Les éleveurs nomades du monde entier sont victimes d’un nombre incroyable de mythes et d’idées fausses. Ces idées fausses ont entraîné l’adoption de politiques et d’interventions de développement inadéquates et souvent hostiles qui sont devenues des obstacles majeurs à la gestion durable des terres, et ont enraciné la pauvreté parmi les éleveurs. Pour atteindre le double objectif de la pérennité de l’environnement et de la réduction de la pauvreté pastorale, il est nécessaire de surmonter le préjugé antipastoral et de mettre fin aux politiques et pratiques préjudiciables.

Ces dernières années, il s’est dégagé un consensus sur le fait que la pauvreté pastorale trouve son origine dans la marginalisation sociale, économique, et politique des pasteurs. Il est largement admis qu’en milieu aride, la mobilité constitue une condition préalable pour une utilisation efficace des ressources naturelles, et que dans ces conditions l’absence d’appui à cette mobilité a conduit à un échec dans les prestations de services aux éleveurs. Cependant, la réalité sous-jacente, et habituellement mal reconnue, est que le pastoralisme constitue également une stratégie de conservation pouvant faire un meilleur usage des terres sèches, à la fois, dans l’espace (en termes d’accès aux grands pâturages) et dans le temps (en faisant le meilleur usage des pâturages saisonniers). Il reste à trouver des réponses aux questions sur le rôle que les pasteurs pourraient jouer dans la conservation, dans un contexte où l’environnement juridique et l’appui politique seraient favorables. WISP contribuera à réduire ce fossé de savoir à travers une série d’études conduites par des partenaires nationaux et le partage des bonnes pratiques dans les secteurs du développement et de l’environnement.

Il est cependant important de faire remarquer que le projet n’encourage ni « le renversement de l’ordre établi » ni le « gel » des éleveurs dans leur état actuel. D’énormes pertes en parcours naturels ont été enregistrées par le passé qui, annihilent purement et simplement une telle stratégie. Quel que soit l’avenir du pastoralisme, il a été façonné par de nombreuses influences remarquables du 20ème siècle, qui battent en brèche le retour à une certaine situation préalable et imaginée. Au nombre de ces influences figurent notamment les pertes de terres initialement consacrées au pâturage qui sont désormais affectées à l’agriculture, la vente aux enchères publiques des terres pastorales pour la conservation, et la marginalisation politique, économique et sociale. Il est cependant possible de veiller à ce que des politiques, des mécanismes juridiques et des systèmes d’appui soient mis en place pour permettre aux éleveurs d’améliorer le niveau de pérennité économique, sociale et écologique de leurs moyens de subsistance. Le rôle de l’IMPD est de favoriser ce processus de collecte et de gestion du savoir, d’élaborer des outils de plaidoyer, de renforcer la capacité à influencer les processus de plaidoyer d’appui et de soutenir les processus de plaidoyer et de collaboration en réseau pour améliorer l’apprentissage et élever le niveau du débat politique.