The World Conservation Union

Le futur de la durabilité : vous avez la parole !

3me semaine - “La nouvelle économie et la biodiversité”

 

Comment construire une nouvelle économie pour le bénéfice des humains et de la planète ?

Je pense que le marché aura un rôle essentiel à jouer dans le futur de la durabilité.

Ainsi qu’il est dit dans le rapport du Professeur William Adams : « le marché est capable d’entraîner des modification énormes dans l’environnement et de présenter des ouvertures pour les personnes à une échelle et une vitesse qui minimisent les moyens de régulation des citoyens, des états ou des organisations mondiales » (Point 6.3).

Transformer le marché en une force pour la durabilité présente des défis considérables. Il nous faut trouver de meilleurs moyens pour obtenir que les marchés prennent en compte la vérité écologique et aident à réduire la pauvreté. Et nous avons besoin de nouvelles stratégies pour influencer le choix des consommateurs afin qu’ils donnent leur préférence à des produits et des services durables.

Marchés et biodiversité peuvent être liés de multiples façons créatives. Prenez les marchés des services écologiques par exemple. Ceux qui sont liés à la protection des bassins hydrographiques, à la séquestration du carbone et aux services de la biodiversité peuvent constituer une forte incitation pour les propriétaires terriens, les fermiers pauvres et les spécialistes de la conservation. La réduction des changements climatiques grâce au paiement de crédits relatifs aux émissions de CO2, en accord avec le protocole de Kyoto, et des politiques similaires, forme l’un des nouveaux marchés les plus prometteurs qui émergent dans le domaine de l’environnement.

Les marchés de la « base de la pyramide » sont un concept développé par C,K, Prahalad de l’Université du Michigan. Il combine développement social et commerce. Les familles à bas revenu, se trouvant à la base de la pyramide, bénéficient de petits prêts pour de nouveaux produits, comme des téléphones mobiles, qui évitent les intermédiaires et offrent de nouvelles occasions pour les aider à améliorer leur niveau de vie.

Je pense que les organisations de la conservation devront travailler de façon beaucoup plus proactive avec les entreprises. Elles devront également travailler avec les responsables politiques pour aider à développer des politiques environnementales qui reposent sur le marché. A l’avenir chaque organisation devrait automatiquement mesurer son empreinte écologique et payer pour cela. Mais actuellement nous n’avons pas à notre disposition les unités de mesure qui permettrent d’évaluer les insuffisances et les succès dans le domaine de l’environnement. En comparaison avec le monde de l’économie, la communauté de l’environnement n’a pas su mesurer ses performances, aussi ne disposons-nous pas des instruments qui permettraient de savoir s’il y a des changements.

Je voudrais voir une nouvelle économie façonnée par les nombreuses et excitantes innovations de la production et de la fabrication durables. Certaines entreprises avancées qui utilisent la nature et les écosystèmes comme modèle dans leurs pratiques, travaillent sur des systèmes, dans les services qu’elles offrent, qui développent un cycle complet. Elles s’efforcent de réduire les déchets, d’éliminer les produits toxiques, d’augmenter la productivité de la ressource et produisent des bénéfices nets positifs pour les humains et la planète

Quel pourrait être le rôle du commerce dans la nouvelle économie ? Le commerce est un facteur essentiel de la croissance économique et de l’investissement, mais comment le rendre moins dommageable pour l’environnement et les plus pauvres de la société ? Comment pourrions-nous convaincre l’OMC que l’environnement et la durabilité sont des composantes essentielles du commerce ?

Finalement une communication efficace pour convaincre les acteurs des secteurs non environnementaux de l’importance de notre environnement est vitale.

Les économies émergeantes, comme en Chine, sont d’une cruciale importance. Nous avons la possibilité de passer directement à un nouveau système de production et de consommation durables. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale et de techniques « plus vertes » pour nous engager sur le chemin du développement durable.

Laissez moi vous donner un exemple de l’impact de la Chine sur le monde. 10% des exportations de la Chine vont chez Wal Mart. L’impact sur la Chine serait énorme si nous convainquions cette société de n’acheter que des produits cultivés ou manufacturés de manière durable. Certaines organisations de la conservation poussent déjà le monde des affaires dans cette direction, mais nous devons aller plus loin, ensemble, auprès des entreprises les plus importantes. L’objectif : une nouvelle économie dont le fondement est un environnement propre qui a un coût mais qui est également un potentiel.

Qu’en pensez-vous ? J’attends avec intérêt vos opinions.

• Comment développer des marchés et un modèle d’entreprise qui conserve la biodiversité et améliore les services écologiques ?