentes recommendations. Leur implantation devrait aboutir à un accroissement du rendement de la pêche en Mauritanie et au Sénégal, deux pays dont les économies dépendent étroitement de ces ressources.

FOCUS

L'article "Développer des marchés en faveurs des pauvres qui génèrent des bénéfices sociaux et environnementaux " argumente en faveur de mécanismes de financement novateurs de la conservation de l'environnement. En effet, la conservation implique une série de coûts directs et indirects tels que les coûts de gestion, les coûts des dommages à d'autres activités et les coûts d'opportunité (dans le sens que les ressources considérées pourraient être allouées à d'autres activités de développement, elles-mêmes susceptibles de générer d'autres niveaux de revenus). Il est donc nécessaire d'identifier des modes de financement durables des activités de conservation. Les mécanismes basés sur le marché identifiés dans l'article visent une distribution plus efficiente et équitable entre ceux qui bénéficient de l'utilisation des biens et services environnementaux et ceux qui supportent les coûts de cette utilisation.

Dans la foulée, l'article "L'entreprise et la biodiversité, le nouvel agenda" suggère qu'une amélioration des performances sociales et environnementales des entreprises est nécessaire pour garantir leur survie à long terme, avec, à la clé, la possibilité de créer de nouvelles opportunités, pour l'entreprise aussi bien que pour la biodiversité.

ESSAI

Sur la base d'études conduites au Burkina Faso, l'article "Utilisation des ressources naturelles comme facteurs de production" montre que la valorisation des ressources naturelles accroît les potentialités de développement et permet de limiter voire inverser les processus de dégradation.

L'article "Réforme agraire et valeur économique de la terre" pose un regard nouveau sur la problématique de l'application de la réforme agraire et foncière au Burkina Faso en proposant une réflexion autour des différentes valeurs associées à la terre en tant que ressource naturelle.

Dans la perspective d'un développement durable, l'article "Société civile et gestion de l'environnement" aborde le fonctionnement des trois institutions que sont le marché, l'Etat et la société civile et argumente en faveur d'une intégration plus forte de cette dernière dans les activités de conservation de l'environnement.


Nous espérons que l'ensemble des articles rassemblés ici rencontrera votre intérêt et nous nous réjouissons dores et déjà de recueillir vos réactions et vos expériences personnelles dans le domaine. Nous vous souhaitons bonne lecture…

Guinée-Bissau. crédit: Philippe Tous et Eric Féron

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