Message de la Directrice générale

25 May 2012 | Article

Cher(e) membre du réseau UICN, après des années de négociations internationales, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) vient enfin d’être créée. Cette plateforme mondiale sera chargée d’évaluer régulièrement l’état de la biodiversité, de nos écosystèmes fragiles et les services essentiels qu’ils nous offrent à tous.

Je me réjouis de la ténacité qu’ont montrée les gouvernements du monde entier, notamment les États Membres de l’UICN, pour renforcer les liens entre science et politique dans le domaine de la biodiversité et des bénéfices qu’elle procure. Enfin, je félicite tous ceux, au sein du réseau UICN et au-dehors, qui ont joué un rôle essentiel dans cette étape décisive.

Notre expérience dans le domaine de la science, des produits de connaissances et des outils politiques ainsi que la nature même de notre Union, constituée de nombreux gouvernements et de plus de 1 000 organisations non gouvernementales, placent l’UICN au cœur de l’implication de la société civile dans la création de la Plateforme. Nous avons fortement soutenu dès 2008 le processus de négociations pour la création de la Plateforme, et avons défendu l’implication des acteurs non gouvernementaux – depuis les chercheurs universitaires jusqu’aux populations autochtones – en tant que fournisseurs de connaissances et utilisateurs finaux des évaluations et autres produits réalisés par la Plateforme.

Je me réjouis de voir que, grâce à nos efforts, les gouvernements ont accepté de garantir que la société civile participe activement et efficacement dans le travail de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. La création officielle de la Plateforme IPBES est une nouvelle occasion pour l’UICN de soutenir la Plateforme dans toutes ses fonctions.

Depuis 60 ans, notre Union produit des connaissances sur la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes, et elle fut l’une des premières à le faire. Elle a contribué à quasiment toutes les évaluations environnementales mondiales importantes, notamment l’Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire et celles qui ont suivi. L’UICN a élaboré, seule et avec d’autres organisations, de nombreux produits de connaissances pour soutenir la mise en œuvre et l’application de politiques, et a joué un rôle important dans le renforcement des capacités pour accroître les liens entre science et politique sur les questions liées à la biodiversité et à la conservation.

Il est encourageant de voir l’UICN reconnue pour la qualité de ses produits de connaissances, et c’est un honneur pour nous d’être considérés comme un acteur crédible et honnête de coordination de la société civile, dont tout le monde attend beaucoup.

Tous vos efforts pour soutenir la recherche scientifique, gérer des projets sur le terrain et rassembler les gouvernements, les organisations non gouvernementales en faveur de la conservation de la nature, les groupes autochtones, les entreprises, les organismes internationaux et la communauté scientifique, sont déterminants pour que l’UICN contribue à soutenir cette nouvelle Plateforme.

La première réunion de l’assemblée plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques se tiendra début 2013, mais elle se prépare dès maintenant ! En attendant, le Programme des Nations Unies pour l’environnement continuera provisoirement à servir de Secrétariat pour la Plateforme. Il réalisera une présentation des évaluations et lancera un appel à candidatures nationales sur le renforcement des capacités. Par ailleurs, il ne fait aucun doute que des actions pilotes permettraient de préparer les futures activités de la Plateforme. L’UICN se tient prête pour aider ses États Membres à organiser les consultations nécessaires et à mettre au point des actions pilotes qui feraient décoller la Plateforme dès ses débuts.

Je vous invite à lire ce numéro spécial qui souligne à quel point l’UICN a contribué à la création de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Nous espérons pouvoir collaborer étroitement avec vous, en partageant nos connaissances et en soutenant les décideurs politiques, afin de garantir à la nature et à son rôle incommensurable pour notre bien-être la place qui leur est due.

Bien cordialement,

Julia Marton-Lefèvre
Directrice générale de l'UICN