Démonstration de l’importance des services des écosystèmes pour le développement

L’objectif stratégique de cette composante est de montrer l’importance de la valeur des services des écosystèmes, de les conserver grâce à une gestion rationnelle et de prendre en compte le changement climatique dans toutes les démarches visant l’amélioration des moyens d’existence des populations rurales et la recherche d’opportunités pour atténuer la pauvreté. Cette composante a visé deux résultats importants, d’une part convaincre des décideurs de prendre en compte la valeur des services de l’écosystème dans les processus de lutte contre la pauvreté et faire en sorte que les fonctions et les services des écosystèmes soient intégrés dans les stratégies nationales de développement durable.

Les activités ont consisté à acquérir des connaissances sur la valeur écologique et économique des écosystèmes et à les partager aux décideurs et aux planificateurs, puis à renforcer les capacités techniques et scientifiques des agents officiellement chargés de la conservation et de l’aménagement des zones humides. Un projet pilote dans le haut bassin du Tinkisso, un affluent du Niger en Guinée, a également permis de valoriser sur place une approche similaire en vue de l’amélioration du micro barrage de Dabola.

Pour atteindre les résultats identifiés, cette composante s’est appuyée sur deux processus de mise en œuvre distincts mais complémentaires. Le premier est un engagement fort et continu auprès des décideurs régionaux et nationaux afin d’influencer leurs décisions. Le deuxième est le renforcement des capacités des acteurs pour leur permettre de savoir comment intégrer la dimension changement climatique dans les politiques de développement. Cette approche a contribué à rapprocher les différentes institutions impliquées dans la gestion des ressources forestières, à mettre à disposition des institutions chargées de la planification du développement - en particulier les collectivités locales - des outils méthodologiques pour intégrer la dimension changement climatique dans la planification locale et enfin de renouveler les connaissances disponibles sur la valeur économique réelle des écosystèmes.

Résultats valorisant les services des écosystèmes

  1. L’amélioration sensible de la collaboration des institutions sous-régionales et leurs partenaires dans la formulation et l’exécution du Dialogue sur les forêts de la CEDEAO, à travers l’institution de nouveaux mécanismes institutionnels.
  2. La construction d’une vision partagée de la gestion intégrée des ressources en eau et des écosystèmes connexes dans le haut bassin du Tinkisso ; consolidée par la mise en place d’une plateforme de concertation sur la gouvernance des ressources en eau et des écosystèmes associés propre à l’approche bassin-versant, et la définition des modalités de son fonctionnement.
  3. La restauration du barrage de Tinkisso grâce à la mise en œuvre des recommandations des différentes études sur le bassin et l’intégration effective des communautés de base dans le processus de consultation.
  4. La reconnaissance par les différentes structures partenaires, du rôle de facilitateur de l’UICN pour soutenir la préparation du Plan de Convergence dans les pays où il existe des programmes UICN ou des projets forestiers comme au Burkina Faso, Mali, Sénégal, Guinée Bissau,
  5. L’intégration effective des outils méthodologiques (TOP-SECAC, Climate Proofing) diffusés par le programme, dans le processus de planification locale dans les collectivités territoriales pilotes.
  6. L’utilisation effective des résultats de l’étude sur la valeur économique des zones humides au Burkina Faso, comme études de cas dans le cadre de la stratégie sous régionale de mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique en Afrique de l’Ouest.
  7. La construction d’une masse critique de personnes ressources capables d’appuyer la diffusion des outils méthodologiques d’intégration du changement climatique dans la planification locale.
  8. La redynamisation des comités nationaux RAMSAR en Guinée Bissau, Sénégal, Mali et Burkina Faso à travers la formation de leurs membres sur les fonctions des zones humides, et l’élaboration de plans d’action des comités nationaux pour qu’ils soient des relais auprès des pouvoirs pour la prise en compte des aspects économiques dans les aménagements et la gestion des zones humides.

Témoignage de Mr NANA Mahama
  • Mahama Nana