Bassin transfrontalier du Sourou: la gestion intégrée se concrétise

05 November 2013 | News story
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Dans une région où les ressources en eau se raréfient, leur gestion concertée devient un impératif pour les Etats. Cette question était au centre de la première session de l’assemblée générale du Comité Transfrontalier de Gestion intégrée des ressources en eau du Bassin du Sourou entre le Mali et le Burkina Faso. Les travaux ont permis de jeter les bases d'une coopération active dans le bassin.

Le Sourou, affluent du Fleuve Mouhoun, baigne une plaine inondable de 30 000 km², située de part et d'autre de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Le bassin du Sourou est une région riche en biodiversité où l’on trouve plusieurs espèces d’oiseaux et de poissons dont certaines sont menacées. Il a été classé site Ramsar (zone humide d'intéret international)pour en protéger les ressources fortement soumises à la pression humaine. Le partage de ces ressources ne s'est en effet pas toujours fait sans conflit entre les populations des deux pays. Les menaces ont pour noms inondations, pressions sur les ressources halieutiques, conflits entre les différents usagers (éleveurs, agriculteurs, énergie, etc.)

C'est pour trouver des solutions durables à la problématique de la gestion des ressources du Bassin du Sourou qu'un forum transfrontalier s'est réuni en septembre 2011 à Dédougou au Burkina Faso. Cette toute première rencontre était organisée par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) avec la Direction Nationale de l'Hydraulique du Mali et la Direction Générale des Ressources en Eau du Burkina Faso et a réuni les autorités et parties prenantes maliens et burkinabés. Elle a permis de poser les bases de deux cadres de concertation transfrontaliers : le Comité Transfrontalier pour la Gestion des Eaux du Bassin du Sourou et le Comité technique GIRE entre la République du Mali et le Burkina Faso.

La rencontre de Mopti, du 30 Septembre au 3 octobre 2013 comprenait deux volets :

Le premier est l'Assemblée générale du CTGS qui a eu lieu du 30 septembre au 1er octobre. Avec la participation d'une trentaine de délégués venus des deux pays, elle a permis d'adopter un reglement intérieur et mettre en place un bureau bipartite dirigé par le malien Moumouni Dammango. Les travaux ont été ouverts conjointement par le Gouverneur de la Boucle du Mouhoun(Burkina Faso) et le Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Mopti. Les deux officiels ont salué la tenue de la réunion qui pour eux est la concrétisation du désir des autorités et des populations des deux pays de vivre ensemble et gérer ensemble leurs ressources communes. Sahibou Tangara, représentant le Gouverneur de la région de Mopti a tenu à saluer les acteurs dont le travail a permis d'arriver à la présente rencontre. "Ce jour restera à jamais gravé dans les annales de la coopération transfrontalière entre nos deux régions" a-t-il déclaré. Pour M. Dabiré, gouverneur de la Boucle du Mouhoun, cette session du CTGS aura permis de mettre en place d'actions "concrètes et vigoureuses" au profit des populations et de leur environnement.

Au terme de l’atelier, l’ensemble des participants ont émis des recommandations demandant aux parties de passer à la phase opérationnelle de l'accord de gestion intégrée des ressources du Sourou. Et ce à travers le financement du plan d'actions validé et une implication des populations à la base.

La seconde partie du rendez-vous de Mopti réunit, du 02 au 03 octobre, les membres du Comité Technique Conjoint pour la gestion intégrée des ressources en eau du Bassin du Sourou (CTC-GIRE). Au cours de leur réunion, il est question d'identifier les actions prioritaires à mettre en œuvre, d'adopter la stratégie de financement élaboré par le CTGS, proposer les grandes lignes des notes conceptuelles de projets sur la base des résultats de la première session du CTGS. L'UICN, principal organisateur de ces rencontres et représenté par Moumouni Sawadogo de UICN-Burkina Faso, s'est dit satisfait de la tenue de ces travaux et des résultats obtenus.

Il faut noter que ces rencontres ont eu lieu dans le cadre de la mise en œuvre de la Global Water Initiative (GWI) financée par la fondation Howard G. Buffett avec l'appui de l'IIED (qui forme avec l'UICN un consortium) qui met en œuvre GWI en Afrique de l’Ouest, représenté au Mali et au Burkina Faso par l’UICN.

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter : Bamadou Cessouma, Point focal GWI au Mali


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