Les acteurs nigériens adoptent le document de plan national de convergence forestier

15 May 2012 | Article

Le ministère de l’environnement et de l’eau du Niger a organisé du 19 au 20 avril 2012 un forum de validation de la contribution du Niger au plan régional de convergence de la CEDEAO sur les forêts en Afrique de l’ouest. Environ 50 représentants d’organismes gouvernementaux en charges de l’élaboration et la mise en œuvre des politiques impliquant les forêts, de la société civile, de parlementaires, de centres d’excellence que sont les représentants universitaires ainsi que d’autres acteurs non étatiques, ont participé à un processus de planification devant aboutir à un nouveau accord régional en matière de forêt en Afrique de l’ouest.

Dans son discours d’ouverture, le Conseiller technique, Monsieur Ibrahim KANTA, représentant le Ministre de l’environnement et de l’eau, a rappelé les problèmes de l’insécurité alimentaire et la pauvreté endurés par le Niger comme étant le résultat de la forte dépendance aux ressources forestières et naturelles du pays en constante dégradation, une situation exacerbée par les récurrentes inondations et le changement climatique. Monsieur KANTA a soutenu que le Niger n’était pas seul à vivre la situation et avait besoin de la collaboration technique, politique, institutionnelle et juridique d’autres pays nécessaire à l’établissement d’une bonne gouvernance pour une gestion efficiente et durable des ressources naturelles et forestières.

Le forum sur le plan de convergence du Niger a aussi inscrit dans ses pages les propos du représentant de l’UICN, Moussa ASSOUMANE, pour qui, le dialogue de la CEDEAO sur les forêts devrait engendrer un nouvel élan régional qui puisse consacrer la juste place des forêts dans les politiques de développement économique des pays de la sous-région en général et du Niger en particulier. L’on se souviendra aussi des mots du représentant de la FAO Niger, Aboubaker DOUALE, qui a réitéré l’engagement de l’institution à accompagner le processus de dialogue régional de la CEDEAO sur les forêts au travers son mécanisme d’acquisition de fonds pour le financement des activités qui seront définies dans le plan. Quant au représentant de la Commission de la CEDEAO, Moussa LEKO, il a rappelé aux participants qu’il est de la responsabilité des Etats Membres de développer et mettre en œuvre de manière concertée la conservation effective des forêts, le contrôle de la désertification, la gestion durable des terres et l’adaptation au changement climatique.

Le forum a formulé des recommandations spécifiques à la CEDEAO et au gouvernement du Niger dans l’objectif de s’assurer que la validation du plan régional de conservation va rencontrer la participation et l’implication de divers groupes d’acteurs forestiers, prenant en compte la société civile, les parlementaires, les centres d’excellence et d’autres acteurs non-étatiques ; et que le gouvernement devrait continuer à montrer la même volonté politique et le soutien nécessaire dans la mise en œuvre du plan issu du dialogue.

Forêt au Niger
Dans son rapport 2011, la FAO a estimé à 1 204 000 hectares au total les terres de forêt du Niger pour 2010. Avec une population de 14,2 millions d’habitants, cela représente approximativement 0,085 hectares de terre de forêt par habitant. En outre, le Niger est l’un des pays les plus pauvres de la planète avec un indice de développement humain (IDH) en dessous de 0,3. L’économie est difficilement supportée par le secteur rural (agriculture, élevage, forêts, faune et pêche) qui compte pour 41 % du PIB et fournie 44 % des recettes d’exportation. Le plus haut potentiel valu des produits forestiers s’explique par la grande variété des espèces dont 210 espèces de plantes contribuent à l’alimentation humaine, 235 espèces consommées par le bétail, 270 espèces d’utilité médicale, 127 espèces employées par l’artisanat et la construction générale, de même plus de 75 espèces fauniques (mammifères, reptiles, oiseaux…) sont utilisées pour diverses raisons y compris la nutrition, le traitement de maladies, l’occulte, l’artisanat, etc. L’apport exact de l’uranium du pays à la subsistance des populations nigériennes est à évalué.