Les acteurs forestiers du Libéria adoptent le document du plan national de convergence

14 May 2012 | Article
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Les acteurs libériens ont organisé les 17 et 18 avril 2012 à Monrovia un forum en vue de définir le plan national du pays dans le cadre du processus régional de convergence de la CEDEAO sur les forêts. Le forum a réuni environ 50 représentants issus d’agences gouvernementales en charge des politiques en relation avec les forêts, de la société civile, de centres d’excellence comme l’université du Libéria dans un processus de planification devant conduire à une nouvelle approche régionale des forêts en Afrique de l’ouest.

Ouvrant les travaux, l’Honorable Moses WOGBEH Snr, Directeur exécutif de l’Autorité de développement de la foresterie du Liberia, a déclaré que le pays s’est engagé dans une concertation multilatérale avec la Sierra Leone, la Guinée et la Côte d’Ivoire en vue d’élaborer un protocole de compréhension pour la gestion conjointe de l’écosystème forestier qu’ils se partagent. Il a rappelé que le Libéra est suffisamment avancée dans une approche de gestion des forêts dite 3C :

  • Commerciale, à travers un mécanisme transparent d’appel d’offres public dans l’attribution des concessions des forêts ;
  • Communauté, en misant sur l’autonomisation et la participation publique à tous les niveaux du processus de gouvernance des forêts ;
  • Conservation, grâce à l’identification d’un réseau de zones à conserver en application de la loi sur la reforme forestière de 2006 qui prévoit de constituer 30 % de couvert forestier de la superficie du pays.

S’exprimant au nom du Commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau, Monsieur Samuel MEDU a exposé les différentes étapes franchies par le processus de convergence de la CEDEAO ; depuis les études en 2005, l’atelier de 2006 à la réunion ministérielle de Cotonou au Bénin en 2010 qui a adopté le dialogue sur les forêts en Afrique de l’ouest actuellement dans sa phase de planification de son processus de convergence. Monsieur MEDU a rappelé aux participants que les forêts en Afrique de l’ouest se dégradent à un rythme alarmant en raison d’une exploitation sans précédant entrainant des conséquences négatives sur le couvert forestier et les précieuses biodiversités, d’où la nécessité d’une gestion concertée.

Le Représentant pays de la FAO pour le Libéria, Jean-Alexandre SCAGLIA, a, quant à lui, réaffirmé l’engagement de son institution pour le processus de dialogue sur les forêts prouvant ainsi que la FAO demeurera un partenaire véritable dans la gestion des forêts à travers, entre autres, son apport financier et la fourniture de donnés pertinentes nécessaires à la planification et la gestion forestière au Libéria, en Afrique de l’ouest et bien au-delà.

Le représentant de l’UICN, Dr. Martin NGANJE, tout en remerciant le FDA, la CEDEAO et la FAO pour leur engagement dans le processus de dialogue sur les forêts en Afrique de l’ouest, a indiqué que la mauvaise coordination des politiques en matière de forêts et les pratiques destructrices entretenaient un usage non planifié des forêts pour la construction ou simplement le besoin de disposer de terres, le surpâturage par fourrage arboré pour le bétail, l’expansion à grande échelle et l’intensification incontrôlée des cultures de rente, au détriment du patrimoine forestier régional et des moyens de subsistances dépendant des ressources forestières et fauniques. Pour Dr NGANJE, la persistante question de la prise en compte des moyens de subsistances dans la sécurisation des forêts et la conservation des faunes demeurait toujours évasive et il était nécessaire d’élargir la participation dans la gestion des forêts. La solution nécessite à la fois la capacité de réflexion et de recherche des centres d’excellence tels que l’université du Libéria, la prouesse des entreprises du privé, la mobilisation des acteurs de la société civile pour l’environnement, la sensibilité de conservation des membres de la chambre des représentants, le renforcement de la capacité d’application de la loi de l’Autorité de développement forestier, l’insistance dans la prise en compte des aspects forêts et faunes dans les politiques des départements ministériels en charge de l’agriculture, énergie, mines, élevage, santé, hydraulique, économie et finance et la participation active des groupes dépendants des forêts, y compris les femmes, a-t-il conclu.

Forêt au Liberia

Il faut relever que le Libéria a une superficie totale de 9,58 millions d’hectares dont 4,52 millions d’hectares de forêt. Le taux de déforestation est de 0,3 % l’an, tandis que le rétablissement de nouvelles plantations de forêt à ce jour est seulement d’environ 11 000 hectares. Nonobstant, le Libéria compte 42 % de la forêt humide guinéenne de l’Afrique de l’ouest et une part significative de la biodiversité comptant plus de 2 900 différentes plantes vasculaires (dont 225 espèces d’arbre), 600 espèces d’oiseaux, 150 espèces mammifères et 75 espèces de reptiles.


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