Guinée : des outils économiques pour assurer la gestion durable des écosystèmes

22 November 2013 | News story

Le forum national « Valeurs économiques des bien et services des écosystèmes des Écosystèmes Naturels et les Outils Économiques de Gestion Durable des Écosystèmes dans le Haut Niger», organisé par l’UICN-PACO dans le cadre de l’initiative PREMI, a réuni à Conakry, le 13 et 14 novembre 2013, 60 acteurs nationaux afin de définir les conditions, les instruments économiques et les mécanismes de transaction appropriés pour la mise en place des paiements pour services environnementaux durables dans le bassin.

A travers son projet « Restauration des Ecosystèmes et Paiement des Services Environnementaux (REPASE)» à Dabola, l’Union Internationale pour la Protection de la Nature (UICN-PACO) a initié l’expérimentation d’une nouvelle approche dans la gestion du sous-bassin de Tinkisso, afin de contribuer aux efforts de conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.

L’objectif du projet REPASE est de promouvoir la gestion intégrée des écosystèmes dans le sous bassin du Tinkisso pour réduire les effets du changement climatique et accroître ainsi les bénéfices des communautés vivant en aval et en amont du barrage. Dans ce processus, il préconise l’application d’approches et d’outils économiques dans la gestion intégrée des écosystèmes en général et des zones humides en particulier.

C’est dans ce cadre qui a lieu le forum qui a vu la participation d’une soixantaine des participants, venus des services déconcentrés préfectoraux, de l’Inspection régionale de l’Environnement, de la direction nationale des Eaux et Forets, du service restauration et d’aménagement intègre du massif du Fouta Djallon et des représentants des communautés préfectorales.

Le Forum a permis de (i) capitaliser et valoriser l’ensemble des résultats de l’étude sur l’évaluation économique des biens et services des écosystèmes dans le haut Tinkisso, (ii) convenir des conditions, des instruments économiques et des mécanismes de transaction appropriés dans la perspective de la mise en œuvre des paiements pour services environnementaux; (iii) identifier les acteurs impliqués dans le processus pour une meilleure gouvernance des ressources en eau et autres ressources associées dans les sous-bassins du Haut Niger.

Dans son intervention d’ouverture, Jean-Marc Garreau, coordinateur régional des programmes à l’UICN-PACO, a précisé que la Guinée possède des minerais riches et variés mais elle pourrait se développer juste sur la base de ses ressources en eau et de sa biodiversité, car elle possède au moins ¼ de capacité d’énergie hydraulique de l’Afrique de l’Ouest. Il a poursuivit en disant que pour valoriser la biodiversité en vue de répondre aux défis actuels, l’UICN s’applique à expérimenter des mécanismes économiques basés sur des valeurs des écosystèmes. Pour valoriser ces biens et services il est opportun de coordonner une gamme d’acteurs organisés avec lesquels confèrent les filières économiques et des mécanismes financiers clairement identifiés et fiables. Cela nécessite également des politiques ambitieuses sur l’initiative reconnaissant le rôle et les responsabilités de chaque type d’acteur à travers des mécanismes économiques et financiers.

Le secrétaire général du ministère de l’Environnement, des Eaux et Forets, Apollinaire Togba Kolié, en présidant l’ouverture du forum a déclaré qu’en matière de lutte contre la pauvreté, la Guinée a besoin fondamentalement de préserver les écosystèmes naturels à partir desquels elle tire tous les biens. Pour lui, pour atteindre cet objectif, il faut chercher et mettre en place des outils et des mécanismes innovants qui assurent et supportent le financement de la conservation des écosystèmes à travers la valorisation des services fournis par les mêmes écosystèmes. Il a souligné aussi que la valorisation des écosystèmes permettra notamment d’attribuer une valeur économique à la dégradation environnementale, ainsi qu’à celle de la restauration et de la conservation du milieu naturel. Pour terminer, il a affirmé que ces informations pourront servir à dénoncer des politiques déficientes, ainsi qu’à corriger des prix et des marchés incomplets. Ce qui permettra l’élaboration des politiques publiques qui seront plus sensibles aux diverses valeurs environnementales tangibles et moins tangibles dont la plupart n’ont pas de valeur marchande.

Pour plus d’informations vous pouvez contacter : Maxime Somda, coordonnateur du programme PREMI.


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale