Promotion d'une vision partagée de la gestion des ressources en eau

Pour rappel, la mise en œuvre de la composante 1 devait doter des acteurs du pouvoir et de la capacité à participer et à influencer les processus de décision et contribuer à créer un cadre institutionnel et législatif adapté qui contribue à une gestion plus durable des ressources en eau. Pour l’atteinte de tels résultats, la gamme des activités menées ont essentiellement porté sur la sensibilisation de l’ensemble des parties au dialogue, le partage de l’information et des connaissances, l’amélioration des processus de décision relatives à l’utilisation équitable et durable des ressources en eau.

D’une manière générale, ces différentes activités ont contribué à l’atteinte des résultats attendus. En effet, les cadres de dialogue multiacteurs et multi-échelles qui ont été instaurés ont offert aux acteurs, des espaces diversifiés de participation et d’expression. Ces espaces ont permis à toute la gamme des acteurs de construire une vision partagée sur la gouvernance de l’eau, qui constitue le socle des propositions de réformes du cadre législatif et juridique. Ils ont également permis la reconnaissance et le renforcement des certains acteurs, notamment la société civile dans le processus dialogue. Enfin, ils ont permis l’adoption de principes et d’approches pour une gestion intégrée des ressources en eau.

Dans le domaine institutionnel, la formulation de nouvelles propositions pour moderniser les cadres juridiques qui ont permis d’améliorer la gestion et la gouvernance des ressources en eau lors de l’initiation de grands ouvrages hydrauliques en Afrique de l’Ouest est un résultat de grande portée. Bien que le processus d’intégration de ces nouvelles règles dans le dispositif juridique puisse prendre du temps après la promulgation de nouvelles directives, leur adoption constitue une avancée majeure dans l’harmonisation et la mise en cohérence des politiques au plan régional. Par ailleurs, leur mise en œuvre ouvre de nouveaux champs d’action pour les partenaires.

Résultats en matière de la gouvernance

  1. L’amélioration sensible de l’environnement juridique et institutionnel ; à travers plusieurs mécanismes, tels que la formulation d’un Code de Conduite sur la gestion des ressources en eau entre le Ghana et le Burkina ; la formalisation d’un cadre de gouvernance décentralisé des ressources en eau du sous-bassin du Nakanbé (Volta Blanche) à travers la création du Comité Transfrontalier de Gestion des ressources en eau du sous-bassin du Nakanbé (CTGEN) ; enfin l‘institutionde mécanismes de co-pilotage du projet par les structures techniques nationales en charge de l’Eau.
  2. L’adoption de l’approche GIRE comme outil de gouvernance transfrontalière des ressources en eau partagées entre le Ghana, le Burkina et le Togo, matérialisée par l’existence d’une plateforme multi-acteurs, des organes de gestion des ressources en eau au niveau local et des capacités en GIRE.
  3. Le renforcement et la production de nouvelles directives adoptées par les organismes de bassin et par la CEDEAO, dont l’ABN s’est inspirée pour la rédaction de l’Annexe n°1 sur l’environnement de la charte de l’eau de l’ABN, et les lignes directrices pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest, contribuant ainsi à la prise de conscience accrue de l’importance de la gestion environnementale et permettant une meilleure coordination des interventions ;
  4. La responsabilisation accrue des communautés dans la gestion des ressources en eau et autres ressources naturelles dans le haut bassin de Tinkisso ; à travers la création d’institutions locales de gouvernance comme les comités villageois de concertation et l’appui à la réalisation d’actions concrètes dans le bassin.
  5. La reconnaissance par les États et les organismes de bassin du rôle crucial que la société civile peut jouer dans le dialogue sur les barrages et la gouvernance de l’eau : plus de la moitié des recommandations adoptées par la CEDEAO impliquent directement les usagers et la société civile dans leur mise en œuvre ; et la nécessité de renforcer leurs capacités en techniques de plaidoyer pour une bonne appropriation et diffusion des enjeux liés aux barrages.
  6. L’institutionnalisation de rencontres régulières au plus haut niveau sur les problèmes transfrontaliers majeurs (alertes de crues, transhumance, conflit agriculteurs/éleveurs, insécurité transfrontalière…) rendue possible par l’existence d’organes de gestion des ressources en eau fonctionnels (exemple le CTC-GIRE, CTGEN, Comité Pays, Comité de Protection des berges) et le renforcement de leurs capacités dans la collecte et la diffusion de l’information (observatoire du bassin de la Volta)

Témoignage de Mr Telly BARRY
  • Telly Barry