Il est généralement connu maintenant que là où la pluviométrie est sujette à un degré élevé de variabilité spatiale, la mobilité constitue une nécessité écologique. Le pastoralisme mobile est une approche très efficiente pour la gestion des végétations éparses et des sols à fertilité relativement basse des terres arides. Au fond, les éleveurs acceptent la variabilité des intrants de production (pâturage et pluviométrie) et adaptent leurs systèmes social et d’élevage en conséquence. Au bout du compte, la diversité biologique se développe et l’intégrité et la résilience de l’écosystème se maintiennent.

Les éleveurs nomades constituent une grande et importante minorité, et souvent une minorité ethnique, dans de nombreux pays du monde. Il est difficile de donner des chiffres exacts de leurs populations, mais tous types de mobilité confondus, le nombre des éleveurs nomades et transhumants pourrait s’élever à 100 ou 200 millions dans le monde entier. Si l’on ajoute à cet effectif les grands agropasteurs, ce nombre s’accroît nettement et il constitue une nette majorité des habitants des terres arides.

Les éleveurs représentent à peu près 16 % de la population du Sahel , mais dans certains pays tels que la Somalie et la Mauritanie, ils constituent la majorité de la population. Dans certaines régions du sud de l’Europe et même en Asie centrale, suite à la décollectivisation, l’on assiste de plus en plus à la réapparition du pastoralisme transhumant.

Bien que le pastoralisme mobile soit la forme la plus viable de production et d’utilisation du sol dans la plupart des terres arides fragiles du monde, il est de plus en plus menacé par des facteurs juridiques, économiques, sociaux et politiques de découragement ainsi que par des barrières à la mobilité du bétail. De fabuleuses découvertes en matière de viabilité du pastoralisme, et de ses influences bénéfiques sur les écosystèmes arides, ne sont pas effectivement transmises aux décideurs ; et des options alternatives de politiques restent toujours à formuler. Parmi les principales lacunes politiques, on peut citer la réglementation de la transhumance, l’investissement dans la production, la prestation de service mobile (ou toute forme appropriée), la résolution des conflits, la décentralisation et la démocratie adaptées aux populations nomades, les opportunités alternatives ou complémentaires de génération de revenus, et les « stratégies de sortie » pour certains éleveurs.

« Le pastoralisme nomade est de toute évidence un moyen durable et moderne de subsistance, et les populations retournent de plus en plus à des modes de vie que l’on pensait, il y a une génération, avoir disparu.»