Politiques environnementales régionales en Afrique de l’ouest: agir ensemble pour une mise en œuvre efficace

20 July 2012 | News story

Des politiques environnementales régionales qui peinent dans leur mise en œuvre en raison de la faible implication et participation d’acteurs clés et l’absence de mécanismes financiers adaptés et durables. Résoudre cette problématique nécessite, selon les acteurs, une action collective et cohérente. Tels sont les résultats des réflexions issues de l’atelier sur les « Politiques environnementales régionales en Afrique de l’Ouest : comment agir ensemble pour une mise en œuvre efficace ? » organisé par l’UICN-PACO les 5 et 6 juillet 2012 à Ouagadougou, Burkina Faso.

Le paradoxe est bien réel. Les économies des pays de l’Afrique de l’ouest sont tributaires des ressources naturelles qui constituent la base de la vie quotidienne des populations, mais bon nombre de politiques environnementales à l’échelle régionale font face à des difficultés de mise en œuvre. C’est pourquoi l’UICN a initié un atelier en vue d’instaurer un échange à l’échelle régional entre les différents acteurs sur les politiques régionales existant en Afrique de l’Ouest, les contraintes de leur mis en œuvre et les actions concrètes nécessaires pour leur impulser une nouvelle dynamique.

Les cinquante représentants de parlementaires, d’organisations de la société civile, d’organisations intergouvernementales, de centres de recherche et universités, des services étatiques et des partenaires techniques et financiers venus de six pays d’Afrique de l’Ouest sont unanimes : les politiques environnementales régionales mobilisent très peu d’acteurs, de ressources financières et sont pour la plupart méconnues. Or, « la tenue toute proche de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable à Rio nous rappelle l’importance des questions environnementales, et l’urgence de dresser des priorités, des objectifs ambitieux », comme l’a souligné, dans son discours d’ouverture de l’atelier, Mamadou Honadia, représentant le Ministre de l’environnement et du développement durable du Burkina Faso. Monsieur Honadia a par la suite rappelé la situation de dégradation continue de l’environnement et des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest tout en défendant que les politiques environnementales, en dépit des insuffisances et lenteurs de leur élaboration et mise en œuvre, « gardent leur pertinence et leur opérationnalisation est plus que jamais urgente ».

C’est sur cette note d’optimisme que les participants ont, par des communications et des travaux en commission et plénière, abouti à des propositions de plusieurs pistes de solutions pour dynamiser la mise en œuvre de ces politiques, entre autres :

  1. l’implication de tous les acteurs, notamment les OSC et parlementaires, dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques par des ateliers nationaux, des partages d’expériences, le développement d’une synergie entre les acteurs, la promotion des bonnes pratiques de gouvernance environnementale, le renforcement des capacités des acteurs ;
  2. la promotion du droit à l’environnement comme outil essentiel de mise en œuvre des politiques à travers des projets de lois et des questions orales de la part des parlementaires, le renforcement du rôle de veille de la société civile sur le respect des droits environnementaux dans l’exploitation des ressources naturelles, l’adaptation et l’application des dispositifs règlementaires en matière d’environnement ;
  3. la mise en place en place de financements adaptés et durables par la mobilisation des ressources internes d’abord, le développement de mécanismes financiers régionaux (fonds régional, facilités) et internationaux (ressources financières des conventions internationales), la bonne gouvernance des fonds, la réalisation d’étude d’intérêt économique des politiques environnementales ;
  4. l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de communication pour la diffusion des politiques, leurs éventuelles relectures, l’implication et la participation de tous les acteurs.

Pour s’assurer de la mise en œuvre des propositions et recommandations d’actions issues de l’atelier, les participants ont clos leurs travaux par la création d’une commission de suivi comprenant les représentants d’organisations de la société civile, de parlementaires, d’instances régionales d’intégration et de coopération technique, de gouvernements.