Contexte et justifications

Les barrages, infrastructures de développement...

Au cours des cinquante dernières années, plus de 150 grands barrages ont été construits en Afrique de l’Ouest. Bien d’autres sont en phase de planification pour faire face aux besoins de la région en termes d’énergie, d’eau potable et d’agriculture, et leur construction nécessitera le déplacement de plusieurs milliers de résidents locaux.

Les barrages représentent des investissements importants si on considère les ressources limitées dont disposent les pays en développement. Ils répondent bien souvent à des enjeux de développement nationaux, comme par exemple, fournir l’énergie électrique nécessaire au développement économique du pays, réduire la dépendance vis à vis des sources d’énergie importées, améliorer la sécurité alimentaire du pays etc.

Certains – mais c’est plus rare – visent aussi le développement de la zone où ils sont construits. Ils essaient alors de moderniser les systèmes de production locaux, de désenclaver la région et de développer de nouvelles activités, comme la pêche ou le tourisme. Toutefois, cet objectif de développement local ou régional est toujours subordonné à un objectif principal de développement national, qui justifie l’intervention de l’Etat.

Quand on analyse les résultats obtenus par rapports aux objectifs initiaux, les ouvrages hydro-électriques présentent généralement un bilan satisfaisant : ils fournissent l’électricité attendue, quelquefois même davantage que ce qui était prévu si les conditions climatiques sont bonnes. Les résultats des barrages à vocation agricole sont souvent plus mitigés, l’agriculture irriguée mettant en jeu un ensemble complexe de facteurs techniques, économiques, organisationnels et culturels qui sont moins faciles à maîtriser pour les Etats que la production et la distribution d’électricité.

... avec des rétombées importantes ...

Malgré cela, force est de constater que les barrages, quels que soient leurs objectifs de départ, ont transformé les régions où ils ont été installés. Ils ont changé les paysages et les écosystèmes, mais aussi et surtout les caractéristiques socio-économiques locales. En multipliant les activités et les opportunités économiques, ils ont fréquemment attiré un flot de migrants très important, lequel a profondément transformé les relations sociales qui caractérisaient les sociétés locales.

Paradoxalement, les populations locales sont souvent peu satisfaites des effets des barrages sur leurs conditions de vie. Même s’il est possible d’y voir les résistances d’une société traditionnelle face aux changements rapides induits par la présence des barrages, cela ne suffit pas à expliquer l’ensemble des mécontentements et des frustrations exprimés par les populations lorsqu’on leur donne la parole.

... qui doivent bénéficier à tout le monde.

Pourtant, faire en sorte que les populations locales bénéficient des retombées des barrages n’est pas incompatible avec les grands objectifs de développement national, bien au contraire. Cela n’exige pas non plus des moyens financiers importants. Ce qu’il faut, c’est avant tout la volonté politique de faire participer les populations affectées par le barrage aux bénéfices qu’ils génèrent, et donc à l’ensemble des décisions qui sont prises concernant la construction, les déplacements, les compensations, les investissements, les programmes d’appui, etc.

Le projet GWI-Barrages s’inscrit dans cette démarche pour faire évoluer les mentalités et participer à une nouvelle vision des programmes de grandes infrastructures hydrauliques qui considéreraient les populations locales comme des partenaires et des bénéficiaires à long terme.

  • Akosombo - Ghana