Protéger davantage les territoires de l’outre-mer européen

02 November 2011 | News story

Les grenouilles géantes de la montagne, l’île aux 25 millions d’oiseaux et une forêt tropicale de la taille du Portugal sont de plus en plus menacés par les impacts du changement climatique et ont besoin d’une protection accrue, selon un nouveau rapport publié par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

Selon cette étude, intitulée Perspectives d’action pour la biodiversité dans l’outre-mer européen : bilan de la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique, l’Europe tirerait grandement parti d’une action dans ses territoires ultramarins pour atteindre les objectifs mondiaux établis par la Convention sur la diversité biologique. À cet égard, le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 et ses 20 Objectifs d’Aichi offrent un cadre solide de travail au niveau mondial, mais aussi au niveau régional et national.

Le rapport appelle à une action accrue pour protéger le patrimoine naturel de plus de 30 territoires et régions appartenant à l’Union européenne mais situés en dehors du continent européen. Ces territoires qui vont des pôles aux tropiques abritent la plus part de la biodiversité européenne et occupent une importance significative au niveau mondial. En outre, ils sont essentiels aux moyens d’existence des populations locales. Le lien entre les communautés locales, la biodiversité et ses bénéfices, et les impacts du changement climatique doivent être reconnus afin d’aider ces régions à prospérer.

« Il est impératif de réajuster le financement afin que les ressources soient proportionnelles à l’importance de la biodiversité des territoires de l’outre-mer européen » souligne Dominique Benzaken, coordinatrice du programme de l’outre-mer européen à l’UICN et co-auteure de la publication. « De même, il est essentiel au niveau local de faire davantage prendre conscience des obligations mondiales, et d’accroître la participation dans les politiques et les programmes mondiaux, européens, nationaux et régionaux de protection de la biodiversité. »

Le rapport propose des recommandations pour protéger et gérer durablement le patrimoine naturel unique de l’outre-mer européen, et en appelle à une responsabilité partagée et à davantage de collaboration entre toutes les parties impliquées.

« On constate des progrès notables dans certains domaines grâce à des mesures ciblées en faveur de la conservation, comme les aires protégées. Cependant, il est possible que de larges pans essentiels de la biodiversité mondiale soient toujours menacés et que le bien-être des communautés locales soit donc en danger » affirme Hans Friederich, Directeur régional de l’UICN pour l’Europe. « La biodiversité de l’outre-mer européen, internationalement reconnue, ne profite pas seulement aux populations et aux économies locales, mais enrichit également l’Union européenne avec un patrimoine culturel et naturel absolument unique. »

« L’importance de l’outre-mer européen – sa biodiversité et les services que sa nature offre à tout le continent ; les solutions mises en place sur l’utilisation durable de sa biodiversité ; et l’opportunité qu’il offre à l’Europe d’atteindre les objectifs fixés par la Convention sur la diversité biologique – est absolument indéniable » déclare Oliver Hillel, Responsable de programme sur l’utilisation durable, le tourisme et la biodiversité insulaire au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique. « Par ses territoires ultramarins, l’Europe partage les défis et les intérêts de beaucoup d’états insulaires, et devient donc un important gardien de la biodiversité mondiale. Ce rapport sera essentiel pour faire progresser cette idée et proposer des lignes d’actions concrètes pour les décideurs européens. »

A propos de la Convention sur la diversité biologique :
La Convention sur la diversité biologique est le principal instrument mondial dans le domaine de la conservation et de la gestion de la biodiversité. Signée par 192 états et l’Union européenne, c’est un traité mondial offrant un vaste cadre pour la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses ressources et le partage juste et équitable des bénéfices issus de l’utilisation de ses ressources génétiques. Le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 est un cadre d’action portant sur dix ans pour que tous les pays et les acteurs sauvegardent la biodiversité et en accroissent ses bénéfices pour les habitants. Ce Plan comprend une Vision commune, une mission, des objectifs stratégiques ainsi que 20 objectifs ambitieux mais réalisables, communément appelés les Objectifs d’Aichi.

À propos du Programme de l’outre-mer européen de l’UICN
Avec le soutien du gouvernement français, le Programme de l’outre-mer européen de l’UICN renforce les partenariats pour que l’outre-mer européen soit en mesure de lutter contre la perte de la biodiversité et les effets du changement climatique. Le Programme prône la mise en œuvre du Message de l’Ile de La Réunion – une série d’actions concrètes pour protéger la biodiversité, les économies et la pluralité des modes de vie des territoires de l’outre-mer européen.  

Pour plus d’informations ou pour des entretiens, veuillez contacter:
Dominique Benzaken, Coordinatrice du programme de l’outre-mer européen à l’UICN et co-auteure de la publication, portable +41 79 264 8797, dominique.benzaken@iucn.org
Anete Berzina, Spécialiste des communications à l’UICN, tél: +32 2 739 1001, anete.berzina@iucn.org
Maggie Roth, Chargée des relations avec les médias à l’UICN, portable: +41 22 999 0115, maggie.roth@iucn.org

 


This image shows the courtship behavior of Indian Bull frogs (Holobatrachus tigerinus). During the monsoon, the breeding males become bright yellow in color, while females remain dull. The prominent blue vocal sacs of male produce strong nasal mating call.